Juin 2011 - LERM INFOS - Lettre d'information technique et scientifique sur les matériaux - Parution quadrimestrielle gratuite |
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SOMMAIRE Glossaire :
Entretien avec Bernard Bart, architecte, Expert agréé par la Cour de Cassation. Entretien avec Robert Giraud, Expert près la cour d'Appel d'Aix-en-Provence
Les études d'expertise : Fissuration et caractérisation du béton d'un réservoir à eau. Enquête à l'aéroport: caractérisation des matériaux d'un parking d'appontages d'avions. PORTRAIT : ACTUALITES :
LES AUTRES LERM INFOS : |
EditorialLa notion d’Experts a été associée depuis très longtemps aux spécialistes de leur Art. Pour les choses dont la connoissance dépendent des principes de l’art, ausculter, diagnostiquer, élaborer et mener un programme de recherche sont les activités quotidiennes du laboratoire qu’est le LERM. Il arrive que cette pratique de questionnement du matériau et de sa mise en œuvre s’inscrive dans le cadre d’un sinistre déclaré sur une construction et, par conséquent soumis à une procédure expertale, c’est-à-dire dans un environnement où le jeu des différents acteurs est régi par des règles strictes de procédure juridique. C’est principalement à cet environnement que notre lettre d’information s’intéressera aujourd’hui. Nous illustrerons par un choix d’études quelques problématiques auxquelles le laboratoire a été confronté dans le cadre d’expertises et nous exposerons les méthodes et les moyens qu’il a mis en œuvre pour répondre, autant que possible, aux questions qui lui ont été posées... Bonne lecture…
Bernard QUENEE et Gilles MARTINET - Directeurs Généraux du LERM.
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Accedit Experts Expertise Procédure contradictoire, contradiction
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LERM : "Pouvez-vous nous dire ce qu’est un Expert judiciaire" ?
B.B : "Je crois qu’il faut commencer par bien distinguer l’Expert d’assurance, que nous connaissons tous, plus ou moins, de l’Expert judiciaire. Le premier travaille pour une compagnie, le second est, au fond, les yeux du juge sur une question technique lors d’une procédure judiciaire.
Etre Expert n’est pas une profession ; c’est une fonction que l’Expert assume le temps que dure sa mission d’expertise. Il est d’ailleurs souhaitable que l’Expert, même s’il est rémunéré dans le cadre de sa mission, ne soit pas un professionnel de l’expertise…
car un tel professionnel ne serait bientôt plus un Expert !
En effet, l’Expert est un professionnel reconnu compétent dans son domaine.
C'est-à-dire qu’il possède la formation, les diplômes, les connaissances académiques nécessaire à l’exercice de sa profession.
Il a, de plus, une bonne expérience de son domaine et de sa pratique. C’est ce bagage qui fait de lui un Expert. S’il quitte sa profession,
s’il cesse d’exercer son métier, il ne sera bientôt plus au fait de son art et n’évoluera plus que sur l’ère d’une compétence acquise et
non mise à jour.
Comprenons bien que ce n’est pas parce que je suis Expert que je suis plus compétent que mes collègues architectes.
Simplement, mon bagage et mon expérience me permettent d’éclairer un magistrat sur les raisons d’un conflit. Ce qui distingue
l’Expert, c’est qu’il est engagé, sur sollicitation d’un juge dans une procédure expertale. Hors cette mission, il est un bon professionnel parmi beaucoup d’autres bons professionnels".
Comment devient-on Expert judiciaire ?
"Pour différentes raisons, comme celle d’avoir le désir de mettre ses compétences techniques et professionnelles à la disposition de la justice, si l’on souhaite devenir Expert judiciaire, il faut faire acte de candidature auprès de la Cour d’Appel de son lieu de pratique dans l’une des très nombreuses spécialités dont la justice peut avoir besoin pour éclairer le volet technique de telle ou telle affaire.
Vous devez joindre à votre candidature la justification de cours de formation à l’expertise judiciaire. Il s’agit là d’une initiation à la procédure, au droit, au vocabulaire de la justice.
Votre demande est analysée ; si elle est agréée, vous figurez alors sur la liste des Experts de la Cour d’Appel dont vous dépendez. Cette liste est diffusée auprès des juges, qui y puiseront en fonction des affaires qu’ils auront à traiter.
Comment l’Expert est-il nommé sur une affaire ?
