Nouvelles applications du radar géophysique (utilisations
à très hautes fréquences)
Ces innovations ont été présentées
aux dernières journées AGAP Qualité, les 7
et 8 novembre 2002.
Cette association, dont le Lerm est un membre actif, a pour but
de promouvoir la bonne utilisation des méthodes en géophysique
appliquée.
La technique d'auscultation non destructive par radar
géophysique est depuis plusieurs années en plein
développement.
Le Lerm participe activement au développement de la méthode,
en élargissant son champ d'application, par l'optimisation
du matériel, et notamment par la mise au point d'antennes
radar spécifiques, sur le plan pratique, en améliorant
leur maniabilité, mais aussi sur le plan électronique,
en optimisant leurs performances.
Aujourd'hui, nous vous présentons deux applications spécifiques
de cette technique :
Reconnaissance précise de ferraillages
L'évaluation de la teneur en eau des matériaux
Le matériel mis au point
Les auscultations par radar à haute résolution pour
les faibles profondeurs d'investigation nécessitent l'emploi
de fréquences très élevées. Actuellement,
les fréquences utilisées sont de 1,5 voire 1,8 GHz
mais certaines applications nécessitent des fréquences
encore supérieures avec des antennes spécifiquement
adaptées.
C'est pour cela que le Lerm a développé une
antenne bi-fréquence compatible avec un système radar
(GSSI).
L'antenne dispose de deux émetteurs, l'un centré
sur une fréquence de 1,2 GHz, l'autre sur une fréquence
de 2,5 GHz. En fonction de l'application souhaitée, l'utilisateur
peut sélectionner la configuration de son choix : 1,2 GHZ
seul, 2,5 GHZ seul ou les deux fréquences simultanées
sur le même canal d'enregistrement. Le gros avantage de l'utilisation
en mode bi-fréquence est de pouvoir détecter simultanément
des cibles proches (haute résolution dans les 20 premiers
centimètres) et des cibles plus éloignées (jusqu'à
1,5 m).
Application à la reconnaissance de ferraillage
L'objectif de l'étude menée était de contrôler
la présence et la position d'armatures de renfort disposées
dans une dalle béton préfabriquée alvéolaire,
elle-même recouverte d'une dalle rapportée armée
(treillis de 15x15 cm). Les armatures de renfort sont théoriquement
placées dans des alvéoles vides à l'origine,
puis remplie de béton lors de leur mise en place et selon
une alternance définie.
Les différents éléments sont détectés
aux deux fréquences mais l'enregistrement à 2,5 GHz
permet de distinguer beaucoup plus clairement les alvéoles
vides et les aciers disposés dans les alvéoles pleines
à environ 20 cm de profondeur, confirmant ainsi la conformité
avec la structure théorique.
Plus généralement, l'antenne fréquence de 2,5
GHz permet de détecter :
Des décollements de quelques
millimètres entre deux matériaux
Des vides centimétriques
Des aciers proches les uns des autres ( = 2 cm)
Des éléments situés derrière un réseau
d'armatures à maille serrée (grillage 5x5 cm)
Etc
Application à la mesure de teneur en eau
L'objectif de l'étude est de mesurer les variations de teneur
en eau dans des blocs de calcaire, en carrière. Sachant que,
pour un matériau donné, les valeurs de constante diélectrique
(permittivité relative) dépendent essentiellement
de la teneur en eau, des mesures de vitesse de propagation de l'onde
radar ont été réalisées.
Les mesures ont été faites en surface des blocs, en
continu, selon des séries de profils parallèles.
Les délais d'arrivée de l'onde sont convertis en valeurs
de constante diélectrique présentées sous forme
cartographique.
Les valeurs de constante diélectrique les plus fortes correspondent
aux zones les plus humides. Il est donc possible, dans un premier
temps, de détecter de manière qualitative les variations
d'humidité dans les 10 premiers centimètres de profondeur
environ.
Ensuite, la conversion des valeurs de constante diélectrique
en teneur en eau ne peut se faire qu'après étalonnage
par des mesures physiques de teneur en eau sur des prélèvements
d'échantillons dans des zones sèches et humides. Pour
chaque échantillon, la teneur en eau (pourcentage en poids)
est obtenue avant et après étuvage à 70°C.
Dans ce cas, la corrélation suivante a pu être établie
:
|
Constante diélectrique
|
Teneur en eau (% du poids)
|
|
6,5
|
0,5
|
|
9
|
6,1
|
Le système mis au point permet d'obtenir des résultats
avec une précision d'environ ± 1% sur les valeurs
absolues de teneur en eau.
Conclusion
Les essais menés en laboratoire ou sur site montrent que
l'utilisation d'antennes radar optimisées à des fréquences
adéquates, permet de nouvelles applications du radar :
Détection
et positionnement précis, à faible profondeur de vides,
de petits décollements, notamment entre un revêtement
mince et son support (enduit, dallage, enrobé
)
Reconnaissances
de ferraillage dans des structures en béton de faible épaisseur
ou de faibles dimensions (zones d'accès difficile), densément
armées
Détection
séparée d'aciers peu espacés, recouvrement
de treillis
Estimation
directe des variations relatives d'humidité dans les premiers
centimètres de profondeur, et mesure possible de la teneur
en eau des matériaux
Si vous souhaitez plus d'informations concernant les différentes
méthodes géophysiques utilisées au Lerm,
et leurs
applications n'hésitez pas à contacter
Jean Luc Garciaz
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