LERM INFOS n° 18 : "Les bétons spéciaux"
LERM INFOS - Lettre indépendante d'information technique et scientifique sur les matériaux - Parution trimestrielle gratuite


DOSSIERS TECHNIQUES :

1. Les bétons d'aluminates de calcium.


2. Les bétons lourds et de protection.

3. Les BFUP en perspective.

4. Adjuvants et fibres: entretien avec Jean-Philippe BIGAS de la société "CHRYSO".

5. Les bétons de chanvre.

6.Les mortiers de moulage: entretien avec Olivier HOUDUSSE, de la société "ARKHEÏA".

7. Information normative:
le point sur les métakaolins.


PORTRAIT :
Emmanuel PERIN,
Ingénieur d'essais au LERM et
Responsable du laboratoire de
mesure Physiques.

REVUE DE PRESSE
et ACTUALITES :

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Editorial

"Matériau de construction le plus utilisé dans le monde, matériau à tout faire, le béton peut donner à penser qu’il est une solution toute faite. Mais le béton, qu’on n’emploie qu’au singulier dans la langue, est au fond utilisé au pluriel sur les chantiers.
En effet, dans un souci de durabilité et de sécurité,  le béton doit toujours être adapté aux contraintes de la structure et de l’environnement dans lesquels il va être employé, ainsi qu’aux usages auxquels il va être soumis. Mieux que de béton en général, il convient sans doute de parler des bétons au pluriel.

Si la plus grande partie des bétons utilisés voient la spécification de leur production et leur conformité faire l’objet d’un encadrement normatif (en Europe : la norme NF EN 206-1 pour les bétons de structure, la norme NF EN 13369 pour les bétons utilisés dans les produits structurels préfabriqués et la norme NF EN 13877-1 pour les bétons de chaussées et de voiries), les besoins spécifiques d’utilisateurs de béton (performances particulières, environnements très sévères, usages intenses) ont amené à concevoir et à utiliser des bétons aptes à répondre à ces besoins. Ce sont ces bétons spéciaux que nous nous proposons d’explorer dans cette lettre d’information.

Le béton est un matériau composite. L’avantage d’un tel matériau consiste à tirer partie de chacune des qualités des composants pour adapter le composite à des applications variées. Le béton étant composé de ciment, de granulats et d’eau, c’est en faisant varier l’arrangement ou la nature des composants qu’on obtiendra des bétons spéciaux. Notre exploration va donc se faire au gré de ses variations :
Modifions le liant, nous sommes dans le domaine des bétons alumineux  ou des mortiers prompts.
Grâce à la chimie et aux adjuvants, modifions la teneur en eau et ajoutons des fillers pouzzolaniques, nous entrons dans le domaine des BHP ; ajoutons encore des fibres métalliques, nous entrons dans celui des BFUP.
Modifions maintenant les granulats : nous entrons dans les bétons lourds, ou légers. Utilisons des granulats végétaux, nous pénétrons alors dans le domaine des bétons ligno-cellulosiques…

Notre ambition n’est pas ici d’être exhaustifs mais  de montrer la diversité et surtout, peut-être, l’adaptabilité de ce matériau : de nombreux problèmes peuvent trouver, dans une adaptation réfléchie du béton, une solution adéquate.

Bonne lecture ! Et bon été à tous…"

 

Bernard QUENEE - Gilles MARTINET - Directeurs Généraux du LERM.

 

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materiauxDOSSIER TECHNIQUE : "Les bétons spéciaux ".

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// 1. Les bétons d'aluminates de calcium.


Tous les bétons  spéciaux ne sont pas faits à partir de ciments spéciaux. Comme il s’agit d’un matériau composite, d’autres éléments que le ciment peuvent jouer comme paramètres de spécification du béton : granulats, ajouts, additions, fibres, adjuvants…

Pour ce qui concerne les bétons d’aluminates de calcium, ils sont produits à partir du ciment spécial qu’est le ciment d’aluminates de calcium.
On trouvera dans notre lettre d’information n°17 une présentation des particularités de ce ciment,
ainsi que des précautions à prendre au regard du phénomène de conversion des hydrates.
Les bétons d’aluminates de calcium se distinguent par des propriétés remarquables :
- prise rapide,
- résistance aux chocs et cycles thermiques ainsi qu’aux hautes températures,
- résistance aux attaques chimiques,
- résistance aux impacts et à l’abrasion.

Compte tenu de ces qualités, leurs usages sont extrêmement divers. Avant d’entrer dans quelques-unes de leurs grandes applications, mentionnons que leur prise rapide les rend aptes aux travaux de réparation et aux chantiers où la mise en service est particulièrement urgente. Ces bétons sont également aptes au bétonnage par temps froid. Les bétons d’aluminates de calcium sont également utilisés dans les réseaux d’assainissement pour leur très bonne résistance aux attaques chimiques.

Rappels sur le mécanisme de dégradation du béton par l’hydrogène sulfuré
La durabilité du béton dans les réseaux d'assainissement est principalement affectée par les effluents riches en composés soufrés qui déclenchent une attaque chimique sur les liants hydrauliques. Le dégagement d'hydrogène sulfuré a pour origine la décomposition en milieu anaérobie des composés du soufre contenus dans les effluents brassés ou circulant dans les ouvrages.

Les composés soufrés proviennent des sulfates et des produits organiques de type protéines végétales et animales ou de type sulfonates contenus dans
les produits détergents. La réduction des ces composés est due à l'action de bactéries anaérobies sulfato-réductrices qui, au cours de leur métabolisme, rejettent de l'acide sulfurique H2SO4 . Tous les matériaux à base de liants hydrauliques calciques sont très sensibles au contact de ces acides.
L'action de H2S se résume principalement à une attaque par H2SO4 qui se décompose elle-même en :
- un phénomène d'attaque acide qui induit la dégradation du béton par dissolution des composés calciques et silico-calciques de la pâte ciment
et
- une réaction sulfatique avec néoformation de minéraux à caractère expansif : gypse, ettringite…

Résistance des bétons d’aluminates de calcium aux attaques chimiques
Compte tenu de son constituant principal (l’aluminate monocalcique : CaO.Al2O3), l’hydratation du ciment d’aluminates de calcium produit des aluminates de calcium hydratés et du trihydrate d’alumine insoluble, sans libérer de portlandite. C’est cette absence de portlandite, aisément soluble dans les acides même dilués, qui lui confère sa résistance à de nombreux agents agressifs. La résistance des bétons d’aluminates de calcium aux attaques chimiques est encore améliorée par une faible porosité et donc par un rapport eau/ciment optimisé.
Cette résistance est due également à un phénomène non totalement expliqué : un mortier alumineux présente la capacité de limiter l’abaissement du pH, qui présente un palier autour de pH = 3 à 4, qui est le niveau de stabilité de l’alumine hydraté (AH3).

Utilisation des bétons d’aluminates de calcium pour leur résistance à l’abrasion et aux impacts
Cette qualité particulière des bétons d’aluminates de calcium les désigne particulièrement pour la confection de sols industriels, de déversoirs de barrages, de sections de chaussées particulièrement sollicitées, de déversoirs de minerai…
Cette résistance à l’abrasion et à l’impact s’explique dans les cas des bétons d’aluminates de calcium par le fait que la zone interfaciale de transition, surtout si la pâte y est associée au granulat d’Alag, y est moins poreuse que dans les bétons de ciment Portland. Les hydrates de ciment d’aluminates de calcium se forment partout dans la matrice et remplissent mieux la zone interfaciale, ce qui améliore la cohésion du mortier.

