LERM INFOS n° 21 :
" L'expertise, l'Expert et le laboratoire "

Juin 2011 - LERM INFOS - Lettre d'information technique et scientifique sur les matériaux - Parution quadrimestrielle gratuite

 

SOMMAIRE
LERM INFOS n° 21

Glossaire :
Le glossaire de l'Expert


Entretiens : "Les Experts parlents aux Experts".
Entretien avec François Pinchon, Ingénieur ESTP, Président d’Honneur de la Compagnie des Experts Agréés par la Cour de Cassation Française.

Entretien avec Bernard Bart, architecte, Expert agréé par la Cour de Cassation.

Entretien avec Robert Giraud, Expert près la cour d'Appel d'Aix-en-Provence

 

Les études d'expertise :
Identification de l'origine des tâches sur parement en pierres.

Fissuration et caractérisation du béton d'un réservoir à eau.

Enquête à l'aéroport: caractérisation des matériaux d'un parking d'appontages d'avions.


PORTRAIT :
Dominique Rossini: chimiste
et Responsable de section Microstructure et Chimie
au LERM

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Editorial

La notion d’Experts a été associée depuis très longtemps aux spécialistes de leur Art.
Ainsi, l’Encyclopédie de Diderot  et d’Alembert, nous donne, dans la deuxième moitié du 18e siècle, une définition des Experts assez proche de leur définition d’aujourd’hui… et elle fait remonter
la pratique d’expertiser, pour le compte de parties ou d’un juge, aux Romains :

« L’usage de nommer des Experts nous vient des Romains ; car outre les arpenteurs, mensores, qui faisoient la mesure des terres, & les huissiers-priseurs, summarii, qui estimoient les biens, on prenoit aussi des gens de chaque profession pour les choses dont la connoissance dépendoit des principes de l’art. Ainsi nous voyons en la novelle 64, que l’estimation des légumes devoit être faite par des jardiniers de Constantinople, ab hortulanis & ipsis horum peritiam habentibus ; ce que l’on rend dans notre langue par ces termes, & gens à ce connoissans. »

Pour les choses dont la connoissance dépendent des principes de l’art, ausculter, diagnostiquer, élaborer et mener un programme de recherche sont les activités quotidiennes du laboratoire qu’est le LERM. Il arrive que cette pratique de questionnement du matériau et de sa mise en œuvre s’inscrive dans le cadre d’un sinistre déclaré sur une construction et, par conséquent soumis à une procédure expertale, c’est-à-dire dans un environnement où le jeu des différents acteurs est régi par des règles strictes de procédure juridique.

C’est principalement à cet environnement que notre lettre d’information s’intéressera aujourd’hui.
Au fil d’entretien avec trois Experts, nous nous demanderons d’abord ce qu’est un Expert judiciaire, nous questionnerons la nature des rapports qu’il entretient avec le laboratoire qu’il doit parfois solliciter et qui tantôt sera technicien, tantôt sapiteur, et enfin examinerons sa contribution jusqu'au dépôt de son rapport au juge.

Nous illustrerons par un choix d’études quelques problématiques auxquelles le laboratoire a été confronté dans le cadre d’expertises et nous exposerons les méthodes et les moyens qu’il a mis en œuvre pour répondre, autant que possible, aux questions qui lui ont été posées...

Bonne lecture…


Très cordialement,

Bernard QUENEE et Gilles MARTINET - Directeurs Généraux du LERM.

 

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1. Glossaire.

 

Accedit
L’accédit est une réunion contradictoire qu’organise l’Expert judiciaire avec les parties avant de clore son rapport. Le but de cette réunion est d’informer les parties des déclarations qui ont été faites à l’Expert, du contenu des pièces du dossier qu’il a réunies, des constatations qu’il a faites et de permettre aux parties de formuler, sous forme de « dires » leurs observations.

Experts
Experts, s. m. pl. (Jurispr.) sont des gens versés dans la connoissance d’une science, d’un art, d’une certaine espèce de marchandise,
ou autre chose ; lesquels sont choisis pour faire leur rapport et donner leur avis sur quelque point de fait d’où dépend la décision d’une contestation, et que l’on ne peut bien entendre sans le secours des connoissances qui sont propres aux personnes d’une certaine profession.
[…] Les Experts ne sont point juges ; leur rapport n’est jamais considéré que comme un avis donné pour instruire la religion du juge ;
et celui-ci n’est point astreint à suivre l’avis des Experts.
Source : Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, D’Alembert et Diderot (1751-1772).

Expertise
Ensemble d’activités ayant pour objet de fournir à un commanditaire, en réponse à la question posée, une interprétation, un avis ou une recommandation aussi objectivement fondés que possible, élaborés à partir des connaissances disponibles et de démonstrations accompagnés d’un jugement professionnel…
Norme NF X 50.110, Qualité en expertise - Prescriptions générales de compétence pour une expertise, mai 2003.

Procédure contradictoire, contradiction
Principe d'égalité et de loyauté entre les parties durant une procédure judiciaire. Il permet à chacune des parties de connaître les demandes de son adversaire et les oblige à communiquer tous les éléments et les pièces dont elles disposent, afin de les soumettre à la critique et de préparer leur défense. Le juge doit lui-même observer ce principe et veiller à son respect par les parties. Ce terme désigne aussi les décisions rendues en présence des parties ou de leurs représentants.

 « Le juge doit en toute circonstance faire observer lui-même le principe de la contradiction [...] Le juge ne peut retenir, dans sa décision, les moyens, les explications et les documents invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont été à même d’en débattre contradictoirement » Code de procédure civile, article 16.

Le principe de contradiction de la procédure s’étend à la procédure expertale :
« Il résulte d’une abondante jurisprudence que l’Expert est tenu, comme le juge de respecter et de faire respecter le principe de la contradiction. C’est ainsi que les parties doivent être convoquées à toutes les réunions d’expertise, qu’elles doivent avoir communication des pièces et documents utilisés par l’Expert, qu’elles doivent avoir communication des déclarations recueillies auprès des sachants et que l’Expert doit soumettre aux parties les résultats des investigations techniques auxquelles il a été procédé, hors leur présence, afin de leur permettre d’en débattre contradictoirement avant le dépôt de son rapport. » in Revues Experts, n° 80, septembre 2008pp. 19-21 : M. Fébrajue, B. Lissarrague, Du contradictoire au bla-bla-toire.


Sapiteur
« Lorsqu'il apparaît à un Expert qu'il est nécessaire de faire appel au concours d'un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier, il doit préalablement solliciter l'autorisation du président du tribunal administratif ou de la cour administrative d'appel ou, au Conseil d'Etat, du président de la section du contentieux. La décision est insusceptible de recours. » Code de justice administrative, article 621-2.
Le Code Civil n’utilise pas le terme de sapiteur : il utilise le mot de technicien adjoint, l’Expert étant lui-même le technicien (voir technicien). Indépendamment de savoir si le technicien adjoint relève de l’appellation de sapiteur, ce qui fait par exemple objet de débat dans la revue « Experts », il apparait que :
- La mission du sapiteur porte sur un point technique précis : il ne s’agit pas d’une co-expertise.
- Le technicien (ou Expert) peut faire appel à plusieurs sapiteurs dont il est le coordonateur en même temps que le garant du respect de la procédure expertale.
- Le recours au sapiteur n’a rien d’exceptionnel dans un environnement à la complexité technique croissante.


Technicien
« Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l'éclairer par des constatations, par une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les lumières d'un technicien. » Code de procédure civile, article 232.

 « Le technicien, investi de ses pouvoirs par le juge en raison de sa qualification, doit remplir personnellement la mission qui lui est confiée. » Code de procédure civile, article 233.

