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A-Corros, Société partenaire du LERM, travaille sur les objets romains sortis du Rhône

Le Musée Départemental de l’Arles Antique a confié à A-CORROS la conservation préventive et l’étude technologique du Marsyas, de la victoire et d’un élément de statue en bronze, étapes prépondérantes entre la fouille et la conservation-restauration, avant la présentation au public.

Jean-Bernard Memet, Directeur de A-Corros, Société dont le LERM est partenaire pour l’étude de la corrosion des métaux, s’entretient avec nous sur la mission qui vient de lui être confiée.

LERM
En quoi consiste la conservation préventive d’un objet ?

J-B. Memet
Les objets trouvés dans le Rhône ont une grande valeur esthétique, patrimoniale, historique et scientifique. Il faut avoir bien conscience que leur découverte les fragilise.

En effet, à l’instant même de son immersion tout objet commence à subir les effets du milieu aquatique : infiltration de l’eau dans les porosités, corrosion, colonisation par les algues, érosion par le sable. C’est grâce à la sédimentation et aux couches archéologiques supérieures que les objets du Rhône ont été protégés.

Dès son retour à la surface, toute matière - qu'elle soit d’origine minérale (par exemple le marbre) ou métallique (comme les bronzes) - est vivante, d’un point de vue chimique. Il est primordial dans un premier temps, de maintenir l’objet dans un milieu identique ou proche de son milieu de découverte. C’est cette action qu’on nomme conservation préventive.

LERM
Et ensuite ?

J-B. Memet
La conservation préventive est la première étape d’un parcours déterminant pour l’objet, qui s’organise ainsi :

1. Conservation préventive,
2. Etude technologique et diagnostic
3. Conservation-restauration en 3 phases : stabilisation de la corrosion, nettoyage des concrétions et finitions.

L’étude technologique et la restauration de l’objet nécessitent sa stabilisation, c'est-à-dire l’extraction aussi rapide que possible des espèces chimiques nocives à l’origine des phénomènes de dégradation, comme l’eau et les sels.

LERM
En quoi consiste l’étude technologique qui vous a été confiée ?

J-B. Memet
L’étude technologique permet d’apporter des réponses à certains nombres de questions historiques ou scientifiques concernant par exemple la fabrication ou la provenance de l’objet. Elle permet également, et c’est la phase en cours actuellement, de bien prévoir les techniques de restauration utilisées, ainsi que les temps de traitement.

Les objets dont nous nous occupons ont vraisemblablement passé près de 2000 ans dans les eaux du Rhône ; ce serait une erreur de vouloir les exposer trop rapidement au grand public : c’est la raison pour laquelle l’ensemble des intervenants souhaite se donner le temps et les moyens de les étudier et de les restaurer sans risquer de perdre des informations historiques, scientifiques et technologiques précieuses. Une fois dans la vitrine, il sera trop tard…

En savoir plus sur les objets archéologiques trouvés dans le Rhône, sur le site du Musée de l'Arles et de la Provence Antiques...

 

 

 


 

 


C. CHARY/DRASSM