Utilisation des bétons d’aluminates de calcium en situations de hautes températures, cycles et chocs thermiques
Au delà de températures de l’ordre 350 °C, les bétons de ciment Portland ordinaires manifestent des baisses de résistance en compression et en traction notables, du fait que leurs constituants hydratés… se déshydratent, et aussi du fait de la perte d’adhérence entre la matrice cimentaire et les granulats.

La portlandite Ca(OH)2 perd son eau à partir de 400 °C et se décompose totalement en oxyde de calcium (CaO) et en eau aux alentours de 500 °C.
la chaux (CaO) se réhydrate ensuite progressivement en se refroidissant. Cette réhydratation s’accompagne de cristallisation potentiellement
génératrice de gonflement. Le béton de ciment Portland n’est donc pas le plus adapté à des cycles thermiques et hydriques répétés et aux hautes températures. La résistance des bétons d’aluminates de calcium aux cycles thermiques est due à l’absence de portlandite.

Comme c’est la nature des granulats qui détermine la température maximale supportable par un béton d’aluminates de calcium, il convient de les choisir
en fonction des échelles de températures envisagées. Pour mémoire, le quartz subit un changement de phase et un gonflement à partir de 574 °C qui conduit à l’éclatement du matériau. Les granulats calcaires se décarbonatent à partir de 800 °C. Pour des températures supérieures, les ciments d ’aluminates de calcium sont utilisés en association avec certaines roches métamorphiques ou avec le granulat synthétique alumino-calcique (dont Alag est l’appellation commerciale) obtenu par le concassage du clinker d’aluminates de calcium. Ce granulat a l’avantage de présenter le même coefficient de dilatation thermique que celui de la pâte de ciment alumineux.

Notons que les froids extrêmes sont des cas particuliers de chocs thermiques ; les ciments d’aluminates de calcium utilisés en association avec des granulats d’Alag résistent bien aux chocs cryogéniques, ce qui les désigne pour la construction de quais de vidange de gaz liquéfiés.

 

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// 2. Les bétons lourds et bétons de protection

La fabrication de bétons lourds a longtemps répondu à une demande assez restreinte du type contrepoids d’éléments basculants ou de lests.
C’est le développement de l’industrie nucléaire qui a redonné de l’actualité  à cette problématique, car le béton lourd offre un moyen de protection
efficace contre les radiations émises au sein des centrales  nucléaires  ou des accélérateurs de particules.

Les radiations en question sont principalement des rayons "Y" et des neutrons rapides. Les rayons  "Y" peuvent être affaiblis par des éléments à fort poids atomique et les neutrons rapides affaiblis par des éléments de faible poids atomique tels que l’hydrogène. L’épaisseur de la paroi du bouclier de béton
peut être réduite par l’utilisation de bétons rendus lourds par l’utilisation de granulats de forte densité, tels la barytine (sulfate de baryum) , l’hématite
et la magnétite (minerais à base d’oxyde de fer), le ferrosphosphore, des déchets ferreux, grenailles de fer ou d’acier… Les bétons lourds sont donc spéciaux du fait de la densité particulière de leurs granulats.

La fabrication des bétons lourds exige des coffrages suffisamment rigides pour résister aux pressions élevées qui s’y exercent.
La ségrégation due au poids des granulats doit être surveillée. Ces bétons doivent être compacts et les fissurations de retrait ou de dilatation thermiques sont prohibées. Le dosage en eau doit donc être assez faible  (0,35 < E/C < 0,5) pour éviter la ségrégation, on peut donc employer un réducteur d’eau.
La compacité du béton, nécessaire à l’efficacité de la protection, s’obtient  par un rapport mortier/granulats (en poids) de valeur optimale 0,7.
L‘affaiblissement des neutrons dépendant de la présence d’éléments légers, les bétons de protection neutronique doivent donc conserver un maximum d’eau. Cette quantité d’eau dépend, quant à elles de plusieurs éléments et facteurs, dont la nature du liant, ses constituants, la finesse de la mouture,
la dimension de l’ouvrage,  les conditions de fabrication et de conservation du béton. Pour des rayonnements neutroniques à forte énergie associés
à des rayonnements "Y", une combinaison avec des granulats riches en hydrogène (limonite, colémanite, …) peut être nécessaire.

Enfin, les bétons lourds devant protéger, et, le cas échéant, confiner, certains d’entre eux, doivent pouvoir résister à des passages soudains à hautes températures, ce qui a des conséquences sur le choix du liant et des granulats. Les ciments entrant dans la composition des bétons lourds peuvent classiquement être de type Portland (CEM I) ou Portland composés (CEM II, CEM V).

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// 3. Les BFUP en perspective.

Les BFUP en perspective
Les BHP modifient profondément ce que l’on entend d’ordinaire par bétons spéciaux. La haute résistance à la compression n’est pas la seule performance dont sont capables ces matériaux. En effet, leur adjuvantation et leur composition granulaire contribuent à l’amélioration de nombre de leurs caractéristiques, ce qui les rend aptes à de nombreux emplois jusqu’alors catalogués comme spécifiques : imperméabilité aux gaz et aux liquides, compacité, résistance à l’abrasion et aux chocs, aptitude au pompage, qualité de surface pour le parement, …

La famille des bétons à hautes performances
Les BFUP viennent au terme d’une évolution de la conception des bétons qui a commencé dans les années 80 avec les recherches sur les BHP (bétons à hautes performances). Ces bétons sont d’abord remarquables par leur haute résistance à la compression, mais leur intérêt ne réside pas seulement dans cette performance : ce sont également des matériaux très compacts et à la porosité réduite, ce qui les désigne pour la réalisation d’ouvrages durables soumis à des contraintes environnementales sévères. En travaillant sur la réduction des proportions de vides comme paramètres d’évolution de la résistance à la compression, on a du même coup réduit les paramètres de transferts, déterminants pour la durabilité des structures armées.
Les deux évolutions majeures qui ont conduit aux BHP sont la réduction de la quantité d’eau et la répartition granulométrique optimale des composants du béton. Ces évolutions ont été rendues possibles d’une part par la mise au point de superplastifiants qui permettent la réduction du dosage en eau, responsable de la porosité, tout en maintenant une bonne maniabilité, et d’autre part par l’usage d’ultrafines qui complètent le squelette granulaire du béton.

Influence du dosage d’un réducteur d’eau sur le pourcentage de réduction, d’après Dodson (1990)

L’action des superplastifiants est double : s’opposant à la floculation des grains de ciments dans l’eau, ils accroissent leur réactivité tout en limitant la quantité d’eau de gâchage du fait de l’absence de piégeage de celle-ci dans les flocs de ciment.
A consistance égale, les superplastifiants permettent de réduire de 1/3 le volume d’eau non mobilisé par l’hydratation proprement dite du ciment.
Outre l’optimisation des classes granulaires qui constituent le squelette du béton, l’ajout d’ultrafines vient encore combler les vides de ce squelette et augmenter la compacité de la matrice, tout en améliorant sa rhéologie.
Comme ces ultrafines, souvent des fumées de silice ou du métakaolin (lien sur l’article), sont à caractère pouzzolanique, elles participent donc également, par leur réactivité avec la chaux libre, au développement de la résistance au jeune âge. Superplastifiants et  additions se relaient donc dans une action conjuguée qui réduit la porosité, améliore la rhéologie et développe la résistance au jeune âge et accroit la résitance aux agressions chimiques, donc la durabilité.