« Le technicien doit donner son avis sur les points pour l'examen desquels il a été commis. Il ne peut répondre à d'autres questions,
sauf accord écrit des parties. Il ne doit jamais porter d'appréciations d'ordre juridique. » Code de procédure civile, article 238 .

« Le technicien doit faire connaître dans son avis toutes les informations qui apportent un éclaircissement sur les questions à examiner. » Code de procédure civile, article 244.

« L'Expert peut prendre l'initiative de recueillir l'avis d'un autre technicien, mais seulement dans une spécialité distincte de la sienne. » Code de procédure civile, article 278.

 

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2. Entretiens: "L'expertise vue par les Experts".

- François Pinchon, Ingénieur ESTP, Président d’Honneur de la Compagnie des Experts Agréés par la Cour de Cassation Française.
- Bernard Bart,
architecte, Expert agréé par la Cour de Cassation.
- Entretien avec Robert Giraud, Ingénieur, Expert près la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.

 

f.pinchon

// L’Expert, le laboratoire, le sapiteur… quelques repères.
Entretien avec François Pinchon, Ingénieur ESTP, Président d’Honneur de la Compagnie des Experts Agréés par la Cour de Cassation Française. Officier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur.

 

 



LERM : Quand l’Expert fait-il appel à un laboratoire ?
F.P : "L’Expert fait appel à un laboratoire pour mener des investigations techniques qu’il n’a pas les moyens de mener lui-même. Le rôle du laboratoire est alors de mener des essais ou des analyses dont la finalité est de fournir à l’Expert des données nécessaires à son expertise. Ce recours par l’Expert à la prestation d’un laboratoire est très courant dans le domaine du BTP et de l’industrie en général".

Vous parlez de prestation, le laboratoire peut-il alors être considéré comme prestataire de service ?
"Oui, le laboratoire est considéré comme prestataire d’un service. Deux cas existent en France : dans le nord et la région parisienne,
le laboratoire est prestataire au service du demandeur. Dans le sud de la France, la prestation du laboratoire est mise au compte de l’Expert, même si c’est le demandeur qui finance la prestation avec, en quelque sorte l’Expert comme intermédiaire".

Qui prescrit les essais demandés au laboratoire ?
"La prescription des essais est du ressort de l’Expert, mais, pour être dans le cadre d’une procédure expertale nécessairement contradictoire, cette prescription doit être communiquée à l’ensemble des parties.
D’ailleurs un déplacement in situ du laboratoire est organisé pour permettre une rencontre avec les parties. Cette rencontre permet de débattre de la méthode et des procédures techniques et scientifiques, ainsi que du montant de l’estimation financière de l’intervention du laboratoire".


Où se situe la distinction entre le laboratoire prestataire de service et le laboratoire sapiteur ?
"Le prestataire de service fournit les résultats des essais ou analyses qui lui sont commandées. Son rôle s’arrête là. Le sapiteur fournit les mêmes éléments, mais il est sollicité par l’Expert pour émettre des commentaires ou des appréciations sur ces résultats".

Quand l’Expert fait-il appel à un sapiteur ?
"C’est quand l’Expert est aux prises avec un domaine de compétences qui n’est pas le sien qu’il fait appel et doit faire appel à un sapiteur. Ce recours est souvent rendu nécessaire par la complexité technique des problèmes dont traite l’expertise".

Qui choisit le sapiteur ?
"Dans la procédure civile, l’Expert choisit librement son sapiteur et il lui fixe les limites de sa mission. Dans le cas d’une expertise judiciaire au Tribunal Administratif, il demande l’accord du Tribunal, préalablement à la désignation du sapiteur.
Dans tous les cas, il informe les parties de la nécessité où il se trouve de s’adjoindre un sapiteur ainsi que des raisons de son choix".

Qui est responsable de l’expertise en cas d’intervention d’un sapiteur auprès de l’Expert ?
"L’Expert reste toujours responsable de son expertise et de ses conclusions… On dit d’ailleurs que l’Expert « maîtrise » son sapiteur. Dans la réalité, quand la collaboration entre l’Expert et le sapiteur fonctionne correctement, l’Expert suit son sapiteur.
Si, l’Expert est, en quelque sorte le chef d’orchestre de l’expertise, il doit cependant avoir le souci constant de la maintenir dans le cadre d’une procédure dite contradictoire qui consiste à fournir l’ensemble des informations à l’ensemble des parties.
Cet aspect du contradictoire est essentiel : 80% des expertises annulées le sont, même si elles sont correctes du point de vue scientifique et technique, par non respect de la procédure contradictoire".


Les résultats du laboratoire sont donc importants pour la conduite de l’expertise ?...
"L’avis du laboratoire est vraiment déterminant pour l’avis de l’Expert, même si l’Expert n’est nullement tenu à l’avis de son sapiteur. Les parties doivent en outre pouvoir questionner le laboratoire prestataire ou sapiteur sur ses méthodes et pratiques d’essais ou d’analyses, questions auxquelles le laboratoire doit répondre dans le cadre des limites de la mission qui lui a été assignée. Si l’enjeu de l’expertise est tel que le dialogue est difficile, l’Expert peut demander que le débat se fasse par écrit pour imposer une nécessaire distance à la tenue du contradictoire".


 

 


// Pour faire connaissance avec l’Expert…
Entretien avec Bernard Bart, architecte, Expert agréé par la Cour de Cassation.

LERM : "Pouvez-vous nous dire ce qu’est un Expert judiciaire" ?
B.B : "Je crois qu’il faut commencer par bien distinguer l’Expert d’assurance, que nous connaissons tous, plus ou moins, de l’Expert judiciaire. Le premier travaille pour une compagnie, le second est, au fond, les yeux du juge sur une question technique lors d’une procédure judiciaire. Etre Expert n’est pas une profession ; c’est une fonction que l’Expert assume le temps que dure sa mission d’expertise. Il est d’ailleurs souhaitable que l’Expert, même s’il est rémunéré dans le cadre de sa mission, ne soit pas un professionnel de l’expertise…
car un tel professionnel ne serait bientôt plus un Expert ! En effet, l’Expert est un professionnel reconnu compétent dans son domaine.
C'est-à-dire qu’il possède la formation, les diplômes, les connaissances académiques nécessaire à l’exercice de sa profession. Il a, de plus, une bonne expérience de son domaine et de sa pratique. C’est ce bagage qui fait de lui un Expert. S’il quitte sa profession, s’il cesse d’exercer son métier, il ne sera bientôt plus au fait de son art et n’évoluera plus que sur l’ère d’une compétence acquise et
non mise à jour. Comprenons bien que ce n’est pas parce que je suis Expert que je suis plus compétent que mes collègues architectes.

Simplement, mon bagage et mon expérience me permettent d’éclairer un magistrat sur les raisons d’un conflit. Ce qui distingue l’Expert, c’est qu’il est engagé, sur sollicitation d’un juge dans une procédure expertale. Hors cette mission, il est un bon professionnel parmi beaucoup d’autres bons professionnels".

Comment devient-on Expert judiciaire ?
"Pour différentes raisons, comme celle d’avoir le désir de mettre ses compétences techniques et professionnelles à la disposition de la justice, si l’on souhaite devenir Expert judiciaire, il faut faire acte de candidature auprès de la Cour d’Appel de son lieu de pratique dans l’une des très nombreuses spécialités dont la justice peut avoir besoin pour éclairer le volet technique de telle ou telle affaire.
Vous devez joindre à votre candidature la justification de cours de formation à l’expertise judiciaire. Il s’agit là d’une initiation à la procédure, au droit, au vocabulaire de la justice.