La règle est que l’Expert ne connaît pas le juge. Il reçoit une notification du juge qui le sollicite pour une expertise. En fonction de l’évaluation de sa compétence pour mener l’expertise, de son impartialité, de sa disponibilité, l’Expert répond au juge et accepte sa mission…".
Vous parlez de mission…
"Oui c’est exactement de ce dont il s’agit : l’Expert reçoit du juge une mission très précise, un délai pour la conduite de l’expertise, un ordre de versement de consignation pour couvrir ses frais. Une première phase de l’expertise permet ensuite de réévaluer l’ensemble de l’ordre de mission.
Dans le cadre de sa mission, quand l’Expert fait-il appel à un laboratoire, comme technicien, ou comme sapiteur ?
Prenons un exemple : vous allez chez votre médecin généraliste pour un problème. Pour porter son diagnostic, celui-ci a besoin de vous faire faire une prise de sang. Il vous fait une ordonnance pour aller au laboratoire.
L’Expert recourt de la même manière aux services d’un laboratoire comme le vôtre : un béton armé présente des désordres… Vous avez besoin de connaître la position des aciers, la résistance du béton, son dosage. L’assistance technique du laboratoire fournit, sous forme de résultats d’analyses et d’essais, les éléments nécessaires à la formulation de l’avis de l’Expert".
Pouvez-vos nous dire deux mots du principe de contradiction ?"
"Ce principe est à la base de toute procédure judiciaire. On ne doit rien faire qui ne soit au contradictoire de l’ensemble des parties. Cela signifie que vous devez diffuser l’ensemble des informations à l’ensemble des parties. Ainsi vous devez les informer de la nécessité de faire intervenir un laboratoire et des raisons de cette nécessité ; vous devez informer sur le calendrier des opérations, sur l’identité du labo, sur ses résultats, etc… Ce principe de contradiction est à la base d’une procédure équitable.
La meilleure expertise scientifique ou technique, si elle manque au contradictoire
peut être considérée comme nulle".

Dans les précédents entretiens de cette lettre d’information, nous avons vu ce qu’est un Expert et quand il fait appel à un laboratoire. Nous souhaitons, avec vous, voir comment l’Expert rédige son rapport et le rôle qu’y jouent les résultats du laboratoire… Mais peut-être convient-il de revenir, un peu en amont, à la définition du programme d’investigation ?
"Avant même de contacter un laboratoire, l’Expert, lors d’une réunion d’expertise, est tenu d’informer les parties de sa première approche de l’affaire et des moyens d’investigations qu’il propose de en œuvre. Cette réunion est l’occasion d’un débat qui permet à chaque partie de donner son avis. S’il envisage de recourir à un laboratoire pour conduire des essais ou des analyses qu’il ne peut mener lui-même, l’Expert en informe les parties.
Le corps de la mission du laboratoire lui est fourni par l’Expert sous la forme de ce qu’on pourrait appeler un cahier des charges. Naturellement cet ordre de mission n’exclut nullement un échange entre l’Expert et le laboratoire pour compléter ou moduler la batterie d’analyses. Si cet échange devait modifier le programme de façon sensible, l’Expert en informerait chacune des parties.
A l’issue de ces discussions techniques, le laboratoire chiffre sa prestation. Le devis est diffusé aux parties qui, d’ailleurs peuvent demander la mise en concurrence du laboratoire, à moins que l’Expert pour une raison précise, comme la maîtrise d’un mode opératoire particulier par exemple, souhaite que les analyses soient menées par ce laboratoire en particulier".
Le laboratoire peut donc se mettre au travail ?
"Pas encore, ce serait imprudent ! L’Expert doit, au préalable demander au juge une ordonnance de consignation complémentaire qui permette de financer les travaux du laboratoire. C’est seulement quand cette consignation est provisionnée par la ou les parties désignées que l’Expert peut passer commande au laboratoire car c’est lui même, qui le paiera. L’Expert doit alors informer les parties de la date des prélèvements in situ et même des dates des analyses, car théoriquement, par respect de la procédure contradictoire, chaque partie peut assister à l’ensemble des opérations".
Après conduite des essais et analyses, le laboratoire remet donc à l’Expert ses résultats ?
"Oui… Il convient de noter que ces résultats sont bruts. Ils doivent être factuels et sans conclusions. C’est en effet à l’Expert d’analyser les données qui lui sont fournies, de les commenter et de les synthétiser en un avis. Cela bien sûr n’interdit nullement les échanges entre le laboratoire et l’Expert.