Les BFUP
Les BFUP s’inscrivent dans cette évolution du béton ouverte par les BHP, mais ils s’en distinguent par leur exceptionnelle résistance à la compression et par la recherche d’un fonctionnement basé sur la résistance propre à la traction fournie par les fibres. Celles-ci peuvent s'avérer suffisantes dans certains cas (fonctionnement en plaque, effort tranchant et flexion transversale d'une poutre sur un ouvrage d'art, par exemple). Sinon la précontrainte par pré-tension ou post-tension permet aux poutres en BFUP de franchir de grandes portées. Les fibres servent alors à la diffusion de la précontrainte.


Passerelle des Anges sur l’Hérault à St-Guilhem-le-Désert par l'architecte R.Ricciotti.

Comme les BHP, les BFUP font appel à des superplastifiants et à des compositions granulaires spécifiques, mais la présence de fibres (métalliques, polymères ou minérales) leur fournit des qualités spécifiques : elles confèrent au matériau sa ductilité et sa non fragilité, ainsi que sa résistance propre à la traction qui permet d’envisager de s’affranchir d’armatures passives, ce qui offre des possibilités nouvelles pour la conception des ouvrages.

Caractéristiques des BFUP
- grande ouvrabilité
- résistance à la compression exceptionnelle (200 MPa)
- résistance à la traction (40 MPa)
- haute résistance à court terme
- ductilité importante
- résistance élevée à la micro-fissuration
- capacité de cicatrisation
- retrait et fluage faibles
- dureté de surface et bonne résistance aux chocs et à l’abrasion
- leur compacité et leur résistance à la microfissuration leur garantissent une bonne durabilité dans les environnements les plus sévères.

Histoire de la recherche sur les BHP et BFUP en France
1984 : premier pont en BHP  dans la région de Melun, sous le contrôle du LCPC.
1984 - 1988 : nombreux autres ouvrages : viaduc de Sylans (1986), Grande Arche de la Défense (1986-1987), pont de l’Ile de ré (1987), Ponts de Pertuizet et de Joigny (1988).
Projet national « voies nouvelles du matériau béton » de 1986 à 1992, dont est issu le livre Les bétons à hautes performances. Caractérisation, durabilité, applications ; sous le dir de Y. Malier. Presses des Ponts et Chaussées, 1992.
En parallèle : groupe AFREM « Connaissance et utilisation des bétons à hautes performances » qui entraîne la publication du nouveau règlement BAEL-BPEL étendu aux bétons de 80 MPa.
Projet national  « BHP 2000 » de 1995 à 2000, dont est issu l’ouvrage Synthèse des travaux du projet national BHP 200, sur les bétons à hautes performances, Presses de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, 2005.
Projet national BEFIM (1995-2000), ce projet fait suite aux premières avancées sur les bétons de fibres inaugurées dans le cadre du projet
« Voies nouvelles du matériau béton ». Il donnera lieu à la publication de Le développement industriel des bétons de fibres métalliques, conclusions et recommandations ; sous la dir. De P. Rossi. Presses de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, 2002.

Dès 1998, dans la cadre de ce projet, paraissait Les bétons de fibres métalliques, de P. Rossi. Presses de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. L’auteur, dans l’avant propos affirmait : « Les BFM, en tant que matériaux composites à part entière, se développeront fortement au 21e siècle ou disparaîtront. 

Le groupe BEFUP de l’AFGC se met en place dès 1998 et se fixe comme objectif  la production de recommandations qui paraîtront en janvier 2002 : Bétons fibrés à ultra-hautes performances, recommandations provisoires, SETRA / AFGC, 2002. Ces recommandations ne vont pas tarder à être mises à jour.
1996 : EDF lance un appel d’offres en septembre 1996 pour la rénovation des corps d’échange des quatre tranches de Cattenom sur la base d’une structure en BFUP. Ce chantier ainsi que celui de l’aéroréfrigérant de Civaux serviront de laboratoire pour l’élaboration des recommandations de l’AFGC de 2002.

Enfin, sur l’état de l’art des BFUP, on peut utilement se reporter aux Actes du Colloque de l’AFGC, BEFUP 2009, qui s’est tenu à Marseille en novembre 2009

 

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// 4. Adjuvants et fibres: entretien avec Jean-Philippe Bigas, Responsable R&D - Laboratoire Applicatif Béton, de la société CHRYSO.

 


LERM: En quoi les adjuvants ont-ils contribué à la mise au point des BHP ?

Jean-Philippe BIGAS:
"Initialement, les BHP ont été mis au point afin de répondre à des demandes de performances mécaniques élevées. Ces résistances pouvant être de l’ordre de 120 MPa dans certains cas, ont pu être obtenues par une forte réduction du dosage en eau et par l’ajout de fines minérales dans le mélange dans le but d’augmenter la compacité du squelette granulaire de ces bétons. Pour une mise en place aisée dans les coffrages, l’amélioration et le réglage
de la rhéologie de ce mélange à l’état frais a été possible grâce à la mise au point et à l’utilisation d’adjuvants fluidifiants tels que les superplastifiants hauts réducteurs d’eau.
Ces adjuvants sont des polymères organiques puissants qui ont la propriété de permettre la défloculation des fines du béton, à savoir du ciment et de la fumée de silice par exemple.
Ces adjuvants confèrent au béton la capacité à s’écouler sans perdre de son homogénéité".



S’agit-il là des seuls adjuvants qu’on incorpore dans les bétons modernes ?

" Non, la norme NF EN 934-2  donne la définition de ce qu’est un adjuvant pour béton : il s’agit d’un produit incorporé dans le béton au moment du malaxage pour modifier les propriétés du mélange à l’état frais ou à l’état durci.
Cette même norme définit l’ensemble des adjuvants pour les bétons armés, non armés et précontraints, utilisés dans les bétons fabriqués sur le chantier, prêts à l’emploi et préfabriqués. Elle cite:

  1. Les plastifiants / réducteurs d’eau,

  2. les superplastifiants / hauts réducteurs d’eau,

  3. les rétenteurs d’eau qui, diminuant le ressuage réduisent la perte en eau,

  4. les entraîneurs d’air, qui lors du malaxage entraînent et répartissent une quantité contrôlée de fines bulles d’air qui subsisteront dans le béton après son durcissement,

  5. les accélérateurs de prise, les accélérateurs de durcissement, qui avec ou sans modification du temps de prise, développent les résistances initiales du béton,

  6. les retardateurs de prise,

  7. les hydrofuges de masse qui diminuent l’absorption capillaire du béton durci.

  8. Enfin, certains adjuvants, cités dans la norme, exercent plusieurs actions à la fois sur les bétons.

Au-delà, il existe une série de textes réglementaires dans la série des normes EN 934 qui précisent les spécifications pour les adjuvants pour mortiers à maçonner ou pour les adjuvants pour béton projeté. C’est dire si les possibilités sont nombreuses."

 

Devant un tel catalogue de possibilités, comment s’y prend-on pour définir le mélange qui nous convient ?

" La méthode consiste à rédiger avec soin le cahier des charges du béton, en respect des textes en vigueur (EN 206-1…) dont vous avez besoin :
pour quelle application, quelles performances, quels type et conditions de mise en œuvre, avec quels constituants et quelle qualité de constituants…

L’ensemble des ces paramètres posent finalement des conditions assez complexes ; c’est la raison pour laquelle CHRYSO, si elle dispose d’un catalogue fourni avec des gammes d’adjuvants dédiées aux applications BPE et à la Préfabrication, traite également la demande du client en allant jusqu’à la mise
au point de la formulation du béton dont il a besoin dans nos laboratoires applicatifs.
Cette approche permet de fournir au client une solution sur mesure
pour laquelle le ou les adjuvants choisis collent parfaitement au cahier des charges initial".