Votre demande est analysée ; si elle est agréée, vous figurez alors sur la liste des Experts de la Cour d’Appel dont vous dépendez. Cette liste est diffusée auprès des juges, qui y puiseront en fonction des affaires qu’ils auront à traiter.
Comment l’Expert est-il nommé sur une affaire ?
La règle est que l’Expert ne connaît pas le juge. Il reçoit une notification du juge qui le sollicite pour une expertise. En fonction de l’évaluation de sa compétence pour mener l’expertise, de son impartialité, de sa disponibilité, l’Expert répond au juge et accepte sa mission…".


Vous parlez de mission…
"Oui c’est exactement de ce dont il s’agit : l’Expert reçoit du juge une mission très précise, un délai pour la conduite de l’expertise, un ordre de versement de consignation pour couvrir ses frais. Une première phase de l’expertise permet ensuite de réévaluer l’ensemble de l’ordre de mission.
Dans le cadre de sa mission, quand l’Expert fait-il appel à un laboratoire, comme technicien, ou comme sapiteur ?
Prenons un exemple : vous allez chez votre médecin généraliste pour un problème. Pour porter son diagnostic, celui-ci a besoin de vous faire faire une prise de sang. Il vous fait une ordonnance pour aller au laboratoire.
L’Expert recourt de la même manière aux services d’un laboratoire comme le vôtre : un béton armé présente des désordres… Vous avez besoin de connaître la position des aciers, la résistance du béton, son dosage. L’assistance technique du laboratoire fournit, sous forme de résultats d’analyses et d’essais, les éléments nécessaires à la formulation de l’avis de l’Expert".


Pouvez-vos nous dire deux mots du principe de contradiction ?"
"Ce principe est à la base de toute procédure judiciaire. On ne doit rien faire qui ne soit au contradictoire de l’ensemble des parties. Cela signifie que vous devez diffuser l’ensemble des informations à l’ensemble des parties. Ainsi vous devez les informer de la nécessité de faire intervenir un laboratoire et des raisons de cette nécessité ; vous devez informer sur le calendrier des opérations, sur l’identité du labo, sur ses résultats, etc… Ce principe de contradiction est à la base d’une procédure équitable.
La meilleure expertise scientifique ou technique, si elle manque au contradictoire
peut être considérée comme nulle".


 

 

// Les résultats du laboratoire dans une procédure expertale… et après ?
Entretien avec Robert Giraud, Ingénieur, Expert près la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.

 

guiraud

Dans les précédents entretiens de cette lettre d’information, nous avons vu ce qu’est un Expert et quand il fait appel à un laboratoire. Nous souhaitons, avec vous, voir comment l’Expert rédige son rapport et le rôle qu’y jouent les résultats du laboratoire… Mais peut-être convient-il de revenir, un peu en amont, à la définition du programme d’investigation ?
"
Avant même de contacter un laboratoire, l’Expert, lors d’une réunion d’expertise, est tenu d’informer les parties de sa première approche de l’affaire et des moyens d’investigations qu’il propose de en œuvre. Cette réunion est l’occasion d’un débat qui permet à chaque partie de donner son avis. S’il envisage de recourir à un laboratoire pour conduire des essais ou des analyses qu’il ne peut mener lui-même, l’Expert en informe les parties.
Le corps de la mission du laboratoire lui est fourni par l’Expert sous la forme de ce qu’on pourrait appeler un cahier des charges. Naturellement cet ordre de mission n’exclut nullement un échange entre l’Expert et le laboratoire pour compléter ou moduler la batterie d’analyses. Si cet échange devait modifier le programme de façon sensible, l’Expert en informerait chacune des parties.

A l’issue de ces discussions techniques, le laboratoire chiffre sa prestation. Le devis est diffusé aux parties qui, d’ailleurs peuvent demander la mise en concurrence du laboratoire, à moins que l’Expert pour une raison précise, comme la maîtrise d’un mode opératoire particulier par exemple, souhaite que les analyses soient menées par ce laboratoire en particulier".

Le laboratoire peut donc se mettre au travail ?
"Pas encore, ce serait imprudent ! L’Expert doit, au préalable demander au juge une ordonnance de consignation complémentaire qui permette de financer les travaux du laboratoire. C’est seulement quand cette consignation est provisionnée par la ou les parties désignées que l’Expert peut passer commande au laboratoire car c’est lui même, qui le paiera. L’Expert doit alors informer les parties de la date des prélèvements in situ et même des dates des analyses, car théoriquement, par respect de la procédure contradictoire, chaque partie peut assister à l’ensemble des opérations".


Après conduite des essais et analyses, le laboratoire remet donc à l’Expert ses résultats ?
"Oui… Il convient de noter que ces résultats sont bruts. Ils doivent être factuels et sans conclusions. C’est en effet à l’Expert d’analyser les données qui lui sont fournies, de les commenter et de les synthétiser en un avis. Cela bien sûr n’interdit nullement les échanges entre le laboratoire et l’Expert.
A la livraison des résultats du laboratoire, l’Expert provoque en général une réunion technique à laquelle peut participer le laboratoire. Cette réunion est l’occasion d’un débat contradictoire sur l’étude menée. Les questions des parties ne portent pas tellement sur l’avis, qui n’est d’ailleurs pas encore clairement formulé, mais sur les techniques opératoires employées, les incertitudes sur les mesures, les tolérances, etc…et sur les premiers enseignements tirés".


C’est maintenant à l’Expert de rédiger son rapport…
"C’est exact. Et cela se fait en plusieurs temps.
Les résultats du laboratoire appartiennent aux nombreuses informations que l’Expert a rassemblées à sa disposition : ses examens propres, l’historique de l’ouvrage, de sa construction, de sa maintenance, de ses réparations, son environnement, etc… l’opinion que se fait l’Expert à partir de l’analyse de l’ensemble de ces éléments est décrite dans un document dit pré-conclusions. Ce document fait l’objet d’un débat contradictoire. L’une des parties peut souhaiter approfondir ou préciser encore tel ou tel point et demander un complément d’analyse.
L’Expert doit alors retourner vers le juge pour demander une nouvelle consignation complémentaire, qui sera alors, en principe, versée par le demandeur. Avant diffusion des pré conclusions, une réunion de synthèse peut avoir lieu. A l’issue de cette réunion ou après les pré conclusions et dans le délai accordé par l’Expert, celui-ci prend connaissance des arguments des parties rédigées sous forme de dires à l’Expert et il y répond dans son rapport dans ce qu’on appelle les réponses aux dires.

Il peut arriver que l’opinion de l’Expert soit modifiée par l’argumentation de l’une des parties.
S’il révise ses conclusions provisoires, il doit alors proposer de nouvelles pré-conclusions qui vont faire, une fois encore, l’objet d’un débat. Je profite de ce moment pour souligner deux points essentiels de la procédure civile que sont le respect du contradictoire et le fait que
le procès est “la chose” des parties. Il peut ainsi arriver qu’à un moment de la procédure, les parties se mettent d’accord, sur une conclusion, dans ce cas, l’Expert constate la conciliation, en informe le juge et arrête ses opérations. La mission de l’Expert s’éteint alors automatiquement.

Mais revenons au déroulé de notre procédure : après le débat sur les pré-conclusions et la prise d’acte des différents dires, l’Expert rédige son rapport. Dès qu’il le remet au juge, l’Expert est dessaisi de sa mission".


