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ACTUALITES :
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Editorial
"Si nous feuilletons notre collection de Lettres d‘information, deux mots clés rendent compte d’une préoccupation qui traverse l’ensemble de nos activités de recherche et d’expertise : pérennité du bâti et durabilité des matériaux. « Ce qui dure le plus, c’est ce qui recommence le mieux » écrivait le philosophe des sciences Gaston Bachelard dans la Dialectique de la durée (1950). Nous le comprenons d’autant mieux aujourd’hui que l’impératif de durabilité nous enjoint de recycler nos produits, ce que nous ne pouvons faire sans recycler aussi nos concepts. Le développement qui exploitait la nature comme si elle nous était extérieure et inépuisable doit muer lui-même en une nouvelle nature du développement. Il ne s’agit pas là d’un jeu de mots mais d’un enjeu bien réel pour l’avenir : substituer aux ressources naturelles non renouvelables, des ressources renouvelables ou alternatives. Cette lettre d’information, après celle consacrée au Construire durable, s’intéresse aux matières premières alternatives et à leur environnement réglementaire. Déconstruction, recyclage, valorisation seront donc ici notre fil conducteur. Le fait qu’on ait forgé des concepts comme celui, merveilleux finalement, de matière première secondaire (MPS), montre bien les mutations technologiques et philosophiques qui sont en cours et dans lesquelles notre laboratoire est impliqué. Et puisque, par le sujet que nous traitons ici, nous sommes dans l’anticipation, toute l’équipe du LERM se joint à nous pour vous souhaiter une excellente nouvelle année. Bonne
lecture ! " Bernard QUENEE - Gilles MARTINET - Directeurs Généraux du LERM. |
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DOSSIER TECHNIQUE : " La valorisation des déchets"Retour au sommaire |
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S O M M A I R E
ACTUALITES :
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1. |
prévention des déchets (solution à privilégier) |
2. |
réemploi |
3. |
recyclage |
4. |
valorisation (y compris la valorisation énergétique) |
5. |
élimination des déchets, en dernier recours |
La directive considère l'incinération des déchets à haut rendement énergétique comme une opération de valorisation, à condition qu'elle réponde à certains critères de rendement énergétique.
Transparence des politiques et gestion durable
Les États membres doivent veiller à ce que l'élaboration de la législation et de la politique en matière de déchets soit complète et transparente et respecte
les règles nationales en vigueur quant à la consultation et à la participation des parties concernées et de la population. Ils doivent tenir compte des principes généraux de précaution et de gestion durable en matière de protection de l'environnement, de la faisabilité technique et de la viabilité économique,
de la protection des ressources ainsi que des effets globaux sur l'environnement et la santé humaine, et des effets économiques et sociaux.
Responsabilité des producteurs
En vue de renforcer la prévention, le réemploi, le recyclage et la valorisation en matière de déchets, les états membres peuvent prendre des mesures législatives ou non pour que la personne physique ou morale qui élabore, fabrique, manipule, traite, vend ou importe des produits (le producteur du produit)
soit soumise au régime de responsabilité élargie des producteurs. De telles mesures peuvent prévoir l'obligation de fournir des informations accessibles au public concernant la recyclabilité et la réemployabilité du produit.
Réemploi et recyclage
La collecte séparée des déchets sera instaurée d'ici 2015 au moins pour les déchets suivants : papier, métal, plastique et verre. Afin de tendre vers une société du recyclage, avec un haut niveau de rendement des ressources, les États membres prendront les mesures nécessaires pour parvenir aux objectifs suivants :
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d'ici 2020, la préparation en vue du réemploi et le recyclage des déchets tels que, au moins, le papier, le métal, le plastique et le verre contenus dans les déchets ménagers et, éventuellement, dans les déchets d'autres origines pour autant que ces flux de déchets soient assimilés aux déchets ménagers, passent à un minimum de 50% en poids global; |
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d'ici 2020, la préparation en vue du réemploi, le recyclage et les autres formules de valorisation matière - y compris les opérations de remblayage qui utilisent des déchets au lieu d'autres matériaux - des déchets non dangereux de construction et de démolition, à l'exclusion des matériaux géologiques naturels définis dans la catégorie 17 du catalogue européen des déchets, passent à un minimum de 70% en poids. |
Pour le 31 décembre 2014 au plus tard, la Commission examinera les mesures et les objectifs visés à la directive en vue de renforcer les objectifs et d'envisager de définir des objectifs pour d'autres flux de déchets.