 

Avec cet arsenal d’adjuvants, il n’y a donc plus finalement, à l’emploi, que des bétons spéciaux ?

" Il n’est pas juste de répondre de cette manière mais les bétons sont certainement de plus en plus techniques. Disons que l’adjuvantation donne au béton une grande souplesse d’emploi et permet d’élargir son domaine d’emploi aux applications les plus audacieuses. Fabriquer un béton aujourd’hui, ne consiste pas forcément à lui donner des caractéristiques record ; il s’agit plutôt d’atteindre celles qui fournissent au béton l’adaptation précise à l’usage pour lequel il est destiné. Deux exemples simples : pour un béton prêt à l’emploi, on visera le maintien de la rhéologie pour supporter la contrainte du transport et du délai de mise en œuvre ; pour un béton préfabriqué, on visera plutôt l’acquisition rapide de résistances mécaniques afin d’accélérer le démoulage ou de permettre la détension des câbles de précontrainte dans l’objectif d’améliorer les cadences de production. Mais les contraintes peuvent être multiples sur un même matériau et les adjuvants permettent de répondre à des cas de figure complexes. Ainsi sur un chantier de tunnel, nous avons dû littéralement « endormir » le béton avec un retardateur de prise sur une durée de 15 à 18 heures pour finalement le réveiller et l’accélérer lors de son application par projection".

 

Vous venez de nous parler de ce qui se passe au cœur de la matrice cimentaire. Connaît-on de telles évolutions pour ce qui concerne la surface du béton  ?

" Oui, la question de la surface ou de l’apparence est importante. Pour des questions de temps et de coût, même s’il ne s’agit pas de bétons architectoniques, il convient d’obtenir des surfaces décoffrées qui ne nécessitent pas de finition ultérieure de type ponçage ou ragréage. Nous abordons ici la question des adjuvants destinés à la cure, qui sont couverts par la norme NF P 18-370, et celle des agents de démoulage qui facilitent l’extraction de la pièce coulée, des agents de débullage qui optimisent les surfaces à l’interface du matériau et du moule, enfin les désactivants (positifs ou négatifs, selon qu’on se sert d’un moule ou non) qui permettent de travailler en finesse la surface du béton et l’aspect du béton.
On peut également embellir les surfaces des bétons avec des rehausseurs ou des modificateurs de teintes ou des traitements de surface protecteurs".

 

L’ajout des fibres a été déterminant pour l’évolution des BHP vers les performances qu’offrent aujourd’hui les BFUP…?

" En effet, et ce chemin a pu être parcouru par l’apport des connaissances sur le comportement des bétons de fibres métalliques. Pour ce qui nous concerne, chez CHRYSO, le domaine des fibres est en plein développement et concerne le segment de marché des fibres polymères et principalement polypropylène. L’emploi de ces fibres pour des applications structurelles ou non vise la modification du comportement en flexion et en traction du béton avec deux objectifs :
- la lutte contre la fissuration,
- la capacité à la reprise d’effort par renfort de la matrice cimentaire.

A cette fin, nous proposons une gamme de micro fibres et de macro fibres en polypropylène qui permettent d’améliorer la ductilité du béton, c’est-à-dire à se déformer sous une charge après l’apparition de la première fissure".

 

Les fibres sont-elles, comme les adjuvants, couvertes par des normes ?

" Il existe deux normes précisant les spécifications pour les fibres pour béton : l’une pour les fibres métalliques et l’autre, NF EN 14889-2, pour les fibres polymères. Pour ce qui nous concerne, chez CHRYSO, nous passons par la certification du CSTB afin d’obtenir des avis techniques pour des applications particulières, telles que les semelles filantes, les dallages pour maisons individuelles ou les dalles de répartition. L’obtention de ces avis techniques a pour but de faciliter la mise sur le marché de nos solutions bétons fibrés en garantissant au client et à l’utilisateur un niveau de performances certifié.

Sinon notre démarche est la même que pour les adjuvants : nous accompagnons nos clients et travaillons sur la mise au point des bétons fibrés en fonction des demandes des prescripteurs, que ce soit pour les applications BPE, Préfabrication ou Béton Projeté. Aujourd’hui, ce travail est facilité par la mise à disposition de nos clients d’une machine de flexion nous permettant de réaliser l’ensemble des essais normalisés sur les bétons fibrés, ce qui va de la mesure de l’énergie absorbée sur dalles de béton projeté à la mesure des caractéristiques de flexion 3 points sur éprouvettes 15X15X60".

En savoir plus sur CHRYSO : http://www.chryso.com

 

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// 5. Le béton de chanvre


Le béton de chanvre est un matériau composite léger et à faible conductivité thermique. C’est la très faible masse volumique apparente de la chènevotte associée à sa structure alvéolaire qui lui confère cette qualité. Ce composite présente, en outre, une faible empreinte écologique. La résistance mécanique de ce matériau, du fait de la nature de son granulat, reste faible (< 2 MPa), il ne peut donc être employé comme élément de structure.


Granulat de chènevotte et structure tubulaire d’une particule de chènevotte (MEB) in Nguyen (2009)

Le béton de chanvre est obtenu par le mélange d’un liant à base de chaux (souvent chaux hydraulique + chaux aérienne) de granulat chènevotte et d’eau.
La prise de ce mortier, du fait de la présence de ces deux formes de chaux, s’effectue sur deux rythmes différents : prise à court terme déclenchant les propriétés mécaniques aux très jeunes âges par l’hydratation des silicates de calcium  de la chaux hydraulique et carbonatation à long terme de la chaux aérienne.
La structure du matériau varie en fonction de la formulation employée. Un faible dosage en liant rapprochera la structure de celle du chanvre en vrac ; 
le matériau présentera alors une bonne capacité d’isolation thermique, mais de faibles performances mécaniques. A faible dosage en liant, le béton de chanvre est plutôt utilisé en remplissage de parois. Le liant sert alors à stabiliser les granulats de chanvre qui se tasseraient sous leur propre poids.

Un dosage fort en liant impliquera que les granulats seront immergés dans la matrice et le comportement mécanique du matériau approchera celui du liant.
Une voie d’amélioration de la résistance mécanique du béton de chanvre a été recherchée dans le compactage à l’état frais. Les études montrent que la réduction de la teneur en air est accompagnée par une hausse de la résistance à la compression. Un dosage faible en liant peut ainsi être compensé par un niveau adéquat de compactage. Ce niveau de compactage doit prendre en compte l’autre caractéristique du composite : l’isolation thermique. La diminution de la porosité du béton nuit à sa capacité d’isolation. Il convient donc de trouver l’équilibre entre le dosage en liant et le compactage, pour garder les deux propriétés recherchées du composite. Des études ont également été menées sur l’interaction entre granulats de chanvre et ciment Portland.