A la livraison des résultats du laboratoire, l’Expert provoque en général une réunion technique à laquelle peut participer le laboratoire. Cette réunion est l’occasion d’un débat contradictoire sur l’étude menée. Les questions des parties ne portent pas tellement sur l’avis, qui n’est d’ailleurs pas encore clairement formulé, mais sur les techniques opératoires employées, les incertitudes sur les mesures, les tolérances, etc…et sur les premiers enseignements tirés".
C’est maintenant à l’Expert de rédiger son rapport…
"C’est exact. Et cela se fait en plusieurs temps.
Les résultats du laboratoire appartiennent aux nombreuses informations que l’Expert a rassemblées à sa disposition : ses examens propres, l’historique de l’ouvrage, de sa construction, de sa maintenance, de ses réparations, son environnement, etc… l’opinion que se fait l’Expert à partir de l’analyse de l’ensemble de ces éléments est décrite dans un document dit pré-conclusions. Ce document fait l’objet d’un débat contradictoire. L’une des parties peut souhaiter approfondir ou préciser encore tel ou tel point et demander un complément d’analyse.
L’Expert doit alors retourner vers le juge pour demander une nouvelle consignation complémentaire, qui sera alors, en principe, versée par le demandeur.
Avant diffusion des pré conclusions, une réunion de synthèse peut avoir lieu. A l’issue de cette réunion ou après les pré conclusions et dans le délai accordé par l’Expert, celui-ci prend connaissance des arguments des parties rédigées sous forme de dires à l’Expert et il y répond dans son rapport dans ce qu’on appelle les réponses aux dires.
Il peut arriver que l’opinion de l’Expert soit modifiée par l’argumentation de l’une des parties.
S’il révise ses conclusions provisoires, il doit alors proposer de nouvelles pré-conclusions qui vont faire, une fois encore, l’objet d’un débat.
Je profite de ce moment pour souligner deux points essentiels de la procédure civile que sont le respect du contradictoire et
le fait que
le procès est “la chose” des parties. Il peut ainsi arriver qu’à un moment de la procédure, les parties se mettent d’accord,
sur une conclusion, dans ce cas, l’Expert constate la conciliation, en informe le juge et arrête ses opérations. La mission de l’Expert s’éteint alors automatiquement.
Mais revenons au déroulé de notre procédure : après le débat sur les pré-conclusions et la prise d’acte des différents dires, l’Expert rédige son rapport. Dès qu’il le remet au juge, l’Expert est dessaisi de sa mission".

Peut-il arriver que le juge entende directement le laboratoire ?
"Non… Le débat technique a lieu devant l’Expert et non devant le juge. Dans la majorité des cas, le juge suit l’avis de l’Expert. Dans le cas où il ne le suit pas, c’est qu’il a été troublé par l’argumentation de l’une des parties. Il peut alors ordonner une contre-expertise, qui relance la procédure, ce qui est coûteux en temps et en argent. Ce cas de figure est rare, il est, le plus couramment prévenu par la bonne conduite du débat technique tout au long de l’expertise.
Il est rare, que des techniciens de bonne foi dans le cadre d’une expertise bien menée où chacun a pu exprimer son point de vue, ne tombent finalement pas d’accord sur les questions d’ordre purement techniques. C’est tout l’intérêt de l’expertise que de mener à la manifestation de cette “vérité” et d’y conduire par un processus contradictoire qui, non seulement assure la transparence, mais également l’efficacité de la procédure".
Nota : la procédure grossièrement décrite ci dessus doit en fait suivre rigoureusement le Code de Procédure Civile et notamment les articles 232 à 248.
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3.1 // Identification d’une pierre présentant des tâches à la surface du parement
et compréhension de l’origine de ces tâches.
Question soumise au laboratoire par l’Expert :
Des tâches présentes à la surface d’une pierre mise en revêtement de surface scellé ont entraîné le refus de réception du chantier par
le maître d’ouvrage. A la demande de l’Expert en charge de l’expertise judiciare, le LERM est chargé d’une étude dont l’objectif est de caractériser ces tâches.
Plusieurs questions se posent ; la recherche des réponses détermine le programme d’investigation que suivra
le laboratoire :
La pierre fournie est-elle bien la pierre demandée ? Si oui, quelle est la nature de ces tâches ? S’agit-il de tâches accidentelles ?