Peut-il arriver que le juge entende directement le laboratoire ?
"Non… Le débat technique a lieu devant l’Expert et non devant le juge. Dans la majorité des cas, le juge suit l’avis de l’Expert. Dans le cas où il ne le suit pas, c’est qu’il a été troublé par l’argumentation de l’une des parties. Il peut alors ordonner une contre-expertise, qui relance la procédure, ce qui est coûteux en temps et en argent. Ce cas de figure est rare, il est, le plus couramment prévenu par la bonne conduite du débat technique tout au long de l’expertise.
Il est rare, que des techniciens de bonne foi dans le cadre d’une expertise bien menée où chacun a pu exprimer son point de vue, ne tombent finalement pas d’accord sur les questions d’ordre purement techniques. C’est tout l’intérêt de l’expertise que de mener à la manifestation de cette “vérité” et d’y conduire par un processus contradictoire qui, non seulement assure la transparence, mais également l’efficacité de la procédure".


Nota : la procédure grossièrement décrite ci dessus doit en fait suivre rigoureusement le Code de Procédure Civile et notamment les articles 232 à 248.

 

 

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3. Etudes d'expertises :
Carnets de missions d'un sapiteur indépendant.

 

 

3.1 // Identification d’une pierre présentant des tâches à la surface du parement
et compréhension de l’origine de ces tâches.

 

Question soumise au laboratoire par l’Expert :
Des tâches présentes à la surface d’une pierre mise en revêtement de surface scellé ont entraîné le refus de réception du chantier par
le maître d’ouvrage. A la demande de l’Expert en charge de l’expertise judiciare, le LERM est chargé d’une étude dont l’objectif est de caractériser ces tâches. Plusieurs questions se posent ; la recherche des réponses détermine le programme d’investigation que suivra
le laboratoire :
La pierre fournie est-elle bien la pierre demandée ? Si oui, quelle est la nature de ces tâches ? S’agit-il de tâches accidentelles ?
Est-il possible que ces tâches soient constitutives du matériau lui-même ?

Le programme d’investigation :
La caractérisation de la pierre, l’examen de ses défauts et la compréhension de leur origine ont nécessité la mise en œuvre de nombreux outils du laboratoire :

- l’examen au microscope optique en lumière réfléchie sur coupe polie taillée perpendiculairement à la surface de la pierre tachée (ci-dessous),
- l’examen complémentaire à la loupe binoculaire numérique,

lna_lerm etude_lerm
  • l’analyse qualitative par diffraction des rayons X d'un prélèvement en surface, au droit d'une zone visiblement tachée,

  • l’observation de la surface de la pierre au microscope électronique à balayage couplé à l'analyse qualitative élémentaire par spectrométrie X à dispersion d'énergie.

  • Les conclusions alors possibles sur la nature et l’origine de la pierre, ainsi que sur la nature de ses tâches doivent être recoupées par son examen lithologique et son analyse minéralogique et pétrographique au microscope optique; elles doivent, de plus, être confirmées par la mesure de la masse volumique apparente et de la porosité ouverte.

Les conclusions du laboratoire
La caractérisation minéralogique et microstructurale des échantillons de la pierre etude_lermmise en oeuvre ont montré que celle-ci correspondait bien aux caractéristiques de la pierre qui devait être fournie. Cette conclusion a été recoupée par la détermination des caractéristiques physiques de la pierre que sont la masse volumique apparente et la porosité ouverte moyenne qui, selon la norme NF EN 1936, sont des essais d’identité du matériau : leurs valeurs sont conformes aux caractéristiques de ce type de pierres.
L’examen au microscope optique de la roche a montré que cette pierre calcaire était marquée par la présence de filonnets, parfois ramifiés, enrichis en oxydes
de fer ainsi qu’en grains argileux ou siliceux qui recoupaient la surface de la pierre en plusieurs points.

L’étude particulière des zones considérées comme défectueuses n’a pas mis
en évidence la présence de grains de clinker ou de ciment qui auraient pu être à l’origine des tâches.
Les échantillons ont cependant révélé des cristallisations de sulfate de calcium, identifiées, d’un point de vue minéralogique comme étant du gypse. Par ailleurs, les surfaces des échantillons proposés à l’analyse sont toutes marquées par un faciès microporeux caractéristique de ce minéral.

 

En conclusion générale à cette étude, il est apparu que les tâches observées à la surface des dalles de pierre étaient liées aux caractéristiques intrinsèques de cette pierre (filonnets riches en argiles et oxydes de fer, faciès microporeux et présence localisée de cristallisations de gypse, dont l'origine est probablement allochtone).

Compte tenu de cette conclusion, le laboratoire précise qu’il convient de se reporter au chapitre 4.3 de la norme NF B 10-601 - Prescriptions générales d’emploi des pierres naturelles - qui traite des caractéristiques d’aspect de la pierre et des modalités d’accord entre client et fournisseur sur cette caractéristique par le biais d’un accord des parties sur échantillon contractuel.


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3.2 // Relevé de la fissuration et caractérisation du béton et du ferraillage d’un réservoir d’eau.


Position du sinistre et mission du laboratoire :
Un réservoir d’eau en cours d’achèvement révèle de nombreuses fissures qui entraînent des fuites importantes. Le réservoir est vidé et le chantier est arrêté jusqu’à ce que les causes de la fissuration soient identifiées.
Le problème provient-il de la structure du matériau ou de sa mise en œuvre ?
L’Expert (Membre de l'association "Après BTP") en charge du dossier de l’expertise judiciaire confie une étude au LERM dont l’objectif est de relever la fissuration et de caractériser le béton et son ferraillage
.

Investigation sur site
L’investigation in situ consiste à effectuer un examen visuel des désordres, au cours
duquel un relevé détaillé de la fissuration du voile circulaire du réservoir doit être effectué.
Le positionnement du ferraillage est déterminé par radar géophysique, y compris mesures statistiques des épaisseurs d’enrobage.
Enfin, l’étude sur site donne lieu au prélèvement d’échantillons de bétons destinés aux essais en laboratoire.

fissures calcite

Résultats de l’examen visuel et du relevé des désordres
L’examen visuel de la face extérieure du réservoir révèle un phénomène de fissuration quasi généralisé sur l’ensemble de sa surface. Verticales et horizontales, les fissures présentent des longueurs variant du décimètre à plusieurs mètres et sont d’ouverture millimétrique. Dans de nombreux cas, elles sont associées à des coulures de calcite.

Plus localement, des cloquages, résultant de décollements en peau, sont également visibles le long des fissures et leur étendue peut couvrir de quelques centimètres à plusieurs mètres. Le béton du côté interne du réservoir est également affecté de fissures. Le réservoir ayant été vidé, celles-ci sont refermées et seules les plus larges restent visibles.

Résultats du relevé détaillé du plan de fissuration
Le relevé détaillé de la fissuration a été réalisé sur la face externe du voile circulaire. L’examen des planches révèle clairement que :

  1. les fissures sont orientées préférentiellement à la verticale
  2. les fissures horizontales sont concentrées entre 1,50 et 3 m, c'est-à-dire à hauteur du 2ème niveau de banches de bétonnage,
    la densité de fissures diminue à partir d’un certain point de la circonférence du réservoir. plan

Auscultation au radar géophysique
Les zones auscultées au radar géophysique ont été réparties de manière proportionnelle sur l’ensemble de la structure. Au nombre de 6, chaque zone couvre 3 mètres linéaires sur toute la hauteur du réservoir. La totalité a permis de couvrir 30 % de la surface du voile. Les zones de prélèvement d’échantillons par carottage diamanté sous eau ont également été réparties sur la périphérie du réservoir ainsi que sur la hauteur.

shema

Principe sommaire de la méthode du radar géophysique
Cette méthode d’investigation non destructive permet de réaliser une auscultation précise de la plupart des matériaux, à des profondeurs variant du centimètre à plusieurs mètres.
Les mesures sont acquises en déplaçant un transducteur radar (antenne d’émission – réception) selon de nombreux profils répartis sur les surfaces accessibles.

