Projet de norme de dosage du Chrome hexavalent (CrVI) dans les cimentsLe
chrome est un élément naturel. Il existe sous plusieurs valences,
de -II à +VI. Le chrome trivalent est le plus répandu dans les minéraux
du sol. Le chrome trivalent est un état stable du chrome qui forme des
minéraux très peu solubles.
En toxicologie, le Cr(III) est considéré
comme un métal non toxique. On le reconnaît même comme un oligo-élément
indispensable à la santé. Une carence peut provoquer des problèmes
au coeur, des perturbations du métabolisme et du diabète.
Le
Cr (VI), appelé chromate, peut modifier le matériel génétique
et est considéré comme cancérigène.
Le chrome
hexavalent est rare à l'état naturel et sa présence dans
les eaux et les sols est généralement liée à des rejets
industriels ou domestiques. Lorsqu'on le respire, le chrome(VI) peut provoquer
des irritations nasales et des saignements de nez.
Le contact, l'ingestion
ou l'inhalation de chrome (VI) peuvent avoir d'autres conséquences parmi
lesquelles : éruptions cutanées, estomac dérangé et
ulcères, problèmes respiratoires, système immunitaire affaiblis,
dommages au foie et aux reins, altération du matériel génétique,
cancer des poumons... Evolution de la réglementation
En ce qui concerne les ciments, le Conseil supérieur d'hygiène
publique de France, lors de sa séance du 20 novembre 2001 émet un
avis concernant les risques allergiques et toxiques liés à la manipulation
des ciments. Il y est notamment traité de la présence du chrome
VI :
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Considérant
que le chrome est présent en tant qu'impureté dans les ciments, |
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Considérant les effets toxiques du chrome et surtout
le caractère sensibilisant et cancérogène du chrome hexavalent
pour l'espèce humaine, |  |
Considérant la directive 2001/60/CE du 7 août
2001(directive 2001/60/CE) portant adaptation au progrès technique de la
directive 1999/45/CE concernant le rapprochement des dispositions législatives
réglementaires et administratives des Etats membres relatives à
la classification, à l'emballage et l'étiquetage des préparations
dangereuses et plus particulièrement, le point 12 de l'annexe stipulant
que les emballages de ciments et préparations de ciment dont la teneur
en chrome soluble (VI) est supérieure à 2 ppm
du poids sec total du ciment doivent porter l'indication suivante "contient
du chrome (VI). Peut déclencher une réaction allergique" sauf
si la préparation est déjà classée comme sensibilisante
et porte la phrase R 43, |  |
Considérant que l'ajout de sulfate ferreux au stade
de la fabrication du ciment pour réduire la présence de chrome VI
s'est révélé efficace et permet une diminution significative
des dermatoses allergiques mais que l'efficacité de ce procédé
peut être diminuée au cours du temps, du fait de l'action de températures
élevées et de l'humidité conduisant à une oxydation
du chrome III en chrome VI, |  |
Considérant l'insuffisance d'information pour l'utilisateur
occasionnel sur les dangers, les risques liés aux ciments à prise
rapide et les moyens de prévention et de protection, |
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Considérant l'efficacité des moyens de prévention et de protection, |
Le Conseil recommande,
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De diminuer la concentration en chrome dans les ciments et
préparations de ciment particulièrement celle du chrome hexavalent
qui ne devrait pas dépasser 2 ppm (partie par million) du poids sec total
du ciment, |  |
De faire en sorte, dans le cas de procédés
de réduction du chrome VI en chrome III, que les conditions de fabrication
et de stockage permettent d'assurer la concentration acceptable en chrome hexavalent
de 2 ppm du poids sec total du ciment, | Il n'existe
pas, à ce jour de réglementation française, spécifique
aux ciments. Cependant, deux récentes directives européennes doivent
être transposées en droit français.