Simplification et modernisation
La directive clarifie les notions de valorisation, d'élimination, de fin du statut de déchet et de sous-produit.
Déchets et sous produits
D’après le texte, un déchet doit s’entendre de toute substance ou de tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation de se défaire. Au contraire, sera considéré comme un sous-produit toute substance ou objet issu d’un processus de production dont le but premier n’est pas la production
de cette substance ou objet, à condition notamment que son utilisation ultérieure soit certaine, et qu’il puisse être utilisé directement sans traitement supplémentaire.
Des mesures peuvent être adoptées en vue de déterminer les critères à respecter pour que des substances ou objets spécifiques soient considérés
comme des sous-produits et non comme des déchets au sens de l'article 3.
Discussion |
Valorisation
La valorisation désigne toute opération qui a pour résultat de rendre des déchets utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées
à une fin particulière. Ces matières peuvent également être préparées (contrôle, nettoyage, réparation sans autre opération de prétraitement)
ou recyclées (retraitement préalable des matière organiques) en vue de leur réemploi. A ce titre, les déchets qui ont subi une opération de valorisation ou de recyclage pourront perdre leur statut de déchets à condition de respecter les conditions définies à l’article 6 de la directive.
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la substance ou l'objet est couramment utilisé à des fins spécifiques |
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il existe un marché ou une demande pour une telle substance ou un tel objet |
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la substance ou l'objet remplit les exigences techniques aux fins spécifiques et respecte la législation et les normes applicables aux produits |
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l'utilisation de la substance ou de l'objet n'aura pas d'effets globaux nocifs pour l'environnement ou la santé humaine. |
La directive définit les conditions du mélange des déchets dangereux.
Elle prévoit des mesures pour encourager la collecte séparée des biodéchets à des fins de compostage et de digestion.
Elle oblige les États membres à prendre des mesures en matière de contrôle des déchets dangereux.
| Déchets dangereux Pour ce qui concerne les déchets dangereux, les états devront prendre toutes les mesures nécessaires à assurer la traçabilité des déchets dangereux depuis le stade de leur production jusqu’à leur destination finale et veiller à ce que lors de la collecte, du transport et du stockage temporaire, les déchets dangereux soient emballés et étiquetés conformément aux normes internationales et communautaires en vigueur. |

Le Guide sur "L’acceptabilité en techniques routières de matériaux alternatifs dont ceux issus de déchets" viendra conclure plus de deux années
de travail d’un groupe constitué par MEEDDAT, ADEME, BRGM, CETE, INERIS, INSA, LCPC et SETRA.
Ce guide, qui a été présenté aux professionnels des déchets et des TP le 19 mai 2009 est actuellement en cours de publication et paraîtra dans
le premier trimestre de 2010.
L’objectif du guide est de palier au manque de réglementation sur l’utilisation de déchets en travaux publics et de fournir un référentiel commun aux
maîtres d’ouvrages publics qui leur permette de juger d’une réponse à un appel d'offres proposant l’utilisation de déchets ou d’un matériau hors spécifications.
S’inscrivant dans le courant volontariste de valorisation des déchets que dessinent conjointement la révision de la directive européenne sur les déchets
(voir notre article) et les engagements du Grenelle de l’environnement,
ce guide ouvre la voie à des études de valorisation.
Dans ce domaine, le LERM, fort de sa compétence et de son expérience se tient prêt à
accompagner les porteurs de projets.
Ce document devrait ouvrir la voie à de nouvelles démarches de valorisation en techniques routières en proposant :
La méthodologie recommandée est applicable aux matériaux granulaires (de granularité classiquement rencontrée en TP) ou utilisés sous forme de fillers ou de liants, à l’exclusion des matériaux alternatifs issus de déchets dangereux.
Ce document doit être accompagné de guides d'application qui seront destinés aux maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre qui souhaitent utiliser des matériaux alternatifs dans leurs projets routiers.

Associant l'INERIS (Institut National de l'Environnement
Industriel et des Risques), le CEREGE (Centre Européen de Recherche et
d'Enseignement des Géosciences de l'Environnement) et le LERM, Ardevie est un réseau de partenaires publics et privés experts en traitement et valorisation des déchets, co-produits et effluents.
Il ne s'agit donc pas seulement de la plateforme que nous avions présentée dans une précédente Lettre d'information, mais d'une équipe qui mutualise des compétences pour proposer des services dans le domaine de la valorisation matériau des déchets.
