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Le LERM : Dossiers techniques

Nettoyage de façades : diagnostic ... vous avez dit diagnostic ?

Le Lerm est un laboratoire spécialiste de l'étude des matériaux de construction (pierres, bétons et constituants du béton) et de leurs pathologies. Nous intervenons pour les problématiques de façades (nettoyage, restauration), dans le diagnostic des matériaux de l'ouvrage (sur site et en laboratoire) avant travaux, jusqu'à la préconisation de solutions de réparation et l'assistance technique sur chantier.

De l'intérêt du diagnostic

Entreprendre des travaux de rénovation ou de restauration du bâti ancien, protégé ou non au titre des Patrimoine Bâti nécessite au préalable une connaissance pointue de l'édifice, tant du point de vue de son histoire, de son architecture, de sa structure ou de ses matériaux. En effet, toute intervention entreprise entraîne des modifications qui contribuent à modifier l'aspect général de l'édifice de manière définitive.

C'est pour toutes ces raisons qu'un diagnostic préalable doit être envisagé avant travaux, associant des corps de métiers compétents, choisis par le maître d'œuvre, en fonction des problèmes rencontrés, qui définiront au final des solutions de traitement adaptées, assurant ainsi la conservation et la pérennité de l'édifice.

Cette approche conservatoire est répandue sur les Patrimoine Bâti, à la charge d'architectes formés au sein de l'école de Chaillot, car elle permet en priorité d'éviter des choix inadaptés, susceptibles d'entraîner des désordres, des réparations et au final un surcoût. Elle est plus rare pour des édifices non protégés, sauf en cas de désordres avancés, qui peuvent déboucher sur une expertise, en assurance ou judiciaire et à un examen approfondi de ses causes.

Le coût d'une étude préalable " pluridisciplinaire " ne se mesure donc pas en termes financiers immédiats, mais sur le long terme.


Les acteurs du diagnostic

Quels sont-ils ?
l'architecte en tant que maître d'œuvre du projet, qui va associer ses compétences,
àcelles de bureaux d'études ou de laboratoires, en matière de structure, de matériaux et de traitements.
des entreprises de restauration peuvent être associées au projet, afin de mettre en œuvre sous forme de tests, les méthodes ou traitements envisagés et mesurer ainsi leur faisabilité, leur innocuité et le coût estimé en terme de travaux.

Le rôle du laboratoire

L'architecte fait appel au laboratoire pour répondre à des questions précises,
quant à la nature des matériaux mis en œuvre, l'origine de leur extraction, quant il s'agit de pierre,
leur état, incluant une cartographie exhaustive des surfaces considérées,
la recherche des causes des désordres, structurels, par des méthodes d'auscultations non destructives,…
la recherche des causes des désordres matériaux, liée à des circulations d'eaux, à des traitements anciens, préjudiciables à leur pérennité… ,
la préconisation de solutions conservatoires, ou de réparation des parements et de la maçonnerie.

Le LERM (Laboratoire d'Etudes et de Recherches sur les Matériaux), fort d'une longue expérience dans le domaine, entreprend des diagnostics pour le compte d'Architectes en Chef des Patrimoine Bâti, des Architectes du Patrimoine, des collectivités locales,…, ayant à charge la restauration d'édifices anciens.

C'est le cas notamment sur l'Opéra de Toulon, où l'équipe de Jérôme Durand et de Jean Paul Bernard (architectes) est chargée de la restauration intérieure et extérieure du bâtiment. La démarche proposée a consisté dans un premier temps à examiner l'ensemble des façades, de manière à décrire la diversité des pierres calcaires et des roches marbrières mises en œuvre, le choix de roches colorées animant certaines façades. Dans les zones caractéristiques des désordres affectant les façades, des prélèvements d'écailles de pierres et de poudres ont été réalisés pour analyses en laboratoire destinées à rechercher la nature de ces désordres, mais aussi et surtout leur origine.

