La valorisation matière des déchets
dans les matériaux du BTP : innover
Depuis
sa création en 1988, le LERM est reconnu pour ses activités
de laboratoire, de conseil et d'innovation liées à
la caractérisation des matériaux de construction et
de leurs pathologies. Aujourd'hui, le LERM est également
devenu un acteur de la valorisation matière de sous-produits
industriels. La connaissance des liants et plus généralement
des matériaux minéraux a permis de développer
un pôle d'expertise original : la recherche de solutions techniques
de traitement des déchets minéraux (résidus
de procédés thermiques, boues minérales
)
en vue de leur stockage et/ou de leur réutilisation dans
les matériaux du BTP.
C'est cette démarche de recherche et d'innovation que nous
développons dans ce dossier.
Depuis presque 20 ans, le LERM est reconnu
pour ses travaux dans le secteur du bâti ancien et du BTP.
La caractérisation des matériaux et le diagnostic
de leurs pathologies sont le cur d'activité du laboratoire.
Parallèlement, le LERM a toujours eu une vocation de Recherche
et d'Innovation dans le développement de nouveaux matériaux
et de nouvelles techniques d'essais. Grâce à cette
connaissance des matériaux minéraux, le LERM a su
développer de nouvelles compétences dans le traitement
des déchets.
Depuis le milieu des années 90,
face à des exigences réglementaires croissantes, les
industriels sont de plus en plus incités à développer
des solutions de valorisation et faire des déchets produits
des "matières premières secondaires". La
stabilisation et/ou la valorisation à l'aide des liants hydrauliques
est une des principales techniques existant à l'heure actuelle.
Le but de cette démarche est
clair : réduire les coûts d'élimination des
déchets, soit en obtenant un " déclassement "
pour la mise en centre de stockage, soit en les réutilisant
sous de nouvelles formes dans les matériaux du BTP et ainsi
trouver une " seconde vie " à des résidus
de production en économisant les ressources naturelles.
Cette technique de traitement par les
liants hydrauliques est plus particulièrement adaptée
aux déchets minéraux, dont les caractéristiques
physico-chimiques leur confèrent parfois des propriétés
exploitables comme un pouvoir pouzzolanique ou hydraulique, ou encore
une finesse particulière. On peut rappeler la pratique ancienne
(aujourd'hui reconnue et toujours d'actualité) d'addition
aux ciments de cendres volantes, de fumées de silice ou de
laitiers de hauts-fourneaux par exemple, considérés
il y a quelques années encore comme des résidus de
production. Ils sont devenus de véritables matériaux
permettant d'améliorer la qualité et/ou la vitesse
d'hydratation du liant dans un béton. Aujourd'hui, d'autres
" sous-produits " font l'objet d'études et de recherches
afin d'identifier des voies de valorisation pérennes. Ces
composés présentent des caractéristiques particulières,
qui peuvent s'avérer problématiques dans un contexte
de valorisation (gonflement, problèmes de prise
) et
limiter leur réemploi. Ce sont ces " incompatibilités
" que le LERM tente de contourner dans les programmes de recherche
industrielle qu'il mène, afin de limiter au maximum leur
impact.
Les déchets et sous-produits
étudiés : résidus de procédés
thermiques (cendres, MIOM*, REFIOM**), boues minérales (métalliques,
de papeterie, de lavage
), résines échangeuses
d'ions, sous-produits des industries chimiques, sidérurgiques,
métallurgiques
*MIOM : mâchefer d'incinération
d'ordures ménagères
**REFIOM : résidu d'épuration des fumées d'incinération
d'ordures ménagères
Etablir le cadre de recherche
Le cadre de recherche est souvent défini
en fonction du gisement du déchet ou du sous-produit et des
moyens disponibles.
Le gisement
Nature du gisement : quel est le type de déchet ?
Par quel process de fabrication est-il obtenu ? Quels sont les volumes
à traiter ? Quelles sont les conditions de stockage (durée,
volume, exposition
) ? Ont-elles une influence sur la composition
du déchet, son homogénéité, son évolution
dans le temps, (oxydation, lixiviation, teneur en eau
) ?
Localisation : le transport représente généralement
une part importante du coût de la valorisation. La proximité
d'unités de traitement et/ou des débouchés
commerciaux potentiels sont à envisager dès le démarrage
de l'étude.
Les moyens
Quels sont les moyens financiers disponibles pour la mise en place
d'une nouvelle filière, pour l'étude en laboratoire
et les essais pilotes ? Quel est le temps disponible pour trouver
une nouvelle solution ? Quels sont les partenaires potentiels du
projet (producteur, applicateur, collectivité locale
)
? Quels sont les moyens techniques disponibles (pilote, planches
d'essais
) ?