Est-il possible que ces tâches soient constitutives du matériau lui-même ?
Le programme d’investigation :
La caractérisation de la pierre, l’examen de ses défauts et la compréhension de leur origine ont nécessité la mise en œuvre de nombreux outils du laboratoire :
- l’examen au microscope optique en lumière réfléchie sur coupe polie taillée perpendiculairement à la surface de la pierre tachée (ci-dessous),
- l’examen complémentaire à la loupe binoculaire numérique,
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l’analyse qualitative par diffraction des rayons X d'un prélèvement en surface, au droit d'une zone visiblement tachée,
l’observation de la surface de la pierre au microscope électronique à balayage couplé à l'analyse qualitative élémentaire par spectrométrie X à dispersion d'énergie.
Les conclusions alors possibles sur la nature et l’origine de la pierre, ainsi que sur la nature de ses tâches doivent être recoupées par son examen lithologique et son analyse minéralogique et pétrographique au microscope optique; elles doivent, de plus, être confirmées par la mesure de la masse volumique apparente et de la porosité ouverte.
Les conclusions du laboratoire
La caractérisation minéralogique et microstructurale des échantillons de la pierre
mise en oeuvre ont montré que celle-ci correspondait bien aux caractéristiques
de la pierre qui devait être fournie. Cette conclusion a été recoupée par la détermination des caractéristiques physiques de la pierre que sont la masse volumique apparente et la porosité ouverte moyenne qui, selon la norme NF EN 1936, sont des essais d’identité du matériau : leurs valeurs sont conformes aux caractéristiques de ce type de pierres.
L’examen au microscope optique de la roche a montré que cette pierre calcaire était marquée par la présence de filonnets, parfois ramifiés, enrichis en oxydes
de fer ainsi qu’en grains argileux ou siliceux qui recoupaient la surface de la pierre en plusieurs points.
L’étude particulière des zones considérées comme défectueuses n’a pas mis
en évidence la présence de grains de clinker ou de ciment qui auraient pu être à l’origine des tâches.
Les échantillons ont cependant révélé des cristallisations de sulfate de calcium, identifiées, d’un point de vue minéralogique comme étant du gypse. Par ailleurs, les surfaces des échantillons proposés à l’analyse sont toutes marquées par un faciès microporeux caractéristique de ce minéral.
En conclusion générale à cette étude, il est apparu que les tâches observées à la surface des dalles de pierre étaient liées aux caractéristiques intrinsèques de cette pierre (filonnets riches en argiles et oxydes de fer, faciès microporeux et présence localisée de cristallisations de gypse, dont l'origine est probablement allochtone).
Compte tenu de cette conclusion, le laboratoire précise qu’il convient de se reporter au chapitre 4.3 de la norme NF B 10-601 - Prescriptions générales d’emploi des pierres naturelles - qui traite des caractéristiques d’aspect de la pierre et des modalités d’accord entre client et fournisseur sur cette caractéristique par le biais d’un accord des parties sur échantillon contractuel.
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Position du sinistre et mission du laboratoire :
Un réservoir d’eau en cours d’achèvement révèle de nombreuses fissures qui entraînent des fuites importantes. Le réservoir est vidé et le chantier est arrêté jusqu’à ce que les causes de la fissuration soient identifiées.
Le problème provient-il de la structure du matériau ou de sa mise en œuvre ?
L’Expert (Membre de l'association "Après BTP") en charge du dossier de l’expertise judiciaire confie une étude au LERM dont l’objectif est de relever la fissuration et de caractériser le béton et son ferraillage.
Investigation sur site
L’investigation in situ consiste à effectuer un examen visuel des désordres, au cours
duquel un relevé détaillé de la fissuration du voile circulaire du réservoir doit être effectué.
Le positionnement du ferraillage est déterminé par radar géophysique, y compris mesures statistiques des épaisseurs d’enrobage.
Enfin, l’étude sur site donne lieu au prélèvement d’échantillons de bétons destinés aux essais en laboratoire.
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Résultats de l’examen visuel et du relevé des désordres
L’examen visuel de la face extérieure du réservoir révèle un phénomène de fissuration
quasi généralisé sur l’ensemble de sa surface. Verticales et horizontales, les fissures présentent des longueurs variant du décimètre à plusieurs mètres et sont d’ouverture millimétrique. Dans de nombreux cas, elles sont associées à des coulures de calcite.