Les ondes électromagnétiques hautes fréquences se propagent dans les matériaux et se réfléchissent à l'interface entre deux milieux physiques distincts qui présentent des caractéristiques (paramètres électromagnétiques) différentes. La mesure des vitesses de propagation des ondes dans les matériaux et l’analyse des échos associés aux interfaces constituent les principes de base de la méthode.
En résumé, les investigations par radar fournissent les coupes – profondeur des matériaux auscultés au droit des profils de mesure réalisés. Ces coupes mettent en évidence la position du ferraillage, des zones hétérogènes, des vides, des structures souterraines.

Les enregistrements (radargrammes) sont obtenus en temps réel. Ils fournissent les « coupes temps » situées au droit de chaque profil et permettent une première interprétation des résultats sur le site même. Les mesures sont enregistrées et sont traitées par ordinateur au bureau. La figure ci-dessous illustre le principe de la méthode.

methoderadar

Résumé des résultats de l’auscultation radar
Les statistiques d’enrobage ont été réalisées sur plus de 2000 fers. Sur l’ensemble de la surface étudiée, les aciers verticaux sont les plus proches de la surface extérieure. Seuls 16 % des fers horizontaux sont situés à plus de 50 mm.
En revanche, 83% des aciers horizontaux présentent au moins 40 mm d’enrobage.
De manière générale, l’histogramme des fers horizontaux est assez resserré (94 % entre 30 et 55 mm), ce qui indique que cette nappe
est bien parallèle à la surface extérieure. L’histogramme des fers verticaux est plus étalé (96 % entre 15 et 50 mm), cela indique une plus grande disparité dans le positionnement de cette nappe située en surface.

Essais et analyses en laboratoire sur les bétons
Ce programme d’essais vise trois objectifs :

• connaître les caractéristiques mécaniques du béton concerné
• déterminer sa composition chimique et le détail de sa microstructure
• rechercher d’éventuels signes d’altération

samples


Caractéristiques mécaniques du béton
Les caractéristiques mécaniques du béton ont été déterminées en fonction de deux paramètres : la résistance à la compression, mesurée conformément au mode opératoire de la norme NF EN 12504-1, la résistance à la traction par fendage, mesurée conformément à norme NF EN 12390-6. Résultats :

• Les résistances à la compression corrigées sont globalement homogènes et toutes supérieures à 40 MPa. La moyenne est de 53 MPa avec un écart-type de 7 MPa.

• A titre indicatif, la norme NF EN 206-1 préconise une résistance en compression minimale sur cylindre de 25 MPa pour un béton subissant une alternance d’humidité et de séchage (classe d’exposition XC4) ou exposé à une saturation modérée en eau sans agent de déverglaçage (classe d’exposition XF1)

• Les résistances à la traction varient entre 2,7 et 4,3 MPa, avec une résistance moyenne de 3,8 MPa et un écart type, caractéristique de la dispersion des résultats, de 0,8 MPa.

 

 

 

 

Composition du béton durci et microstructure
• La détermination de la composition du béton durci se fait au moyen du calcul Minéraux LCPC qui comprend plusieurs phases: la mesure des masses volumiques apparente et réelle, et de la porosité accessible à l'eau selon le mode opératoire recommandé par l'AFPC-AFREM,

• l’analyse thermogravimétrique sous atmosphère azote dans le but de déterminer les quantités d'eau liée aux hydrates et de CO2, et d'estimer le rapport pondéral Eau/Ciment,

• l’analyse chimique "complète" de la fraction soluble dans HNO3 1/50ème,

• l’examen au microscope optique en lumière réfléchie d’une section polie dans le but de déterminer la nature du liant,

Les résultats obtenus permettent d’alimenter un logiciel de calcul informatique itératif, afin de recalculer leur composition. Enfin, l’observation du béton au microscope électronique à balayage couplé à l'analyse qualitative élémentaire par spectrométrie X à dispersion d'énergie permet la caractérisation de la microstructure de la pâte de ciment et la recherche d’éventuels signes d’altération.

 

meb

Microscopie électronique à balayage. Echantillon 23682-Z4.1
Détail de la matrice : 1 = sulfo-aluminates de calcium hydratés
2 = portlandite ; 3 =  C-S-H denses

Résultats :
  • les porosités obtenues, comprises entre 14,3 et 15,7 %, sont indicatives de bétons présentant une compacité globalement moyenne,
  • ces bétons sont formulés avec un liant s’apparentant à un ciment composé au laitier et au filler calcaire de type CEM II/B-M, dont les dosages en ciment sont compris entre 390 et 465 kg/m3 et les rapports pondéraux Eau efficace/Ciment inférieur à 0.45,
  • enfin, dans tous les cas, la microstructure du béton est globalement compacte, ce qui est cohérent avec les résultats précédents, et les hydrates qui la composent sont classiques. Pour un des trois échantillons étudiés, il y a lieu de noter la présence localisée d’ettringite massive associée à quelques microfissures. Néanmoins, aucune pathologie physico-chimique affectant l’ensemble des échantillons n’a été mise en évidence.

  • Les compositions des bétons des différentes éprouvettes montrent des dosages en ciment plutôt élevés et des rapports Eff / Liant Equivalent corrects.
  • En tout état de cause, il ne semble pas y avoir d’anomalies dans la formulation des bétons, susceptibles d’être clairement à l’origine de
    la fissuration constatée sur site.

 

 

Conclusions
A partir de ces résultats, les hypothèses suivantes relatives à la fissuration du réservoir, ont été retenues :
- retrait endogène du béton dû à dosage en ciment élevé, ainsi qu’à un rapport eau/ciment également relativement élevé
- retrait de dessication par absence de cure, pour preuve, la partie abritée à l’ombre du talus est moins affectée
- ferraillage non conforme aux plans d'exécution.



3.3 // Caractérisation des matériaux d’un parking d’appontages d’avions

Un mortier de protection anti abrasion mis en œuvre sur un support béton, constitutif de parkings d'appontages d'avions d’un aéroport, est marqué par la présence de fissures et de décollements, qui ont commencé à apparaître quelques temps après sa mise en œuvre.

Cette fissuration pouvant provenir d’un désordre du support, comme d’un défaut de mise en oeuvre du mortier, voire d’un phénomène localisé à l’interface des deux matériaux, le programme d’investigation arrêté avec l’Expert se propose donc de caractériser les matériaux et leur interface :

 

 

 

  1. gâchage d'un échantillon témoin conformément aux recommandations de la fiche technique du produit et des données fournies par le fabricant ;

  2. examens microscopiques des échantillons prélevés et évaluation des rapports Eau/Ciment ; 
    -    observation des matériaux en place et du mortier témoin, au microscope électronique à balayage couplé à l'analyse qualitative élémentaire par spectrométrie X à dispersion d'énergie, et examen particulier de l'interface de décollement ;

  3. examen de la microfissuration du mortier en œuvre sur une plaque polie de béton.