Orientation bibliographique
- Propriétés mécaniques, thermiques, acoustiques d'un matériau à base de particules végétales (thèse) : approche expérimentale et théorique / Cerezo, Véronique. - Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, 2005.
- Effet de la compacité des bétons de chanvre sur leurs caractéristiques mécanique et thermique  / Nguyen, Thai-Thu; BALEY, C.; Amziane, S.; Carre, Patrick ; Lecompte, Thibaut; Picandet, V.. - Association universitaire de génie civil, 2009. 
- 22 p. Actes des 27emes Rencontres universitaires de génie civil, Saint-Malo 3, 4 et 5 juin 2009.
- Etude des interactions physico-chimiques aux interfaces fibres de chanvre/ciment. Influence sur les propriétes mécaniques du composite. David Sedean.
- Thèse de l’Université de Limoges, 2007.

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// 6. Les mortiers de moulage: Entretien avec Olivier Houdusse, Directeur de la Société Arkhéïa

 

LERM: Comment avez-vous été amenés à travailler sur les mortiers de moulage ?

Olivier HOUDUSSE :
"Le domaine du moulage est un domaine plus vaste qu’il n’y parait au premier abord. Les applications sont très variées : elles vont du moulage industriel, à la décoration, en passant par la copie patrimoniale et la restauration. Chaque secteur a ses demandes et ses contraintes propres.

Notre activité sur la pierre et le patrimoine au LERM, et notre implication dans un groupe de travail du "Cercle des Partenaires du Patrimoine",  il y a un peu plus de 10 ans nous ont amenés à recenser l’ensemble des problèmes que soulèvent l’obtention d’un moulage de qualité.  J’en énumère quelques-uns : contraintes dimensionnelles, micro-faïençage et bullage à l’interface du moule et du mortier, remplissage optimum du moule, temps de prise pour une cadence acceptable de production en série, résistance des pièces au démoulage, durabilité des pièces, agencement des parties et qualité des joints des pièces en plusieurs parties, efflorescences… Face à cette problématique d’ensemble, nous avons constaté qu’aucun produit du commerce, à cette époque, n’était adapté aux contraintes multiples du moulage. Nous avons donc imaginé de travailler à un mortier qui satisfasse à l’ensemble de ces conditions".


Dans cette aventure, quelle méthode avez-vous employée et quelle qualité avez-vous d’abord visée ?

"La méthode a consisté à synthétiser en un cahier des charges l’ensemble des exigences. En résumé, nous cherchions un liant sans retrait,  autoplaçant, avec des charges minérales fines, à prise rapide et à performances à court terme élevées. Certaines qualités sont parfois difficilement compatibles entre elles comme la charge minérale fine et l’absence de retrait, par exemple. Nous n’avons pas d’abord visé telle ou telle qualité, car nous savions, par expérience, que le fait de solutionner un aspect du problème pouvait en déstabiliser un autre. Il valait donc mieux prendre à bras le corps l’ensemble des contraintes".

 


Il était plus simple d’entrée d’emblée dans la complexité ?

" En quelque sorte, oui… Pour entrer dans la complexité des qualités du mortier souhaité,  nous nous sommes situés dans un d’horizon large de compétences à partir duquel faire confluer différents éléments de réponse.
Nous sommes partis de la pratique ancestrale du moulage au plâtre. Les qualités de ce matériau sont
connues : finesse du rendu de surface, rapidité de la prise, matériau économique, écologique et sans danger d’utilisation. Son problème principal est sa sensibilité à l’eau et sa durabilité à l’extérieur.

Autre point cardinal de notre horizon : la chaux. Nous connaissions bien ce  liant de mortier et notamment de mortiers anciens sinon antiques, liant durable donc… A la même époque, nous travaillions sur les BAP et BHP, dont la mise au point a été rendue possible par l’adjuvantation.
Nous avons donc sollicité cette adjuvantation sur les questions de rhéologie de notre mortier. Enfin, comme l’une des destinations majeure du mortier était la copie de la pierre,  pour des questions d’aspect et de texture, nos avons mis à contribution nos compétence pétrographiques pour définir une composition minéralogique et granulométrique adaptée du mortier.

La traduction quantitative de nos besoins s’exprimait ainsi : un retrait proche de zéro, un temps de prise d’une heure, une granulométrie comprise entre 1 et 1,6 mm, une résistance à la compression aux très jeunes âges comprise entre 7 et 10 MPa (ce qui par expérience, autorise un démoulage sûr), un développement dans le temps de la résistance jusqu’à 30 MPa, qui correspond à la résistance moyenne de la pierre calcaire".

 

Votre option a-t-elle été la bonne ?

" Nous avons travaillé sur différentes formulations, à partir des présupposés que je viens de décrire et, dès les premiers essais, les caractéristiques du mortier se sont montrées intéressantes. Nous avons ensuite fait varier un certain nombre de paramètres pour optimiser la formulation".

 

Où en êtes-vous aujourd’hui ?


"La filiale du LERM, Arkheïa, que nous avons créée pour ce secteur d’activité des mortiers esthétiques, commercialise aujourd’hui un mortier à prise rapide pour pièces d’intérieur ou d’extérieur protégé. Il reproduit des pierres dont la caractéristique va de tendre à ferme.

Pour l’extérieur proprement dit nous proposons un BTHP qui reproduit des pierres qui vont du marbre aux pierres dures (dures à froides). En plus de la formulation spécifique, nous soignons particulièrement la nature et la qualité des matières premières.

Enfin nous travaillons à une évolution permanente de la formule : nous suivons de près l’évolution des adjuvants et des fillers calcaires et nous mettons à contribution tout ce qui peut améliorer la fluidité du mortier et la qualité de l’épiderme d’une part, et permettre d'empêcher la ségrégation d’autre part".


Ici, le matériau fut utilisé pour la restauration de l'amphithéâtre d'Arles (13).

Avez-vous déposé un brevet ?

" Oui, nous l’avons fait en 2004 pour 12 pays européens, pour les USA et le Canada… C’est la raison pour laquelle, je ne peux évidemment aborder en détail la formulation du mortier".


Nous n’avons pas abordé la question de la couleur, qui est sans doute fondamentale
dans une problématique de reproduction ?

" Les mortiers que nous proposons sont une base blanche. Nous avons aujourd’hui un catalogue d’une cinquantaine de couleurs que nous obtenons par un dosage précis de pigments. Si la couleur souhaitée pour la reproduction n’est pas encore au catalogue, nous menons une étude colorimétrique et définissons un dosage en pigments original".

 




Pour plus d’informations : http://www.arkheia.fr/

 

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//7. Information normative : le point sur les métakaolins

Actualité normative : métakaolins
La norme « NF P 18-513, Métakaolin, addition pouzzolanique pour bétons. Définitions, spécifications, critères de conformité » est parue en mars 2010.
Cette norme définit les exigences chimiques et physiques, ainsi que les critères de conformité applicables aux métakaolins utilisés comme addition de type II, au sens de la norme NF EN 206-1 pour la production du béton, y compris aux bétons de structures. Profitons de cette actualité normative pour revenir un peu sur ce que sont les métakaolins et sur leur utilité.

Quelques définitions normatives
Métakaolin : poudre de grande surface spécifique obtenue par calcination broyage ou broyage calcination d’une argile composée majoritairement de kaolinite. Le métakaolin est constitué principalement de particules de silicate d’alumine amorphes ayant des propriétés pouzzolaniques ; il est composé essentiellement de SiO2 et de Al2O3 réactifs.
Les températures de calcination sont comprises entre 600 °C et 850 °C suivant le degré d’ordre de la kaolinite. Il se produit une réaction de déshydroxylation du matériau avec une destruction de la structure cristalline initiale conduisant à une amorphisation du matériau. Le métakaolin se présente sous forme pulvérulente ou sous forme de suspension (slurry).
La présente définition du métakaolin ne couvre pas les produits provenant de la calcination d’argiles autres que la kaolinite ou de l’incinération de boues de papèteries et d’autres déchets industriels (NF P 18-51).
Addition de type II au sens de NF EN 206-1 : matériau finement divisé à caractère inorganique, pouzzolanique ou hydraulique latent qui peut être incorporé au béton afin d’en améliorer certaines propriétés ou pour obtenir des propriétés spéciales (NF P 18-513).