Plus localement, des cloquages, résultant de décollements en peau, sont également visibles le long des fissures et leur étendue peut couvrir de quelques centimètres à plusieurs mètres. Le béton du côté interne du réservoir est également affecté de fissures. Le réservoir ayant été vidé, celles-ci sont refermées et seules les plus larges restent visibles.
Résultats du relevé détaillé du plan de fissuration
Le relevé détaillé de la fissuration a été réalisé sur la face externe du voile circulaire. L’examen des planches révèle clairement que :

Auscultation au radar géophysique
Les zones auscultées au radar géophysique ont été réparties de manière proportionnelle sur l’ensemble de la structure. Au nombre de 6, chaque zone couvre 3 mètres linéaires sur toute la hauteur du réservoir. La totalité a permis de couvrir 30 % de la surface du voile. Les zones de prélèvement d’échantillons par carottage diamanté sous eau ont également été réparties sur la périphérie du réservoir ainsi que sur la hauteur.

Principe sommaire de la méthode du radar géophysique
Cette méthode d’investigation non destructive permet de réaliser une auscultation précise de la plupart des matériaux, à des profondeurs variant du centimètre à plusieurs mètres.
Les mesures sont acquises en déplaçant un transducteur radar (antenne d’émission – réception) selon de nombreux profils répartis sur les surfaces accessibles.
Les ondes électromagnétiques hautes fréquences se propagent dans les matériaux et se réfléchissent à l'interface entre deux milieux physiques distincts qui présentent des caractéristiques (paramètres électromagnétiques) différentes. La mesure des vitesses de propagation des ondes dans les matériaux et l’analyse des échos associés aux interfaces constituent les principes de base de la méthode.
En résumé, les investigations par radar fournissent les coupes – profondeur des matériaux auscultés au droit des profils de mesure réalisés. Ces coupes mettent en évidence la position du ferraillage, des zones hétérogènes, des vides, des structures souterraines.
Les enregistrements (radargrammes) sont obtenus en temps réel. Ils fournissent les « coupes temps » situées au droit de chaque profil et permettent une première interprétation des résultats sur le site même. Les mesures sont enregistrées et sont traitées par ordinateur au bureau.
La figure ci-dessous illustre le principe de la méthode.

Résumé des résultats de l’auscultation radar
Les statistiques d’enrobage ont été réalisées sur plus de 2000 fers. Sur l’ensemble de la surface étudiée, les aciers verticaux sont les plus proches de la surface extérieure. Seuls 16 % des fers horizontaux sont situés à plus de 50 mm.
En revanche, 83% des aciers horizontaux présentent au moins 40 mm d’enrobage.
De manière générale, l’histogramme des fers horizontaux est assez resserré (94 % entre 30 et 55 mm), ce qui indique que cette nappe
est bien parallèle à la surface extérieure. L’histogramme des fers verticaux est plus étalé (96 % entre 15 et 50 mm), cela indique une plus grande disparité dans le positionnement de cette nappe située en surface.
Essais et analyses en laboratoire sur les bétons
Ce programme d’essais vise trois objectifs :
• connaître les caractéristiques mécaniques du béton concerné
• déterminer sa composition chimique et le détail de sa microstructure
• rechercher d’éventuels signes d’altération
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Caractéristiques mécaniques du béton
Les caractéristiques mécaniques du béton ont été déterminées en fonction de deux paramètres : la résistance à la compression, mesurée conformément au mode opératoire de la norme NF EN 12504-1, la résistance à la traction par fendage, mesurée conformément à norme NF EN 12390-6. Résultats :
• Les résistances à la compression corrigées sont globalement homogènes et toutes supérieures à 40 MPa. La moyenne est de 53 MPa avec un écart-type de 7 MPa.
• A titre indicatif, la norme NF EN 206-1 préconise une résistance en compression minimale sur cylindre de 25 MPa pour un béton subissant une alternance d’humidité et de séchage (classe d’exposition XC4) ou exposé à une saturation modérée en eau sans agent de déverglaçage (classe d’exposition XF1)
• Les résistances à la traction varient entre 2,7 et 4,3 MPa, avec une résistance moyenne de 3,8 MPa et un écart type, caractéristique de la dispersion des résultats, de 0,8 MPa.
