Mission d'assistance du LERM sur le chantier de
restauration de l'église St-Pierre-de-Caen (Calvados)
L'Eglise
Saint-Pierre de Caen
Les textes qui mentionnent l'Eglise Saint-Pierre remontent au XIe
siècle, mais les vestiges, aujourd'hui, ne sont pas antérieurs
au XIIIe siècle. Les travaux de construction durent jusqu'au
XVIe siècle, l'édifice garde pourtant une belle unité.
Les parties remarquables sont, à l'extérieur :
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la façade (XIVe siècle) ornée
d'une immense rose |
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le clocher gothique (XIVe). Détruit, comme
les voûtes pendant la guerre, il a été reconstruit
à l'identique |
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les bas-côtés et les parties hautes
de la nef (XVe siècle) de style flamboyant |
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l'abside Renaissance, commencée au début
du XVIe siècle, elle est l'un des beaux exemples de la
première Renaissance caennaise |
A l'intérieur :
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les chapiteaux des bas-côtés sont
ornés de scènes tirées de fabliaux et romans
du Moyen Age |
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le chur est décoré d'une étonnante
frise qui surmonte les arcades |
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le déambulatoire et les chapelles rayonnantes,
commencés en style gothique et terminés vers 1550
en style Renaissance forment l'une des parties les plus riches
de l'édifice |
La restauration,
ses enjeux et ses priorités
Stabiliser l'édifice
Les pierres utilisées dès le XIXe siècle lors
des restaurations successives de l'église présentent
des caractéristiques différentes qui menacent directement
la conservation des pierres anciennes.
Ce phénomène est une des causes des désordres
qui portent atteinte à la stabilité générale
de l'édifice.
Lutter contre l'eau et ses conséquences
: les sels
Les dispositifs d'évacuation des eaux pluviales, aujourd'hui
dépourvues de leur protection d'origine, donnent lieu à
d'importantes infiltrations qui engendrent une altération
des parements (partie apparente du mur) et des décors.
De plus, la présence d'une nappe phréatique sous l'édifice
provoque des remontées d'humidité chargées
de sels qui entraînent la désagrégation des
parements.
Remédier aux effets de la pollution
atmosphérique
La pollution atmosphérique (industrielle et automobile) a
produit une couche d'encrassement qui altère le parement,
dégrade la pierre et accélère le phénomène
d'infiltration.
L'étude préalable à la restauration générale
de l'église Saint-Pierre a conclu que l'intervention
la plus urgente devait concerner les façades du chur
et du chevet. Les pathologies relevées sont les plus présentes
sur cette partie de l'édifice : remontées de sels,
desquamations, pulvérulence, cassures, poussières,
salissures noires etc... Seront donc traitées dans une première
phase, et en trois tranches, les parties hautes du chur (parements
et sculptures), trois chapelles en totalité et une partie
d'une quatrième chapelle, ainsi que les chêneaux de
la nef qui seront revêtus de plomb.
La mission d'assistance
du LERM
Le LERM a été retenu dans le cadre
d'un appel d'offre " laboratoire " pour remplir une mission
d'assistance et de suivi du chantier de conservation et de restauration
de chevet de l'église St Pierre, dont la Direction Régionale
des Affaires Culturelles assure la maîtrise d'ouvrage et dont
Monsieur Daniel Lefevre, Architecte en Chef des Monuments Historiques,
assure la maîtrise d'uvre.
Tout au long du chantier, le LERM asiste l'entreprise
restaurant les maçonneries (groupe Quélin): analyse
et validation des procédés de nettoyage (micro abrasion,
hydrogommage basse pression
), adaptation à chaque type
de salissures, traitement biocide contre les mousses et algues,
composition des mortiers et colles, nature et méthode d'injection
Commencé en juillet 2004, ce chantier se
poursuit actuellement pour s'achever à la fin de cette année.
Il se décompose en trois tranches de travaux.
Dans le cadre de la tranche ferme, le LERM a été
chargé de compléter l'étude préalable
engagée précédemment, tant du point de vue
de la caractérisation des matériaux en uvre,
que de leur état de conservation, en termes de pathologie.
Le constat d'état ainsi effectué a permis de définir
les traitements spécifiques à réaliser et de
suivre les campagnes d'essais préalables avec les entreprises
retenues.
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Tests de nettoyage sur parement d'origine (1)
et de la sculpture (2) en pierre de Caen
Alors que la surface est recouverte de salissures atmosphériques
indurées, l'épiderme sous-jacent fragilisé
sur quelques millimètres, peut se détacher,
entraînant de nombreuses pertes de matières.
Des conditions opératoires particulières ont
donc été définies pour permettre un nettoyage
en conservation des parements et de la sculpture.
1 : nettoyage par abrasion semi-humidde
2 : nettoyage LASER sur sculpture
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| Etat de surface du parement avant nettoyage. Présence
de salissures atmosphériques, sous forme de croûte
indurée (image en électrons secondaires) |
Etat de surface du parement après nettoyage, exempt
de salissures atmosphérique et de trace d'impact. La
surface est assez poreuse (image en électrons secondaires)
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Les deux tranches de travaux suivantes, dites conditionnelles 1
et 2 consistent en un suivi de la mission d'assistance laboratoire
dans le cadre du chantier en cours d'exécution. Il s'agit
d'opérations de contrôles, au titre :
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du nettoyage des parements et sculptures |
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du dessalement de ces mêmes surfaces |
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de l'auscultation non destructive
des maçonneries et de la caractérisation des matériaux
de remplissage |
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DESSALEMENT
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Microscopie Electronique à Balayage,
imagerie en électrons retrodiffusés d'un échantillon
de mortier de maçonnerie à base de chaux aérienne,
Chapelle St-Joseph |
En ce qui concerne
les traitements de dessalement, les prélèvements et
analyses assurent une intervention ciblée aux zones polluées
exclusivement. Un contrôle après deux passes de compresses
est réalisé, afin d'évaluer l'efficacité
du procédé. Les teneurs en sels doivent pour cela
avoir diminué en deçà de seuils considérés
comme critiques, en termes d'apparition de désordres. Selon
la zone concernée, une troisième passe peut être
justifiée.
Après une nouvelle campagne d'investigations et de prélèvements,
effective dans le cadre de la tranche conditionnelle 2, les analyses
sont en cours. Les résultats détermineront la mise
en uvre d'un traitement stoppant des remontées capillaires
suspectées.
Ce chantier de restauration
remet en lumière l'architecture Renaissante du chevet de
l'église richement sculptée. Bombardé pendant
la deuxième guerre mondiale, il a été restauré.
Les matériaux d'origine n'étant plus exploités
alors, les pierres et sculptures ont été remplacées
par de la pierre dite de Tercé, extraite dans la région
de Poitiers. La qualité d'exécution ne se dément
pas
et permet à ce stade d'avancement de la restauration
d'apprécier de nouveau toute la richesse de la sculpture
normande ancienne !
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Chapelle St-Joseph
après restauration et dépose
de l'échafaudage
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