Les métakaolins
L’utilisation des pouzzolanes dans les bétons
L'utilisation des pouzzolanes artificielles et naturelles, au cours des dernières décennies, a permis d'améliorer les performances mécaniques et la durabilité des bétons. C’est l’usage de ces pouzzolanes qui a notamment permis la mise au point des BHP, de BTHP et des BFUP.
L'usage des métakaolins s'inscrit dans ce contexte d’ajouts de minéraux aux bétons. Les métakaolins sont des produits pouzzolaniques dont les propriétés sont voisines de celles des fumées de silice. Leur utilisation permet de remplacer la fumée de silice ainsi qu’une partie du ciment lui-même.

Matériau

Réactivité pouzzolanique
(mg de Ca(OH)2 / g de matériau

Bauxite calcinée

534

Fumée de silice

427

Laitiers de hauts fourneaux

300

Cendres volantes

875

Métakaolins

1000


Réactivité des différentes pouzzolanes d’après Andriolo et al (1985)

L'apport des métakaolins aux mélanges est double car ils accélèrent l'hydratation du ciment de par leur « effet filler », et sont eux-mêmes très réactifs.
Ces effets combinés améliorent les propriétés mécaniques des bétons au jeune âge, ainsi que leur durabilité.

Apports des métakaolins
L'importante réactivité des métakaolins au jeune âge est liée aux phases aluminates qui les composent, ainsi qu' a leur surface spécifique importante. Les réactions pouzzolaniques des métakaolins consomment la portlandite et produisent des C-S-H et des C,A-S-H secondaires très denses. Les matériaux dans lesquels sont introduits les métakaolins sont donc moins  vulnérables aux agressions qui déclenchent la dissolution de la portlandite et par voie de conséquence, une perte de cohésion du matériau (attaques acides, composés organiques, eau pure).
L’apport en silice que constituent les métakaolins joue également un rôle d’accélérateur sur l’hydratation du C3S, par l’effet de nucléation due à l’addition d’une fine dans une matrice cimentaire).
La formation au jeune âge des hydrates secondaires est en outre favorable à la diminution de la taille des pores, ainsi qu'à la segmentation de la porosité capillaire.
Enfin, l'intensité de la réactivité des métakaolins conduit à une réduction de l'auréole de transition et à une interface pâte/granulat dont l’adhérence est meilleure, ce qui influe sur les caractéristiques mécaniques du béton (résistance à la compression et module d’élasticité). L'ensemble des ces effets entraîne une densification de la matrice cimentaire qui réduit sa perméabilité et sa diffusivité.
En tant que fillers, si les métakaolins permettent l'optimisation de la compacité du squelette granulaire et l’homogénéité de la pâte, leur demande en eau étant, pour certains d’entre eux, importante, le recours au superplastifiant peut être une nécessité qu'il convient de maîtriser précisément.

 

Les métakaolins et la durabilité des bétons


Carbonatation

Si les métakaolins sont utilisés en addition ou en substitution du ciment dans une formulation de béton avec E/C bas ils limitent le phénomène de carbonatation car ils limitent la porosité du béton et, ainsi la pénétration et la diffusion du CO2 responsable du phénomène de carbonatation.

Corrosion des armatures par les chlorures

Les études montrent que la diminution de la diffusion des ions chlorures dans la matrice est proportionnelle à sa teneur en métakaolins.

Attaque sulfatique interne

L'ensemble des matériaux pouzzolaniques restreignent l'expansion liée à la formation d'ettringite différée. Parmi ces matériaux les métakaolins sont les plus efficaces au regard de la maîtrise de l'expansion.

Attaque sulfatique externe

  1. Densifiant la matrice cimentaire, les métakaolins limitent la migration des ions sulfate en son sein.
  2. La résistance du béton à l’attaque sulfatique externe est également  fonction de sa teneur en chaux libre. Le caractère pouzzolanique des métakaolins qui réagissent avec la portlandite minimisent la quantité de chaux libre en solution et donc la vulnérabilité du béton à l’attaque sulfatique.

Attaque chimique

La densité de la matrice cimentaire dans laquelle sont incorporés des métakaolins, en limitant la diffusivité, limite la dissolution et la lixiviation des composés hydratés. La partie aluminate du métakaolin a des propriétés d’absoption des alcalins ce qui améliore aussi la résistance de ses bétons aux attaques chimiques.

Réaction alcali-silice

Rôle inhibiteur vis-à-vis de l’alcali réaction.
Cette réaction dépend de l’alcalinité de la solution interstitielle. En effet, la solubilité de la silice réactive augmente de façon exponentielle avec l’alcalinité de la solution pour des milieux basiques, la réduction de concentration en hydroxyles par les métakaolins est donc à la base de larésistance des bétons vis-a-vis de l’alcali réaction.

Contribution esthétique des métakaolins
En plus de leur contribution à la durabilité du béton et à ses performances mécaniques, les métakaolins sont également utilisés pour leur rôle au regard de la qualité du parement. En consommant la chaux libre, ils la soustraient à sa mobilisation dans les transferts responsables des efflorescences.
Leur finesse enfin permet l’obtention de parements plus lisses et plus compacts. C’est la raison pour laquelle on les associe, dans les bétons architectoniques, aux ciments blancs.

Orientation bibliographique
- Badogiannis et al. The effect of metakaolin on concrete properties.  Proceedings of  Dundee Conference, pp. 81-89, 2002.
- Gruber et al. Increasing concrete durability with high-reactivity metakaolins. Cement and concrete composites, vol. 23, pp. 479-484, 2001.
- Courard et al. Durability of mortars modified with metakaolin. Cement and Concrete Research, vol. 33, pp. 1473-1479, 2003.
- Khatib et al. Absorption characteristics of metakaolin concrete. Cement and Concrete Research, vol. 34, pp. 19-29, 2004. 
- Frias et al Pore size distribution and degree of hydration of metakaolin cement pastes. Cement and Concrete Research, vol. 30, n° 4, pp. 561-569, 2003.  
- Batis et al. The effect of metakaolin on the corrosion behaviour of cement mortars. Cement and concrete composites, vol. 27, pp. 125-130, 2005.

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// PORTRAIT: Emmanuel PERIN, Ingénieur d’essais et Responsable du laboratoire de mesures physiques du LERM

mr_perin




LERM : Emmanuel, tu n’es pas seulement le quadruple vainqueur de l’Open de tennis de Raphèle qu’organise régulièrement le LERM…Tu exerces d’autres fonctions au sein du laboratoire ?


Emmanuel Perin:
"Oui, j’ai quelques autres activités à côté du tennis que je pratique pour me détendre, je suis ingénieur d’essais et responsable du laboratoire de mesures physiques".




Tu peux nous décrire ton parcours ?