Composition du béton durci et microstructure
• La détermination de la composition du béton durci se fait au moyen du calcul Minéraux LCPC qui comprend plusieurs phases: la mesure des masses volumiques apparente et réelle, et de la porosité accessible à l'eau selon le mode opératoire recommandé par l'AFPC-AFREM,
• l’analyse thermogravimétrique sous atmosphère azote dans le but de déterminer les quantités d'eau liée aux hydrates et de CO2, et d'estimer le rapport pondéral Eau/Ciment,
• l’analyse chimique "complète" de la fraction soluble dans HNO3 1/50ème,
• l’examen au microscope optique en lumière réfléchie d’une section polie dans le but de déterminer la nature du liant,
Les résultats obtenus permettent d’alimenter un logiciel de calcul informatique itératif, afin de recalculer leur composition.
Enfin, l’observation du béton au microscope électronique à balayage couplé à l'analyse qualitative élémentaire par spectrométrie X à dispersion d'énergie permet la caractérisation de la microstructure de la pâte de ciment et la recherche d’éventuels signes d’altération.
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Microscopie électronique à balayage. Echantillon 23682-Z4.1 |
Conclusions
A partir de ces résultats, les hypothèses suivantes relatives à la fissuration du réservoir, ont été retenues :
- retrait endogène du béton dû à dosage en ciment élevé, ainsi qu’à un rapport eau/ciment également relativement élevé
- retrait de dessication par absence de cure, pour preuve, la partie abritée à l’ombre du talus est moins affectée
- ferraillage non conforme aux plans d'exécution.
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Un mortier de protection anti abrasion mis en œuvre sur un support béton, constitutif de parkings d'appontages d'avions d’un aéroport, est marqué par la présence de fissures et de décollements, qui ont commencé à apparaître quelques temps après sa mise en œuvre.
Cette fissuration pouvant provenir d’un désordre du support, comme d’un défaut de mise en oeuvre du mortier, voire d’un phénomène localisé à l’interface des deux matériaux, le programme d’investigation arrêté avec l’Expert se propose donc de caractériser les matériaux et leur interface :
Les figures qui suivent rendent compte de quelques-unes des observations menées sur le béton et le mortier :
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Photographie à la loupe binoculaire |
Microscopie optique en lumière réfléchie.
Lumière naturelle |
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Microscopie électronique à balayage. Echantillon. |
Microscopie électronique à balayage. Echantillon. |
Conclusions des observations
Conclusion générale sur la cause du désordre :
Les microfissures affectant le mortier de protection sont principalement en relation avec un phénomène de retrait. Le dosage en liant élevé ainsi que la proportion d’eau de gâchage, apparemment supérieure à celle préconisée par le fabricant, ont conduit à ce phénomène.
Il est également possible que les amas géliformes craquelés (fumée de silice hydratée) ont pu contribuer localement à la formation de microfissures.
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Dominique, quelle est ta fonction au sein du LERM ?
"J’ai deux casquettes au sein du laboratoire : je suis responsable du laboratoire microstructure et chimie et, à ce titre, adjoint du directeur des laboratoires. J’ai également une casquette ingénierie sous laquelle je conduis des études. Ce sont deux pratiques très différentes. Dans la première, je suis au sein d’un collectif dont la mission est de répondre aux besoins de l’ingénierie ; dans la seconde, je suis plutôt dans une pratique individuelle d’étude en vue de répondre à une commande ponctuelle".
Tu concilies bien les deux ?
"Oui ! Cependant la responsabilité du laboratoire microstructure et chimie tend à me prendre de plus en plus de temps, ce qui est normal, compte tenu du développement des activités du LERM".
Comment devient-on chimiste ?
"Pour moi, il s’agit à peine d’un choix… à cinq ans je voulais être chimiste, ou cuisinier. Je fais et j’aime toujours faire la cuisine et je suis chimiste. J’ai simplement suivi ma voie. C’est une grande chance !"
Comment peut-on vouloir devenir chimiste à un âge où la majorité des enfants ne savent pas que la chimie existe ?
"Ils ne savent peut-être pas que la chimie existe… mais ils se posent des tas de questions de chimie : tu ne te demandais pas, tout petit, pourquoi l’eau est liquide, pourquoi les pierres sont solides, pourquoi l’essence brûle. Le fait que nous fassions tous les jours l’expérience que le monde est matériel fait de nous tous des chimistes potentiels. On devient chimiste, sans doute quand on a le goût de décortiquer, soupeser, mélanger et comprendre des phénomènes qu’on ne voit pas (ça c’est passionnant !) mais qui font le monde tel qu’il est".
Alors des études de chimie ?...