Il est apparu ainsi que des colonnes avaient été repeintes, modifiant et atténuant ainsi la polychromie de la façade sud. Par ailleurs, des traces visibles d'un ravalement ancien ont été découvertes (utilisation d'une disqueuse et zone tests d'un sablage agressif) ont entamé de façon radicale l'épiderme du parement et de la modénature. Témoins évidents de traitements totalement inadaptés, des solutions plus douces ont été envisagées à l'issue des analyses. C'est ainsi que la méthode par abrasion semi humide a été envisagée pour les façades les plus sales, recouvertes de salissures atmosphériques, dites " croûtes noires ". Pour celles présentant peu ou pas de salissures, l'utilisation de produits pelables a été proposée, sous réserve que des tests soient réalisés et que le choix final soit effectué en conditions réelles de chantier.
Le procédé pelable consiste à appliquer un produit géliforme, qui au bout de 24 à 48 h maximum polymérise, formant un film continu. Celui-ci est enlevé par voie mécanique (à la force du bras), retirant des salissures peu indurées déposées sur parement et modénature.

Des tests ont donc été réalisés ces dernières semaines selon ces différentes méthodes par l'entreprise adjucatrice du marché, la société Vivian. En ce qui concerne la méthode par abrasion, les essais ont consisté à tester plusieurs poudres abrasives, sur parement, soubassement et sculpture. Un contrôle visuel a permis d'évaluer les résultats et de proposer à l'entreprise un traitement préalable de consolidation des pierres sculptées fragilisées par le précédent ravalement.
Malgré des résultats prometteurs avec le procédé pelable, le nettoyage devant être entrepris à compter du mois de janvier, les conditions climatiques n'étaient pas réunies pour assurer un bon fonctionnement du procédé. L'alternative de la méthode par abrasion semi-humide est donc poursuivie sur les façades concernées, avec obligation de diminuer les quantités d'abrasifs et la pression d'eau,…

La collaboration avec les entreprises des restauration et les experts

L'exemple de cette expérience illustre la nécessité d'une collaboration entre les différents intervenants sur un chantier de restauration ou de ravalement, particulièrement, sur le théâtre de Toulon, où le choix d'une seule entreprise traitant toutes les surfaces a été effectué. En effet, les méthodes de traitement du parement ne sont pas applicables directement à la sculpture et elles doivent être nécessairement adaptées pour ne pas entraîner les désordres constatés dans le cadre du précédent ravalement des façades de l'Opéra.
Sans remettre en question l'expérience de telles entreprises, leur adaptation aux nouvelles donnes de la conservation est nécessaire pour assurer l'innocuité des traitements et la pérennité des œuvres patrimoniales qui leur sont confiées.

Le cas de figure présenté est un exemple parmi tant d'autres, il n'est pas le seul , d'autres cas peuvent être cités, comme celui de la collaboration entre restaurateurs d'œuvres d'art, architecte et laboratoire, où encore avec un expert en assurance ou judiciaire. L'objet de la démarche commune est similaire, avec les mêmes objectifs de résultats.
A titre d'exemple, citons celui de façades d'immeubles ravalées par méthode chimique, sur conseil d'une entreprise, mais sans maître d'œuvre. Celle-ci " identifie " la présence de revêtements peints anciens dits silicatés, justifiant le procédé,… les cas sont nombreux sur Paris… Quelques années se passent et malheureusement, des désordres apparaissent, assortis de précipitations de sels, entraînant des pertes d'épiderme de parement, sculpture,… Après diverses démarches administratives, un expert est nommé sur les lieux pour déterminer les causes des désordres. Une enquête minutieuse est alors entreprise, fréquemment menée en collaboration avec un laboratoire. S'engage alors le protocole décrit précédemment et aboutit dans le cas de désordres conséquents à un décapage chimique, à contrôler le dessalement éventuel de la façade, en phase tests et chantier, afin de déterminer le procédé le plus efficace, le nombre de passes nécessaires pour retirer les sels piégés dans les pierres et le retour après traitement à des teneurs non préjudiciables à la conservation des façades concernées !

La demande auprès des laboratoires s'accroît régulièrement sur ces sujets spécifiques et nécessite des compétences et une expérience reconnue, au vu des enjeux et de la responsabilité exigée.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les problématiques de façades, vous pouvez contacter Frédérique Vouvé.