" Mon parcours est un parcours interne au LERM : avec une maîtrise de chimie physique en poche, je démarre au laboratoire, il y a un peu plus de 10 ans, sur des contrats successifs de technicien qui me permettent de passer sur plusieurs postes : préparation des échantillons pour les analyses chimiques et pour les examens au microscope optique, mais également comme technicien de mesures physiques. Quand je rejoins définitivement l’équipe du LERM, je fais le choix personnel d’intégrer le labo de mesures physiques".


Comment te sont venus ton goût et ta connaissance des liants hydrauliques ?

" Bonne question ! On ne naît pas forcément avec un appétit naturel pour le ciment… et pour te dire la vérité, en commençant au LERM, je ne me doutais pas que le monde des ciments et des bétons était si complexe et si passionnant à la fois. Je ne me doutais pas non plus que je rencontrerai des personnalités dont la connaissance de ces matériaux était si profonde.
Ma mobilité au laboratoire, la variété des études et mon travail d’information personnel m’ont permis de maîtriser tous les aspects des mesures physiques. Ensuite, j’ai bénéficié du fait qu’au LERM, il existe une vraiment bonne interaction et une véritable communication fonctionnelle entre l’ingénierie et le laboratoire, car  les techniciens ne mènent vraiment à bien que les essais dont ils comprennent la finalité… Si bien que le travail, ici, en ce qui me concerne, a toujours été synonyme de réelle formation permanente et d’enrichissement personnel.
La participation à des projets de recherches tant en interne qu’en externe a  également été une source de motivation, de progrès et d’expérience grâce aux réunions de travail collectif, aux échanges avec d’autres laboratoires, aux contacts avec les industriels, à l’exploration de nouvelles pistes de travail".

Tu diriges le labo de mesures physiques, c’est un autre travail, non ?

" Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un développement du même travail : l’intérêt pour le matériau, l’art de la conduite de l’essai et de la mesure sont identiques mais mobilisés à une autre échelle : dans l’analyse de la demande du client, dans l’organisation de l’étude, la production de rapports de qualité et… l’explication des conclusions au demandeur.
Disons que connaissances et compétences sont maintenant le socle d’un travail de relations qui s’exerce vers l’extérieur du labo avec les clients et les partenaires et à l’intérieur du labo en termes d’encadrement de l’équipe. Cet environnement relationnel me plaît et élargit considérablement mon horizon de travail.
En ce qui concerne l’encadrement, je suis particulièrement sensible à la question du transfert des connaissances : j’en ai bénéficié personnellement certes… mais tout ce dont on bénéficie personnellement, c’est tout le labo qui en hérite. Le transfert des compétences, c’est une sorte de trésor qui ne grandit que si on le distribue !".


Tu te souviens d’une étude marquante ?

" Je me souviens, entre autres, d’un grand chantier de bétonnage à l’étranger : il y a un problème de qualité du béton fabriqué sur le site. On me sollicite pour contribuer à trouver une solution. Tu reprends la formulation, tu examines les matériels de fabrication, tu évalues les personnes qui mettent en œuvre matériels et constituants… et les choses, suite à ce diagnostic, s’arrangent : satisfaction de faire avancer le chantier bien sûr et satisfaction personnelle, aussi, d’avoir embrassé rapidement l’ensemble de la problématique dans un milieu pourtant peu familier".


Emmanuel, comment imagines-tu l’avenir de tes activités ?

" Mon expérience m’a amené à porter de nombreuses casquettes au laboratoire, maintenant je concentrerais volontiers mon activité sur une thématique particulière, sur laquelle je travaille d’ailleurs depuis un moment, celle de la valorisation de déchets industriels dans les liants hydrauliques et de la stabilisation des déchets radioactifs ou non. Mettre ma connaissance des matériaux minéraux au service de l’environnement, voilà une cohérence qui me motive particulièrement".

 

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Nous tennons à remercier les personnes suivantes pour leur participation à la construction de cette LERM INFOS n°18:

- Olivier Houdusse, Directeur de la Société Arkhéïa
- Jean-Philippe Bigas, Responsable R&D - Laboratoire Applicatif Béton, de la société CHRYSO
- Abdelkrim AMMOUCHE, directeut de la recherche et de l'Innovation et Responsable du pôle MATERIAUX au LERM.

La prochaine LERM INFOS paraîtra en fin d'année 2010. Merci de votre fidélité.

 

A LIRE et ACTUS

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// "Le Moniteur.fr", rubrique "Technique."

Dans la continuité de nos lettres d'informations techniques et scientifiques "LERM INFOS", vous trouverez sur
la rubrique "Technique" de notre partenaire "lemoniteur.fr" une galerie d'actualités, de dossiers techniques
et de reportages complets en libre consultation sur l'acte de bâtir.

Point central incontournable de l'actualité du BTP et du Génie civil, nous vous proposons de découvrir
"la chronique du LERM" chaque dernier mercredi du mois.
En juin, vous pouviez consulter notre article sur "le mortier des arènes de bézier : un exemple de durabilité"

Le site du Moniteur Technique: www.lemoniteur.fr/technique
La dernière "chronique du LERM": Caractérisation du mortier des arènes de bézier.


// Le LERM s'équipe d'un nouveau FERROSCAN

Le laboratoire d'essais du LERM s'est récemment équipé d'un nouveau FERROSCAN, premier système de mesure portable à faire réellement appel aux nouvelles techniques du traitement d'images pour visualiser immédiatement les fers d'armature.
Ce nouvel appareil permet de contrôler plus facilement :
- la couverture de béton,
- les armatures support,
- les fixations multiples,
- le ferraillage en général.

Ce nouvel équipement rejoindra l'ensemble de nos outils de mesure et d'analyse radar portatifs développés en interne, et utilisés lors d'investigations non-destructives sur site.

Pour en savoir plus sur les moyens d'investigation sur site du LERM, cliquez ici


// Elections au Pôle Industries Culturelles et Patrimoines

Suite à son assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue cette semaine à Arles, le Pôle Industries Culturelles et Patrimoines a procédé à l’élection de son Conseil d’Administration puis de son Bureau. L’équipe sortante
du bureau  qui, sous la présidence de Gilles Martinet, Co-directeur général du LERM,  depuis 3 ans a construit, structuré et développé le Pôle a été largement reconduite, ainsi que son Président. Seul nouveau membre au bureau : Cécile Wanko-Chabaud, de la Compagnie des Patrimoines, qui assurera le secrétariat du PRIDES.

Le Conseil d’Administration, pour sa part, enregistre également l’entrée de nouveaux membres : Marie-José Justamond des Suds, Olivier Houdusse d’Arkhéïa, Stéphane Crosnier de l’entreprise Mastran et Cécile Wanko-Chabaud, de la Compagnie des Patrimoines.
Confortée et étoffée, l’association, avec l’appui efficace de son équipe salariée,  va poursuivre le développement du PRIDES, nouvellement lauréat « Grappe d’Entreprises ».

Le Bureau et le  CA du PRIDES :http://www.industries-culturelles-patrimoines.fr/pole-icp/ca-et-bureau/ca-et-bureau.html

Le site du Pôle Industries Culturelles et Patrimoines: http://www.industries-culturelles-patrimoines.fr/index.php


// "Bétons[s] le Magazine n°29"

Le numéro 29 de Béton[s] le Magazine arrive chez les lecteurs en ce début de mois de juillet.
Le Maroc, “pays où tout devient possible” en constitue le sujet phare. L’occasion de découvrir comment y est organisé le marché des bétons.  La centrale nucléaire EPR de Flamanville est la seconde thématique de ce numéro estival. Sept pages spéciales détaillent tous les aspects des bétons, des coffrages, des armatures de ce chantier pharaonique aujourd’hui en cours dans le département de la Manche.
Côté matériaux, c’est la chaux aérienne et ses applications qui est mise en avant.
Enfin, les pages “matériels” font un zoom sur une nouvelle famille d’outils :  les malaxeurs mobiles à matériaux.