Domaine d'activité d'ARDEVIE
Les compétences associées des partenaires permet la conception et la formulation de matériaux pour le bâtiment, le génie civil, les techniques routières, les nanomatériaux.
La conception de matériaux inclut la transformation des déchets en matières premières secondaires de substitution aux ressources naturelles non renouvelables.
Cette activité de transformation des déchets est encadrée par une capacité d'évaluation et de maîtrise des risques liés au filières de valorisation des déchets.
Dans le cadre de cette démarche de conception de matériaux, la capacité à conduire des analyses de cycle de vie, place la démarche dans une perspective d'écoconception et d'écodurabilité.
Les prestations d'ARDEVIE :
Dans le cadre des thématiques décrites ci-dessus, ARDEVIE propose de l'assistance technique, de la Recherche & développement et le transferts de compétences
Assistance technique |
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| Caractérisation de déchets | |
| Veille réglementaire et normative | |
| Accompagnement scientifique et technique pour innovation dans les filières de valorisation des déchets | |
| Evluation environnementale des matières premières secondaires | |
Recherche & développement |
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| Développement de nouvelles voies de valorisation de matières premières secondaires | |
| développement d'outils nouveaux de caractérisation du comportement de déchets ou de matériaux | |
| Etude et modélisation des interactions entres structures des matériaux et déchets | |
| Etude du transferts, de l'écotoxicité et de la biodisponibilité des polluants dans l'environnement | |
L'équipe des partenaires associés déploie un éventail de compétences complémentaires :
| caractérisation minéralogique et structurale multi-échelle | |
| chimie de l'environnement | |
| formulation pour stabilisation et valorisation des déchets | |
| formulation de matériaux innovants | |
| évaluation des risques et des impacts environnementaux |
Pour mieux faire connaître ses propositions et ses moyens, ARDEVIE se présente sur son site : www.ardevie.eu
et sur la plaquette que vous pouvez télécharger.
Entretien avec Claire de Guiza, Correspondante locale du Pôle Risques et vulnérabilités des territoires au sein de la DIRECCTE.

LERM
Claire de Guisa, vous appartenez à la DIRECCTE, pouvez-vous nous présenter cette nouvelle Direction régionale ?
Claire de Guiza
"Nouvelle, c’est bien le mot, puisque la création des DIRECCTE en régions doit s’échelonner sur l’année 2010… Celle de PACA, à laquelle j’appartiens, existe déjà.
La création des Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation du travail et de l’emploi (DIRECCTE) correspond à la simplification de l’organisation de « l’Etat territorial ». La DIRECCTE constitue ainsi l’une des huit nouvelles structures régionales, au lieu de 25 précédemment , placées auprès du Préfet de région.
Elle pilote et met en œuvre les politiques publiques placées sous la responsabilité des Ministres de l’économie, de l’industrie et de l’emploi et du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, avec l’accompagnement des entreprises en facteur commun."
LERM
Comment avez-vous été amenée à rencontrer ARDEVIE ?
Claire de Guiza
"Chaque pôle de compétitivité, en France, est suivi par un correspondant interministériel unique et un correspondant local pour l’Etat.
En lien avec la préfecture de région, ce correspondant local est le facilitateur et l’interface du pôle dans ses demandes de financement auprès de l’Etat, et dans de nombreux autres échanges.
Je suis donc correspondante du Pôle «Gestion des risques et vulnérabilités des territoires», pôle qui concerne PACA et Languedoc-Roussillon.
L’une des vocations de ce pôle est la maîtrise des risques technologiques pour le traitement des déchets industriels.
Il se trouve que l’INERIS, le CEREGE et le LERM appartiennent au « Pôle Risques » et sont également les acteurs de ARDEVIE, qui est, en quelque sorte, la plateforme thématique expérimentale déchets du Pôle. l’INERIS, le CEREGE y participent en tant qu’acteurs institutionnels et le LERM en tant qu’acteur privé.
Le grand intérêt de cette plateforme est de pouvoir porter des projets mutualisés entre plusieurs clients et d’apporter des solutions innovantes qui satisfont à la fois l’intérêt général et les clients particuliers qui apportent leurs problématiques."
LERM
Où en est ARDEVIE aujourd’hui ?