"Oui, bien sûr, des études de chimie. Enfin… une scolarité un peu banale, parfois poussive, jusqu’au lycée où je prends une option chimie. Et là, c’est le bonheur. Le bonheur d’aller tous les jours apprendre quelque chose, de se poser des questions, de faire des TP, de mettre en rapport des concepts, de discuter avec les profs… Quand tu prends un tel plaisir à ton travail, il n’y a plus à proprement parler de mérite scolaire. Cette chance que j’ai eue, il faudrait la souhaiter pour tous les élèves, mais comment faire pour que chacun trouve sa voie à soi ?"
Et après le bac ?
"Après le bac ? Encore de la chimie ! J’entre dans un IUT de chimie, puis à l’université où je passe une licence puis une maîtrise de chimie moléculaire, de l’organique pur jus. Pour élargir un peu mon horizon et satisfaire ma curiosité, je choisis ensuite un DESS de formulation chimique au cours duquel je retrouve l’appétit du lycée pour des tas de domaines très différents les uns des autres".
Quand tu entres au LERM en tant que chimiste, ce qui t’y attend correspond-il à ce qu’un passionné de chimie pouvait espérer ?
"Le chimiste est aussi un être humain… En arrivant au LERM, j’apprécie que la mentalité de l’entreprise corresponde à ce que je pouvais en attendre : on y avait et on y a encore une liberté certaine de conception de son poste qui permet à chacun d’être qui il est et donc de ne pas laisser trop de ses capacités personnelles au placard. Cette part de marge est appréciable pour chacun : pour l’employé et pour l’entreprise.
En tant que chimiste, j’arrive au royaume de la chimie minérale… Cela me demande une adaptation qui vient vite. Mais mon passé est aussi un atout, dans la mesure où j’apporte au LERM une touche d’organique qui nous permet d’élargir nos études aux mortiers mixtes, aux résines, etc…".
Quel est ton parcours au sein du LERM ?
"D’abord, je me consacre à la mise au point de méthodes et de modes opératoires en chimie. J’effectue des essais et, progressivement, je prends en charge des études.
Ensuite, je deviens responsable du labo de chimie, puis de la fusion de la chimie et de la microstructure, fusion décidée à la fois pour des raisons organisationnelles et pour l’intérêt d’une symbiose technique entre observation de la structure et détermination de ses quantifications chimiques".
Parles-nous de ta responsabilité du laboratoire microstructure et chimie…
"Il s’agit d’une part croissante de mon activité qui est intéressante dans la mesure où elle demande une vision à long terme. Je me sens bien dans ce rôle dans la mesure où j’ai du goût pour la conduite des choses et que c’est dans le collectif que je donne plutôt ma mesure ; c’est vrai en musique aussi.
Manager l’équipe, c’est la faire vivre au quotidien, mais c’est également coordonner plusieurs plans pour maintenir une bonne qualité de prestation : maintenir, transmettre et faire évoluer les connaissances scientifiques et techniques, investir dans le matériel, améliorer tout ce qui peut concourir à la fluidité de la production… Le LERM a beaucoup évolué depuis mon arrivée en 1997 : nous sommes passés de 23 copains compétents à plus de 70 professionnels ; cette professionnalisation des procédures au sein de l’entreprise a été un enjeu majeur".
Y-a-t-il, pour toi, une vie après le LERM ?
"Il y en a plusieurs !
Pour rester dans notre domaine, je suis actuellement une formation bien intéressante en expertise judiciaire. J’y retrouve une déontologie familière à notre laboratoire : faire parler la science pour éclairer une situation.
Sinon, je viens d’avoir une petite fille…Tu comprends vite que c’est tout une vie de parent qui s’ouvre à toi…"
Tu as évoqué la musique, tout à l’heure…
"C’est vrai, comme mélomane ou comme musicien, la musique m’est indispensable".
Quel genre ?
"Le rock, le Heavy Métal !… Comme la chimie, depuis aussi loin que mes souvenirs remontent. Cadet-Roussel, cela n'a jamais été pour moi. Non, à 4 ans j’écoutais le rock anglo-saxon : Elvis Presley, les Beatles, les Stones, Hendrix. Les pochettes des Stones inquiétaient bien un peu ma mère !
Dans la pratique musicale, c’est la dynamique du groupe qui m’intéresse ; c’est elle, quand elle se produit, qui permet de dépasser un peu nos limites techniques et non plus de faire, mais d’être dans la musique".