Consulter le site: www.portail-beton.fr

 


// Brève documentaire sur les techniques de production des chaux et ciments en Europe

La Commission européenne a adopté, le 18 mai 2010, le texte intégral du document de référence sur les meilleures techniques disponibles dans les industries du ciment, de la chaux et de la magnésie.

Les meilleures techniques disponibles sont exigées par la directive 2008/1. Cette directive  vise les installations les plus polluantes au sein de l'Union européenne.

Les documents de référence sur les meilleures techniques disponibles n'ont pas de valeur réglementaire , mais  les prescriptions imposées à l'exploitant d'une installation classée soumise à autorisation doivent tenir compte des meilleures techniques disponibles... dès lors que leur coût est économiquement acceptable.

Accèder au document (en anglais)  : ftp://ftp.jrc.es/pub/eippcb/doc/clm_bref_0510.pdf

Le site de l'institut: The Institute for Prospective Technological Studies

 

 

AGENDA

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// TECHA 2010 - Arles, 20-23 septembre. L'Innovation au service du patrimoine : Après Rome, Arles !

La première édition de Techa s’est tenue à Rome, il y a deux ans.
Son pari était de rassembler l’ensemble des acteurs des filières culturelles et patrimoniales autour d’un thème de réflexion qui était alors Innovations et technologies durables pour le patrimoine culturel.
Pari tenu et succès de la formule ! C’est à Arles qu’aura lieu la seconde édition du Forum Techa, du 20 au 23 septembre 2010.

Ce rendez-vous international de l’ensemble de la filière (chercheurs,  donneurs d’ordres publics,  professionnels intervenants dans le diagnostic, la maîtrise d’œuvre, l’expertise ou les travaux ou encore  acteurs de la valorisation ou de la diffusion auprès des publics) s’organise cette fois sur le thème suivant : L’innovation au service du patrimoine. Et cette nouvelle édition, intégrera le patrimoine naturel tout autant que les patrimoines bâti et culturel.
Il s’agira de donner l’état de l’art à propos de l’innovation au service du passé et de la nature, mais dans le cadre de projets concrets et d’avenir pour les territoires et leurs identités.

Recherches, techniques, actualités des chantiers et projets de valorisation seront donc le sujet des conférences et tables rondes de ce Forum. Complétées par des rendez-vous d’affaires et des visites à caractère pratique, ces journées prennent à Arles une nouvelle dimension.

Le programme vient juste de sortir. Pour le consulter, cliquez ici !

Pour plus d’informations et pour vous inscrire  (Attention avant le 6 août pour les rendez-vous d’affaires) :
http://www.industries-culturelles-patrimoines.fr/pole-icp/agenda/forum-techa-2010-linnovation-au-service-du-patrimoine.html

// Envirorisk 2010: les 13 et 14 octobre à Bourges, c’est reparti…

Le forum de la gestion des risques environnementaux, technologiques et naturels
25 partenaires
80 experts-intervenants
25 ateliers
2 plénières

Depuis 2001, la manifestation Envirorisk réunit sur deux jours des professionnels, des entreprises, des élus,
des institutionnels et des certificateurs, dans une optique d’approfondissement de problématiques techniques
et humaines liées aux risques technologiques et naturels, à la sécurité environnementale, au management HSE
et au développement durable.

Conçue pour être un lieu d’échanges et de dialogue, cette nouvelle édition d’Envirorisk a pour objectif d’aider
les professionnels privés et publics à mieux comprendre les enjeux liés à la gestion de leurs risques.
Pour cette nouvelle édition, nous nous sommes entourés des meilleurs experts afin d’élaborer un programme qui réponde à vos attentes.

Ateliers concrets, plénières transversales et stratégiques, espace professionnel : retrouvez l’ensemble du programme et de nos partenaires sur l esite: www.envirorisk-forum.com.

Cliquez ici pourvous rendre sur Pro-environnement.com



// Agenda des manifestations de la RILEM:

L’objet de l’association est de promouvoir la connaissance scientifique relative aux matériaux, systèmes de construction et ouvrages, et de susciter le transfert et la mise en oeuvre de cette connaissance au niveau mondial.

Ceci est atteint par la collaboration des experts de premier ordre dans le domaine de la construction, au plan scientifique et pratique, comprenant les scientifiques, chercheurs, laboratoires d’essais et pouvoirs publics.
Pour ce deuxième semestre, La RILEM (Réunion Internationale des Laboratoires d'Essais et de Recherches sur les Matériaux et les Constructions), organise un grand nombre de conférences et journées techniques en Europe et à l'étranger.

Cliquez ici pour consulter les manifestations à venir de la RILEM

 

// Matériaux 2010 - Nantes - du 18 au 22 Octobre 2010

MATÉRIAUX 2010, 18-22 Octobre à Nantes, fait suite aux conférences MATÉRIAUX qui se sont tenues à Tours et à Dijon, respectivement en 2002 et 2006.
Co-organisés par plus de vingt sociétés savantes, ces rassemblements ont été des opportunités de rencontre
entre acteurs nationaux jouant des rôles dans des domaines très variés de la science des matériaux.

La participation massive (plus de 1 600 congressistes à Dijon) et la satisfaction de la très grande majorité des participants ont largement démontré l’intérêt que présentaient ces manifestations pour la communauté française
des matériaux.
Les conférences MATÉRIAUX permettent d’identifier au plan national les thématiques fortes,
depuis la conception et la fonctionnalisation de matériaux jusqu’aux applications innovantes, en passant par
les caractérisations multi-échelles et les modéli-sations numériques.

Consultez le site de la conférence "Materiaux 2010"

 

// Colloque "Le Pont", les 19 et 20 Octobre 2010 à Toulouse.

Le colloque "Le Pont", rendez-vous incontournable de l'automne du Génie Civil, célèbrera sa quinzième édition
les 19 e t20 Octobre prochains, à Toulouse.

Seront évoqués, entre autres, les méthodes d'analyse de risques, appliquées aux murs, buses et poutres précontraintes, les méthodes d'auscultations, les principes de réparation et de renforcement des ouvrages métalliques anciens ainsi que des buses. Une malheureuse actualité récente nous amènera à parler de la vulnérabilité des ouvrages aux séismes.

"Est-ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne ?" chantait Claude Nougaro, encore un toulousain, dans Oh ! Toulouse. Nous irons voir comment nos proches voisins Ibères, espagnols et portugais, gèrent leurs ponts.
La table ronde portera cette année sur un tour d'horizon des projets de recherche dans le domaine de la maintenance du génie civil : ANR, RGCU, IREX, PCRD .... Plusieurs spécialistes de ces divers organismes nous aiderons à nous y retrouver...

Consultez leprogramme (en.pdf)
Consultez le site "Colloque lePont" 2010.

 

 

NOS METIERS

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Merci de votre attention. Le deuxième épisode sur les ciments spéciaux
paraîtra le prochain trimestre, dans notre Lettre d'information technique et scientifique "LERM INFOS n° 18".

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Directeur de la publication : Bernard Quénée
Coordinateur scientifique : Gilles Martinet
Rédacteur en chef : Philippe Souchu
Web designer : Alexandre Mazzocco

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