Définir les objectifs
de l'étude
Le
développement d'une solution technique de valorisation entre
dans un contexte industriel spécifique. Le programme d'étude
doit être bâti en fonction de ce contexte et certaines
questions préalables sont à poser :
Existe-t-il
un domaine d'application bien identifié ? Recherche-t-on
le développement d'une solution générale ou
à l'échelle locale ? Vise-t-on une diminution du volume
des déchets produits ? Recherche-t-on l'optimisation d'un
process existant pour augmenter sa valeur ajoutée ? Quels
sont les risques pour l'environnement ? Quelles sont les exigences
réglementaires ?
Identifier les contraintes
Les contraintes techniques
Les sous-produits d'une même famille présentent des
caractéristiques communes mais chaque process de fabrication
est unique et génère des composés spécifiques.
Les paramètres de production et les conditions de stockage
sont des facteurs d'hétérogénéité
qui peuvent limiter les pistes de développement.
Les contraintes financières
Le financement de ce type de projet est souvent une contrainte forte.
Le LERM peut accompagner son client dans la recherche de financements
extérieurs, par les différents systèmes d'aides
à l'innovation, ou proposer des programmes par étapes.
Les contraintes réglementaires
et environnementales
Chaque projet s'inscrit dans un contexte réglementaire spécifique
avec des exigences plus ou moins précises concernant la protection
de l'environnement. La réglementation sur les déchets
et leurs applications reste récente et évolue régulièrement,
Des échanges avec les institutions concernées (ADEME,
DRIRE
) peuvent être intéressantes pour anticiper
au mieux les évolutions à venir et ainsi s'assurer
de la cohérence de la démarche dans le temps.
Définir un programme
d'étude et de recherche
Caractérisation
du déchet ou du sous-produit en laboratoire
Le programme de caractérisation du déchet est adapté
aux objectifs de l'étude. Il a pour but de compléter
et d'approfondir les données existantes et permet de connaître
le déchet en tant que matériau.
Il s'agit de connaître sa composition chimique et minéralogique
et d'identifier sa problématique environnementale.
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Analyse élémentaire par ICP
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La
composition minéralogique peut-être déterminée
à l'aide de la technique de diffraction des rayons
X et de l'analyse thermogravimétrique
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Ces
analyses, couplées à des essais de lixiviation permettent
de la définir : relargage de sulfates, chlorures, métaux
lourds, polluants organiques
Des
essais sont également réalisés pour connaître
les propriétés physiques du déchet : densité,
teneur en eau, granulométrie, tenue au compactage
L'étape
de caractérisation a également pour objectif de rechercher
d'éventuelles propriétés spécifiques
comme par exemple une réactivité potentielle du "
matériau " : hydraulicité, pouzzolanicité
Développement
des formulations
Le LERM est spécialisé
dans l'étude des matériaux de construction, et notamment
des bétons et des liants hydrauliques. La formulation de
nouveaux types de matériaux est un des principaux axes de
recherche du laboratoire. C'est sur ces compétences que cette
étape repose.
La première phase étudie le mode de préparation
et/ou de prétraitement éventuel avant l'incorporation
dans une matrice liante. En s'appuyant sur les résultats
d'essai, sont déterminés :
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La nature des liants
à utiliser et leurs dosages |
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Les différents
taux d'incorporation de déchets dans la matrice liante |
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L'utilisation d'additions
ou d'adjuvants spécifiques pour obtenir les propriétés
désirées |
Les propriétés fondamentales
de ces formulations seront mesurées sur une série
d'éprouvettes témoin :
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Prise, rhéologie,
comportements aux jeunes âges |
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Propriétés
physiques (densité, porosité, perméabilité
) |
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Résistances
mécaniques |
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Stabilité dimensionnelle
(mesures de retrait et de gonflement) |
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Etc
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Les résultats de
ces tests permettent alors d'orienter les recherches vers un modèle
de formulation, base pour la phase d'optimisation.
Enfin, l'aspect durabilité
est toujours un critère essentiel d'étude. A partir
de l'analyse du comportement du nouveau matériau (physique,
mécanique, environnemental), une étude des mécanismes
et des interactions physico-chimiques est souvent prévue
pour comprendre les phénomènes en présence,
afin de s'assurer de la bonne tenue dans le temps de ce matériau.
Elle s'appuie sur la réalisation d'essais de veillissement
accéléré et d'analyses microscopiques, minéralogiques
et microstructurales.
Les résultats de
ces tests permettent alors d'orienter les recherches vers un modèle
de formulation, base pour la phase d'optimisation.
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Mise en évidence d'un gonflement
lié à la formation d'ettringite
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Mise en évidence d'un gonflement
lié à la formation d'un gel alcali-siliceux
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Validation technique
et environnementale
Elle s'appuie directement sur le
contexte normatif et réglementaire concernant le nouveau
matériau et les organismes concernés (ADEME, DRIRE,
collectivités
). Cette validation est réalisée
en laboratoire et/ou sur chantier ou pilote industriel.
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