 

Les figures qui suivent rendent compte de quelques-unes des observations menées sur le béton et le mortier :

Photographie à la loupe binoculaire
Aspect général du matériau
1 : béton ; 2 : mortier
3 : alvéoles

Microscopie optique en lumière réfléchie. Lumière naturelle
Détail de la matrice du mortier
1 : grains de clinker ; 2 : amas de fumée de silice ;
3 : grain de sable

Microscopie électronique à balayage. Echantillon.
Détail de la matrice du béton au voisinage d’une microfissure
1 : portlandite ; 2 : amas ettringitiques

Microscopie électronique à balayage. Echantillon.
Aspect détaillé de sous face du mortier
1 : C-S-H ; 2 : cristaux de carbonate de calcium

 

Conclusions des observations

  • Le support béton :
    le support béton des échantillons étudiés est constitué d'un ciment Portland au laitier (ou d'un ciment de haut fourneau, en fonction de la proportion des grains de laitier présents) ainsi que d'une charge granulaire silico-calcique majoritairement siliceuse. La matrice de ce béton, microporeuse, est marquée par quelques microfissures dont le faciès ne met pas en évidence de lien avec celles observées dans le mortier de protection. Ce béton englobe également quelques cristaux d'ettringite massive à caractère expansif, associés à des microfissures ainsi que de l'ettringite aciculaire, non expansive en l'état mais en proportion non négligeable. Au droit de la surface du béton, dans une zone où une rupture d'adhérence avec le mortier superficiel est avérée, des néoformations de carbonate de calcium sont présentes et pourraient être significatives de phénomènes de dissolution recristallisation à cette interface (passage d'eau).
    Par ailleurs, il n'a pas été mis en évidence de primaire organique à cette interface ;
  • Le mortier de protection :
    le mortier de protection, dont l'épaisseur est comprise entre environ 6 et 20 mm, est constitué d'une charge sableuse silico-calcique et d'un ciment de type CEM I, englobant une faible proportion de fumées de silice se présentant localement sous forme d'amas. Des fibres polymériques y sont également observées. Ce mortier est marqué par la présence de microfissures et d'une microstructure alvéolaire. Il n'a pas été observé d'ettringite massive et à caractère expansif dans ce mortier. Néanmoins, ce dernier englobe des amas géliformes craquelés de composition silico-alcaline, probablement en relation avec la présence des amas de fumées de silice.
  • Le mortier témoin :
    l'échantillon témoin, gâché au laboratoire, présente également une microstructure microporeuse.
    D'un point de vue quantitatif, sa teneur massique en ciment est similaire à celle de l'échantillon prélevé in situ, qui répond ainsi également aux caractéristiques fournies par le fabricant en termes de dosage en ciment. Par contre, la teneur en eau liée aux hydrates de la pâte cimentaire de ce témoin apparaît plus faible. Ce constat montre que la proportion d'eau de gâchage du mortier mis en œuvre sur site a été sensiblement plus élevée que celle mise en œuvre en laboratoire pour le mortier témoin.

 


Conclusion générale sur la cause du désordre :
Les microfissures affectant le mortier de protection sont principalement en relation avec un phénomène de retrait. Le dosage en liant élevé ainsi que la proportion d’eau de gâchage, apparemment supérieure à celle préconisée par le fabricant, ont conduit à ce phénomène.
Il est également possible que les amas géliformes craquelés (fumée de silice hydratée) ont pu contribuer localement à la formation de microfissures.

 

 

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Portrait : Dominique Rossini,
chimiste, responsable du laboratoire microstructure et chimie du LERM


drlerm

Dominique, quelle est ta fonction au sein du LERM ?
"J’ai deux casquettes au sein du laboratoire : je suis responsable du laboratoire microstructure et chimie et, à ce titre, adjoint du directeur des laboratoires. J’ai également une casquette ingénierie sous laquelle je conduis des études. Ce sont deux pratiques très différentes. Dans la première, je suis au sein d’un collectif dont la mission est de répondre aux besoins de l’ingénierie ; dans la seconde, je suis plutôt dans une pratique individuelle d’étude en vue de répondre à une commande ponctuelle".

Tu concilies bien les deux ?
"Oui ! Cependant la responsabilité du laboratoire microstructure et chimie tend à me prendre de plus en plus de temps, ce qui est normal, compte tenu du développement des activités du LERM".

Comment devient-on chimiste ?
"Pour moi, il s’agit à peine d’un choix… à cinq ans je voulais être chimiste, ou cuisinier. Je fais et j’aime toujours faire la cuisine et je suis chimiste. J’ai simplement suivi ma voie. C’est une grande chance !"

Comment peut-on vouloir devenir chimiste à un âge où la majorité des enfants ne savent pas que la chimie existe ?
"Ils ne savent peut-être pas que la chimie existe… mais ils se posent des tas de questions de chimie : tu ne te demandais pas, tout petit, pourquoi l’eau est liquide, pourquoi les pierres sont solides, pourquoi l’essence brûle. Le fait que nous fassions tous les jours l’expérience que le monde est matériel fait de nous tous des chimistes potentiels. On devient chimiste, sans doute quand on a le goût de décortiquer, soupeser, mélanger et comprendre des phénomènes qu’on ne voit pas (ça c’est passionnant !) mais qui font le monde tel qu’il est".

Alors des études de chimie ?...
"Oui, bien sûr, des études de chimie. Enfin… une scolarité un peu banale, parfois poussive, jusqu’au lycée où je prends une option chimie. Et là, c’est le bonheur. Le bonheur d’aller tous les jours apprendre quelque chose, de se poser des questions, de faire des TP, de mettre en rapport des concepts, de discuter avec les profs… Quand tu prends un tel plaisir à ton travail, il n’y a plus à proprement parler de mérite scolaire. Cette chance que j’ai eue, il faudrait la souhaiter pour tous les élèves, mais comment faire pour que chacun trouve sa voie à soi ?"

Et après le bac ?
"Après le bac ? Encore de la chimie ! J’entre dans un IUT de chimie, puis à l’université où je passe une licence puis une maîtrise de chimie moléculaire, de l’organique pur jus. Pour élargir un peu mon horizon et satisfaire ma curiosité, je choisis ensuite un DESS de formulation chimique au cours duquel je retrouve l’appétit du lycée pour des tas de domaines très différents les uns des autres".

Quand tu entres au LERM en tant que chimiste, ce qui t’y attend correspond-il à ce qu’un passionné de chimie pouvait espérer ?
"Le chimiste est aussi un être humain… En arrivant au LERM, j’apprécie que la mentalité de l’entreprise corresponde à ce que je pouvais en attendre : on y avait et on y a encore une liberté certaine de conception de son poste qui permet à chacun d’être qui il est et donc de ne pas laisser trop de ses capacités personnelles au placard. Cette part de marge est appréciable pour chacun : pour l’employé et pour l’entreprise.
En tant que chimiste, j’arrive au royaume de la chimie minérale… Cela me demande une adaptation qui vient vite. Mais mon passé est aussi un atout, dans la mesure où j’apporte au LERM une touche d’organique qui nous permet d’élargir nos études aux mortiers mixtes, aux résines, etc…".

Quel est ton parcours au sein du LERM ?
"D’abord, je me consacre à la mise au point de méthodes et de modes opératoires en chimie. J’effectue des essais et, progressivement, je prends en charge des études.
Ensuite, je deviens responsable du labo de chimie, puis de la fusion de la chimie et de la microstructure, fusion décidée à la fois pour des raisons organisationnelles et pour l’intérêt d’une symbiose technique entre observation de la structure et détermination de ses quantifications chimiques".

Parles-nous de ta responsabilité du laboratoire microstructure et chimie…
"Il s’agit d’une part croissante de mon activité qui est intéressante dans la mesure où elle demande une vision à long terme. Je me sens bien dans ce rôle dans la mesure où j’ai du goût pour la conduite des choses et que c’est dans le collectif que je donne plutôt ma mesure ; c’est vrai en musique aussi.
Manager l’équipe, c’est la faire vivre au quotidien, mais c’est également coordonner plusieurs plans pour maintenir une bonne qualité de prestation : maintenir, transmettre et faire évoluer les connaissances scientifiques et techniques, investir dans le matériel, améliorer tout ce qui peut concourir à la fluidité de la production… Le LERM a beaucoup évolué depuis mon arrivée en 1997 : nous sommes passés de 23 copains compétents à plus de 70 professionnels ; cette professionnalisation des procédures au sein de l’entreprise a été un enjeu majeur".