La directive 2001/60/CE
du 7 août 2001 prévoit que les ciments dont la teneur en chrome VI
est supérieure à 0,0002% du poids sec doivent porter sur leurs emballages
l'indication "Contient du chrome VI. Peut déclencher une réaction
allergique" ou la phrase de risque "R 43 Peut entraîner une sensibilisation
par contact avec la peau".
La directive 2003/53/CE du 18 juin
2003 interdit la mise sur le marché et l'utilisation des ciments dont la
teneur en chrome VI est supérieure à 0,0002% du poids sec (sauf
cas particuliers) à compter du 17 janvier 2005.
L'alinéa 14
de la directive précise que l'adoption d'une méthode d'essai harmonisée
en ce qui concerne la teneur du ciment en chrome VI est souhaitable aux fins de
l'application de la présente directive, mais qu'elle ne devrait pas retarder
son entrée en vigueur. Par conséquent, la Commission devrait, conformément
à l'article 2 bis de la directive 76/769/CEE, mettre en place une telle
méthode. Il serait préférable que les méthodes d'essai
soient mises au point au niveau européen, le cas échéant
par le comité européen de normalisation (CEN). Le
Parlement Européen et le Conseil de l'Europe éditent d'ailleurs
très récemment (28/01/2005) une communication
(JOCE 2005, C 23, p. 8) portant mention de l'existence de la norme expérimentale
: PR EN 196-10, méthode d'essai des ciments, partie 10 : détermination
de la teneur en chrome (VI) soluble dans l'eau. Il y est précisé
que " en attendant la version finale de PR EN 196-10 ce document est considéré
comme comme fournissant la méthode appropriée pour la détermination
de la teneur en chrome (VI). " Un avis du Ministère de l'emploi,
du travail et de la cohésion sociale paru au J.O n° 245 du 20 octobre
en direction des organisations professionnelles d'employeurs et de salariés
relatif annonce l'existence d'un projet de décret relatif à la transposition
des dispositions de la directive européenne concernant la limitation de
la mise sur le marché et de l'emploi de certaines substances et préparations
dangereuses (nonylphénol, éthoxylate de nonylphénol et ciment)
(directive 2003/53/CE). Le projet introduit notamment un nouvel article R. 231-58-7
dans le code du travail concernant le ciment contenant du chrome hexavalent.
Ce décret sera publié en même temps qu'un arrêté
relatif à l'étiquetage des ciments et des préparations de
ciments. Pour ce qui concerne la normalisation française, deux normes
sont en projet à lAFNOR. Leurs références sont les
suivantes :
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PR
NF EN 196-10, Mai 2005
Méthodes d'essais des ciments - Partie 10 : détermination
de la teneur du ciment en chrome (VI) soluble dans l'eau Indice de classement
: P15-481PR |
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PR
NF P15-590, Septembre 2004
Ciment - Évaluation de la conformité
du ciment aux exigences de la directive 2003/53/CE portant sur la teneur en chrome
hexavalent soluble Indice de classement : P15-590PR |
Le LERM, en tant que laboratoire spécialiste de l'analyse
et de l'étude des ciments, est aujourd'hui en mesure de réaliser
les dosages du CR(VI) dans les ciments. En savoir plus
L'avis du Conseil
supérieur d'hygiène publique de France
http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/a_mv_201101_ciment.pdf Les
allergènes chimques en milileu de travail : Christian Géraut
http://www.mer.equipement.gouv.fr/hommes/05_medical/03_journee/2001/abstract_geraut.pdf Deux
articles sur le site de l'INRS :
http://www.inrs.fr/htm/la_manipulation_des_ciments.html Risques
pour la santé liés à l'utilisation des ciments
INRS,
Document pour le médecin du travail, n°85 - 2001 Prévention
des dermatoses chez les utilisateurs de ciment. Ordonnance de prévention
en dermatologie professionnelle. Documents pour le médecin du travail INRS,
n° 90-2002 | |