Note de la rédaction
Dominique Rossini est leader du groupe métal Stereoxyde. Leur troisième album « Daemonii Sapiens » qui vient de sortir sous le label Brennus est disponible chez tous les bons disquaires.
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Nous tenons à remercier les personnes suivantes pour leur participation à la construction de cette LERM INFOS n°21 :
- François Pinchon, Ingénieur ESTP, Président d’Honneur de la Compagnie des Experts Agréés par la Cour de Cassation Française.
-
Bernard Bart, architecte, Expert agréé par la Cour de Cassation.
- Robert Giraud, Ingénieur, Expert près la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.
- Dominique Rossini, Ingénieur d'études et Responsable de la section Microstructure - Chimie au LERM
La prochaine LERM INFOS paraîtra à l'automne 2011. Une fois de plus chères lectrices, chers lecteurs, merci de votre fidélité.
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// " ExpertS EN LA MATIERE " - Journée technique portes ouvertes dédiées à l'Expert et l'expertise.
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// Les Actes du Forum international TECHA 2010 sont disponibles.Les actes du colloque international TECHA 2010, intitulé "L’Innovation au service de Patrimoine" qui se déroulait du 20 au 23 septembre dernier à Arles sont disponibles.
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// Archeomed, centre de conservation, restauration et valorisation du Patrimoine
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// Archeomed - Le Prides Industries culturelles et patrimoines (ICP) envisage de transformer la halle Eiffel de l'ancien site Lustucru en un hôtel d'entreprises.Le Prides (Pôle régional d'innovation et de développement économique solidaire) Industries culturelles et patrimoines, labellisé grappes d'entreprises en mai2010, vient de présenter l'étude «Le pôle travaille actuellement sur deux projets structurants, l'un porte sur une innovation liée à l'emploi et Archeomed constitue le second. L'idée est de regrouper sur un même site différentes entreprises intervenant dans la conservation du patrimoine», explique en préambule Gilles Martinet, président du Prides. Pour en savoir plus, cliquez ici Source : le Journal des Entreprises |
// Valorisation pédagogique des métiers du patrimoine - rentrée scolaire 2011
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AGENDA
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// ConCrack - 20-22 Juin, Paris.
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// Exposition : les coulisses de la restauration de l'Eglise Saint-Sulpice. Depuis 10 ans, l'église Saint-Sulpice, située dans le 6e arrondissement de Paris, a fait l'objet d'importantes restaurations. Cette exposition propose de retracer et mettre en valeur cette importante campagne entreprise sur la tour Nord dont les études préalables furent réalisées par le LERM.
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// Jardins de Pierre - 22-24 Juin, Paris.
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// PROJECTION-DEBAT- 29 Juin 2011, Arles. Le CAUE 13 fait son cinéma, le 29 juin, avec la projection du film de Raphaële Goulet, Projection-débat, mercredi 29 juin à 18h30.
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// Campus euroméditerranéen "Préservation du patrimoine culturel face aux risques naturels" Le Pôle Industries Culturelles & Patrimoines, le Centre Méditerranéen pour l'Environnement, l'Alliance de Villes Européennes de Culture et la Ville d'Arles ont le plaisir de vous inviter à participer au : Partenaires : Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transport et du Logement, Ville d’Arles, Alliance de Villes Européennes de Culture (AVEC), Symadrem, CPIE Rhône Pays d’Arles, Institut de Prévention et de Gestion des Risques Urbains (IPGR), (Union Internationales des Associations et organismes techniques (UATI), Pôle Industries Culturelles & Patrimoines. Pour plus d'information : http://www.cme-cpie84.org
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// Colloque "DROIT et CONSTRUCTION" - GRECA 2011 - 23 septembre 2011, Aix-en-Provence (13). L'édition 2011 du Colloque "DROIT et CONSTRUCTION", organisé par le GRECA De nombreux thèmes seront abordés, parmi lesquels : Contactez le GRECA pour en savoir plus sur l'édition 2011 du colloque. Contacter le GRECA
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// Festival "Les Suds" - 11 au 17 Juillet, Arles. Le marronier estival des musiques du monde "Les Suds à Arles" se tiendront du 11 au 17 Juillet prochains,
enrichis d'une programmation musicale actuelle et variée. En complément des têtes d'affiches, on appréciera la fraîcheur de nouveaux artistes internationaux aux heures chaudes de l'année.
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