Claire de Guiza
"Au cours de l’année 2009, nous avons commandé une étude pour connaître la perception du positionnement de ARDEVIE par les acteurs de la filière et pour définir les axes de son développement. Nous avons été confortés dans l’idée que la communication et l’identification de la plateforme était à présent des facteurs essentiels de la croissance de ses activités. Un travail de mise en ligne du site de la plateforme et d’édition d’une plaquette a d’ailleurs été entrepris. L’outil existe donc, il convient maintenant que les possesseurs de déchets industriels s’en saisissent."
LERM
Selon vous, qu’est-ce qui les motivera à le faire ?
Claire de Guiza
"Il me semble que c’est la convergence de réponses techniques adaptées et économiques, d’impératifs règlementaires et de nécessités environnementales qui motivera les détenteurs de gisements de déchets à chercher des voies de valorisation.
La question de la santé publique est un bon exemple d’un élément décisif de passage à l’action. Le groupe santé du Grenelle de l’environnement
a souligné la nécessité d’une approche globale de la santé et proposé la prise en compte explicite de la politique environnementale en tant que composante d’une politique de santé.
Une telle recommandation implique, à terme, une politique de traitement des déchets qui dépasse la question de la collecte et du tri et qui aborde la question de la valorisation. Les initiatives innovantes en ce domaine ne sont encore pas très nombreuses.
C’est également la voie que dégage la Directive européenne sur les déchets, dont l’article 1 précise qu’elle vise à protéger l’environnement et
la santé humaine."
LERM
Cette convergence dont vous parlez signifie au fond le dépassement d’un certain nombre d’obstacles à la valorisation des déchets et à l’usage de matériaux recyclés…
Claire de Guiza
"Oui, ces obstacles vont se lever, et c’est à ce moment que l’existence d’une plateforme éprouvée comme Ardevie prendra tout son sens. Aujourd’hui, elle anticipe sur une situation à venir où recyclage-valorisation seront la norme. Mais revenons à votre question.
Le premier élément facilitateur est la loi : en vertu du principe pollueur-payeur, puis du régime de responsabilité élargie des producteurs, ceux-ci sont désormais contraints d’anticiper sur le devenir des déchets de leur activité et sur le destin de leurs produits arrivés en fin de vie.
La deuxième question à traiter, me semble-t-il, est celle de l’acceptabilité publique des matériaux recyclés. Ici encore les compétences d’une plateforme comme ADEVIE sur la caractérisation et la performance environnementales du matériau recyclé sont un enjeu pour l’avenir.
Je précise ici que la valeur des travaux et de l’expertise d’une telle plateforme doit être relayée par un travail de concertation sur le risque.
Ce travail est précisément une mission du Pôle Risques. L’expérience montre que, pour rendre acceptables des matériaux alternatifs, de nombreuses oppositions doivent être assouplies puis dépassées. Le Pôle Risques développe une méthodologie et une mise en pratique de la concertation qui permet la validation des conditions de réemploi des matériaux valorisés.
Le troisième obstacle est de nature locale : dans le Sud de la France, il n’y a pas d’injonction de recours aux ressources alternatives dans la mesure où la raréfaction des ressources naturelles n’y est pas encore sensible : il y est donc toujours plus simple d’exploiter que de valoriser."
LERM
Les obstacles que vous décrivez font douter de l’existence d’un marché pour les déchets valorisés, marché pourtant spécifié, par la Directive européenne, comme l’un des critères pour la sortie du statut de déchet ?
Claire de Guiza
"Votre question résume bien le point où nous nous trouvons : pour qu’il y ait un marché, il faut qu’une offre économique rencontre une demande solvable et socialement acceptable.
Socialement acceptable, la demande va le devenir, précisément par le sérieux des études préalables à la valorisation, mais également par la progressive prise de conscience générale de la nécessité de transformer les déchets en ressources alternatives.
Economique, la solution du recyclage le deviendra par la pression croissante de la contrainte règlementaire qui traduit en fait un volontarisme politique qu’on voit à l’œuvre dans le Grenelle ou dans les orientations de l’Europe vers une société dite du recyclage."
LERM
Quelles sont les perspectives d’ARDEVIE ?