Y-a-t-il, pour toi, une vie après le LERM ?
"Il y en a plusieurs !
Pour rester dans notre domaine, je suis actuellement une formation bien intéressante en expertise judiciaire. J’y retrouve une déontologie familière à notre laboratoire : faire parler la science pour éclairer une situation.
Sinon, je viens d’avoir une petite fille…Tu comprends vite que c’est tout une vie de parent qui s’ouvre à toi…"

Tu as évoqué la musique, tout à l’heure…
"C’est vrai, comme mélomane ou comme musicien, la musique m’est indispensable".

Quel genre ?
"Le rock, le Heavy Métal  !… Comme la chimie, depuis aussi loin que mes souvenirs remontent. Cadet-Roussel, cela n'a jamais été pour moi. Non, à 4 ans j’écoutais le rock anglo-saxon : Elvis Presley, les Beatles, les Stones, Hendrix. Les pochettes des Stones inquiétaient bien un peu ma mère !
Dans la pratique musicale, c’est la dynamique du groupe qui m’intéresse ; c’est elle, quand elle se produit, qui permet de dépasser un peu nos limites techniques et non plus de faire, mais d’être dans la musique".

Note de la rédaction
Dominique Rossini est leader du groupe métal Stereoxyde. Leur troisième album « Daemonii Sapiens » qui vient de sortir sous le label Brennus est disponible chez tous les bons disquaires.

 

 

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Nous tenons à remercier les personnes suivantes pour leur participation à la construction de cette LERM INFOS n°21 :

- François Pinchon, Ingénieur ESTP, Président d’Honneur de la Compagnie des Experts Agréés par la Cour de Cassation Française.
- Bernard Bart,
architecte, Expert agréé par la Cour de Cassation.
- Robert Giraud, Ingénieur, Expert près la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.
- Dominique Rossini, Ingénieur d'études et Responsable de la section Microstructure - Chimie au LERM

La prochaine LERM INFOS paraîtra à l'automne 2011. Une fois de plus chères lectrices, chers lecteurs, merci de votre fidélité.

 

ACTUALITES

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// " ExpertS EN LA MATIERE " - Journée technique portes ouvertes dédiées à l'Expert et l'expertise.
Vendredi 30 septembre 2011 - Laboratoires du LERM - Arles (13)

En tant que laboratoire indépendant, nos analyses rendent incontestables vos conclusions car la preuve se trouve dans la matière. Le Vendredi 30 septembre prochain, le LERM vous ouvre les portes de ses installations d’Arles. Programme :

10h00 : accueil et café au salon panoramique

10h30-12h30 : Départ du Parcours « Contrôle sur site d’une structure »
Ateliers : démonstration pratique des essais non-destructifs
- radar géophysique
- vidéo-endoscope
- pachomètre
- vitesse du son
- capacimétrie
- potentiel d’électrodes et vitesse de corrosion
- sclérométrie
- essais d’adhérence

 

12h30-14h00 : Déjeuner dans les jardins du Lerm.

 

14h-16h00 : Départ du Parcours « Laboratoire »
Ateliers : cas pratiques en laboratoires

- le MEB (microscope électronique à balayage)
- la Diffraction des Rayons X
- analyse d’image sous microscopie optique
- le circuit des analyses chimiques
- les caracérisations physiques de matériaux (bétons, pierres, granulats,  ciments…).

Pour vous inscrire, contactez-nous dès aujourd’hui au 04.90.18.30.30 ou Experts@lerm.fr

Au plaisir de vous retrouver à Arles, prochainement.



Visiter le site du Lerm: http://www.lerm.fr

 


 

// Les Actes du Forum international TECHA 2010 sont disponibles.

Les actes du colloque international TECHA 2010, intitulé "L’Innovation au service de Patrimoine" qui se déroulait du 20 au 23 septembre dernier à Arles sont disponibles.

Ce document fait la synthèse des conférences, ateliers, salons et rencontres orgnaisés à l'automne dernier. Il est disponible sur simple demande au Pôle Industries culturelles et Patrimoines.

Adressez votre demande à : contact@industries-culturelles-patrimoines.fr
Consultez le site internet du Pôle : http://www.industries-culturelles-patrimoines.fr/

 


 

// Archeomed, centre de conservation, restauration et valorisation du Patrimoine
- Consultez les résultats de l'étude de faisabilité -

La Région Provence Alpes Côte d’Azur, et, plus globalement, la Méditerranée et tous les territoires la bordant, possèdent une très grande richesse patrimoniale et accueillent nombre d’équipes scientifiques spécialisées et d’infrastructures muséales remarquables.

Or, il n’existe pas, sur le pourtour méditerranéen, de site d’importance consacré à la restauration et à la conservation de ces patrimoines.

Le Pôle Industries Culturelles & Patrimoines a lancé une étude d’opportunité et de faisabilité technique et financière relative à la création d’un Pôle dédié aux métiers de la conservation, restauration et valorisation du patrimoine sur le site de la friche industrielle LUSTUCRU à Arles, le projet ARCHEOMED.

Cette étude a été co-financée par le l’Etat, le Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, les Fonds Européens FEDER, la Communauté d’Agglomération Arles Crau Camargue Montagnette et la CCI du pays d’Arles, en partenariat avec la mairie d‘Arles.

Téléchargez le document de présentation des résultats de l'étude

Consultez la feuille de présence lors de cette présentation


L’équipe du Pôle est à votre disposition pour tout complément d’information.

 


 

// Archeomed - Le Prides Industries culturelles et patrimoines (ICP) envisage de transformer la halle Eiffel de l'ancien site Lustucru en un hôtel d'entreprises.

Le Prides (Pôle régional d'innovation et de développement économique solidaire) Industries culturelles et patrimoines, labellisé grappes d'entreprises en mai2010, vient de présenter l'étude
de faisabilité d'Archeomed, un centre de conservation, restauration et valorisation du patrimoine
qui pourrait ainsi se tenir à Arles, au sein de l'ancien site Lustucru, actuellement en friche.
Cette étude a été menée de mars à novembre2010 par la société Marc Normand Conseil.

«Le pôle travaille actuellement sur deux projets structurants, l'un porte sur une innovation liée à l'emploi et Archeomed constitue le second. L'idée est de regrouper sur un même site différentes entreprises intervenant dans la conservation du patrimoine», explique en préambule Gilles Martinet, président du Prides.

Pour en savoir plus, cliquez ici

Source : le Journal des Entreprises


// Valorisation pédagogique des métiers du patrimoine - rentrée scolaire 2011
Pôle Industries Culturelles et Patrimoines.

Suite à une première édition en 2010, le Pôle relance pour la rentrée scolaire 2011 l’opération de valorisation pédagogique des métiers du patrimoine et de la culture.

Cette opération a pour vocation :

  • de renforcer les liens entre Culture, Formation scolaire et Métiers liés à toutes les activités de valorisation des patrimoines et des cultures,
  • d'associer des acteurs économiques et des intervenants artistiques dans la réalisation de projets pédagogiques et artistiques,
  • de permettre la transmission de la richesse et de la diversité des parcours des dirigeants d’entreprises, des responsables de structures à un public scolaire.

En 2010, 8 structures participent à cette première édition :
A-Corros expertise – Okhra – Arkheïa - Atelier Cédric Lelièvre – LERM - Ame de Laine et de Soie - Acta Vista - Musée Départemental Arles Antique.


Consultez les visuels relatifs aux différentes phases du projet 2010/2011: visuels

 


AGENDA

 

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concrack

// ConCrack - 20-22 Juin, Paris.
- Benchmark international sur le control de la fissuration des structures en béton armé.

Du 20 au 22 juin prochain, ConCrack (Control of Cracking) dévoilera les résultats d'atleriers et d'observations
sur le comportement des fissures et du retrait affectant les ouvrages spéciaux du génie civil en béton armé.

"ConCrack" fait partie du projet national CEOS : "Comportement et Evaluation des Ouvrages Spéciaux fissuration retrait" . L’objectif général du projet est de faire progresser de façon significative les outils et les pratiques d’ingénierie en matière d’estimation et de prédiction de l’état d’endommagement lié à la fissuration des éléments de structures en béton armé ou précontraint en fonction des actions auxquelles ils sont soumis.

Lors de ces rencontres techniques situées sur Paris, vous retrouverez les Experts et ingénieurs spécialisés du LERM.


Cliquez ici pour en savoir plus sur l'événement (infos pratiques)
le site du CEOS.fr

 


// Exposition : les coulisses de la restauration de l'Eglise Saint-Sulpice.
jusqu'au 3 Juillet 2011 - Musée Carnavalet - PARIS.

Depuis 10 ans, l'église Saint-Sulpice, située dans le 6e arrondissement de Paris, a fait l'objet d'importantes restaurations. Cette exposition propose de retracer et mettre en valeur cette importante campagne entreprise sur la tour Nord dont les études préalables furent réalisées par le LERM.

La description du chantier permet au visiteur d’appréhender les problématiques liées à la restauration des monuments historiques.

Une iconographie très riche montre la dimension colossale de ce projet : l’intervention des différents corps de métiers et les aspects techniques et scientifiques du chantier.

Les collections du musée sont également mises à l’honneur, notamment avec la grande maquette de l’église Saint-Sulpice, restaurée à cette occasion, qui fait l’objet d’une présentation spécifique.


Dates et lieux. Jusqu'au dimanche 3 juillet 2011.
Métro Saint-Paul, à 3 min à pied de la station.
Fermé : Lundi de Pentecôte et Ascension

Cliquez ici pour en savoir plus sur l'exposition
Le diagnostic du LERM sur la tour nord de l'Eglise Saint-Sulpice

 

// Jardins de Pierre - 22-24 Juin, Paris.
- Conférence internationale
sur la Conservation de la pierre dans les parcs, jardins et cimetières

Le congrès international, organisé par le Comité international Pierre de l’ICOMOS (ICOMOS-ISCS) et la
Section française de l’institut international de conservation (SFIIC), dans le cadre de ses 14es journées d’étude, se tiendra à Paris (Institut National du Patrimoine, INP) les 22-24 juin 2011.

Les conférences auront lieu à l’INP les 22 et 23 juin. Le samedi 24 juin, des excursions sont prévues (en option) : notamment, parc de Versailles, cimetières parisiens (sous réserve de confirmation ultérieure).

Vous pourrez également retrouvez les Experts du département "Patrimoine" du LERM, durant cette espace temps de valorisation des pierres dans les jardins.

Pour en savoir plus sur "Jardins de Pierre", cliquez ici pour téléchargher le document (.pdf)

 

 

// PROJECTION-DEBAT- 29 Juin 2011, Arles.

Le CAUE 13 fait son cinéma, le 29 juin, avec la projection du film de Raphaële Goulet,
"Lucha libre. Le logement à faible budget est un sport de combat".

Au Mexique, à Mexico, Tuxla Gutierez et Tijuana, des villes en série sont nées de l’abandon de la politique du logement au profit des promoteurs privés en position de monopole absolu. Dénuées du moindre espace public, éloignées des lieux de travail, ces cités dortoirs accumulent ravages sociaux et environnementaux.

Face au surendettement inévitable des familles, et à la médiocrité de la réponse à la poussée démographique, des architectes apportent aux habitants un savoir et des améliorations qui redonnent un sens à leur rôle social.

Projection-débat, mercredi 29 juin à 18h30.
Espace Van Gogh, grand amphithéâtre
Place Dr Félix Rey 13200 ARLES

Renseignements et inscriptions :
CAUE des Bouches-du-Rhône
Tél. 04 96 11 27 69
resaq@caue13.fr

 

// Campus euroméditerranéen "Préservation du patrimoine culturel face aux risques naturels"
- du 4 au 22 Juillet 2011, Arles (13).

Le Pôle Industries Culturelles & Patrimoines, le Centre Méditerranéen pour l'Environnement,  l'Alliance de Villes Européennes de Culture et la Ville d'Arles ont le plaisir de vous inviter à participer au :
CAMPUS EUROMEDITERRANEEN - PRESERVATION DU PATRIMOINE CULTUREL FACE AUX RISQUES NATURELS.

Les campus sont des ateliers pluridisciplinaires et internationaux au service d’un territoire, impliquant une dizaine d’étudiants ou de jeunes professionnels d’Europe et des pays méditerranéens.
Le campus d’Arles sera l’occasion d’élaborer, pour la ville d’Arles, un plan de sauvegarde des biens culturels destiné à les préserver en cas de risques naturels (inondation, séisme, etc).

Partenaires : Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transport et du Logement, Ville d’Arles, Alliance de Villes Européennes de Culture (AVEC), Symadrem, CPIE Rhône Pays d’Arles, Institut de Prévention et de Gestion des Risques Urbains (IPGR), (Union Internationales des Associations et organismes techniques (UATI), Pôle Industries Culturelles & Patrimoines.

Compétences recherchées : risques naturels, patrimoine, géographie, histoire, archéologie.

Pour plus d'information : http://www.cme-cpie84.org
Consultez le site du Pôle Industries Culturelles et Patrimoines

 
Contact : M. Jean-Marc DECOMBE
Responsable du Pôle Risques Naturels
Centre Méditerranéen de l'Environnement
tél:+33 (0)4 90 27 08 61
Mail: risques@cme-cpie84.org

 

 

// Colloque "DROIT et CONSTRUCTION" - GRECA 2011 - 23 septembre 2011, Aix-en-Provence (13).
- Groupement des Experts près la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence.

L'édition 2011 du Colloque "DROIT et CONSTRUCTION", organisé par le GRECA
(Groupement des Experts près la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence)
se tienra le vendredi 23 septembre prochain, dans la salle de l'Amphithéâtre CEZANNE du Centre des Congrès d'Aix, 14 Boulevard Carnot à Aix-en-Provence.

De nombreux thèmes seront abordés, parmi lesquels :

- La responsabilité du maître d'oeuvre en phase travaux et réception
- L'assurance Domages ouvrage avant la réception
- La réglementation RT 2012

Contactez le GRECA pour en savoir plus sur l'édition 2011 du colloque.

Contacter le GRECA
Consultez le site internet du GRECA

 

 

// Festival "Les Suds" - 11 au 17 Juillet, Arles.
- Préparez votre été !

Le marronier estival des musiques du monde "Les Suds à Arles" se tiendront du 11 au 17 Juillet prochains, enrichis d'une programmation musicale actuelle et variée. En complément des têtes d'affiches, on appréciera la fraîcheur de nouveaux artistes internationaux aux heures chaudes de l'année.

Réservez dès maintenant vos places sur le site officiel du Festival "Les Suds à Arles"
Le Lerm apporte ses encouragements et son soutient intellectuel au bon déroulement du festival !


Cliquez ici pour télécharger le programme.

 

 

NOS METIERS

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ENVIRONNEMENT

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Merci de votre attention. La prochaine Lettre d'information technique et scientifique "LERM INFOS n°22" paraîtra cet été.

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