Claire de Guiza
"A court terme, les perspectives d’ARDEVIE sont de mener des opérations innovantes et modèles ; à moyen terme, les perspectives de la plateforme sont d’être préparée à la maturité des conditions d’entrée dans une société du recyclage (durcissement du contexte réglementaire, raréfaction des ressources naturelles, protection des paysages, prise en compte de la santé environnementale, mesure du coût de l’inaction face aux problèmes…). Enfin, à long terme, mais c’est déjà demain, il s’agit de l’inscrire dans la généralisation d’un mode de production où le coût environnemental et la fin de vie des produits sont anticipés par les outils de l’analyse du cycle de vie et de l’éco-conception."
En savoir plus
Le site d’ARDEVIE : www.ardevie.eu
Notre article sur ARDEVIE : ci-dessus
Notre analyse de la directive européenne sur les déchets : ci-dessus

Entretien avec Benjamin Trinel, Ingénieur environnement et matériaux au LERM.
LERM
De quand date le concept de déconstruction ?
Benjamin Trinel
"Bien avant d’être un concept, la déconstruction a été une pratique. Elle est très ancienne et très largement répandue, ainsi le Pont de la Concorde à Paris, a été construit avec les pierres de la Bastille.
Pour notre époque, et pour revenir au concept, la circulaire du 15 février 2000, qui impose la mise en place de plans de gestions départementaux, souligne l’enjeu des déchets de chantiers du bâtiment. A partir de cette circulaire, les maîtres d’ouvrages doivent prendre en compte la gestion des déchets dans les marchés de travaux dont ils sont à l’origine.
Cet enjeu a réorienté fondamentalement l’activité de démolition, qui dès lors tend à devenir une activité de déconstruction. Dans cette approche nouvelle, les bâtiments sont considérés non comme de futurs déchets, mais comme des ressources à valoriser ; la déconstruction signifie que le bâtiment, tel que nous le connaissons, n’est qu’un moment du cycle de vie des matériaux, nous y reviendrons…"
LERM
Quel est l’environnement règlementaire de la déconstruction ?
Benjamin Trinel
"La circulaire de février 2000 rappelle que la loi du 13 juillet 1992 a posé le principe de la limitation du stockage des déchets réservé, à partir du 1er juillet 2002, aux seuls déchets ultimes. Un principe énoncé n’est malheureusement pas forcément appliqué… Mais bref, cette disposition s’applique aussi aux déchets du BTP.
Je rappelle que « est ultime, au sens de la présente loi, un déchet, résultat ou non du traitement d’un déchet, qui est susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction du caractère polluant ou dangereux ».
Les objectifs assignés par la circulaire sont les suivants : réduire à la source les déchets du BTP, conformément aux dispositions de la loi du 13 juillet 1992, et promouvoir leur valorisation et leur recyclage afin de réduire la mise en décharge, notamment par l’utilisation des matériaux recyclés dans les chantiers du BTP. La circulaire précise en outre les responsabilités de la chaîne des acteurs de l’acte de bâtir que sont les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre, les entreprises… Le plan d’action gouvernemental 2009-2012 pour l’élimination des déchets vise l’application de cette directive en y adjoignant des objectifs définis pendant le Grenelle de l’Environnement ".
LERM
A propos de cette évaluation de la masse des déchets à valoriser, a-t-on une idée des volumes des gisements de matériaux de déconstruction ?
Benjamin Trinel
"Selon les chiffres 2003 de l’ADEME, en France, le secteur du BTP génère 350 millions de tonnes de déchets par an. Les seuls chantiers du bâtiment produisent plus de 31 millions de tonnes de annuels. La démolition y contribue pour 17,3 millions de tonnes, la construction neuve pour 2,3 millions de tonnes et la réhabilitation pour 11,4 millions de tonnes".
LERM
Existe-t-il une typologie des déchets ?
Benjamin Trinel

"Les déchets de chantiers se répartissent de la même façon que les autres déchets, à savoir :
Les déchets minéraux (inertes) tels que les bétons, les briques, les tuiles, représentent 20,3 millions de tonnes.
Les déchets non dangereux (DIB) tels que les plastiques, les métaux, les bois non traités, représentent 8,8 millions de tonnes.
Les déchets dangereux, contenant de l’amiante, du plomb, etc. sont de l’ordre de 1,6 millions de tonnes.
Les emballages, enfin représentent 300 mille tonnes de déchets.
Les déchets inertes, qui représentent 70% des déchets de démolition, sont essentiellement des déchets minéraux ou assimilables au substrat naturel non pollués, bétons (armés ou non), tuiles et céramiques, briques, verre et granulats non pollués et sans mélange, enrobés bitumineux sans goudron, isolants minéraux (laine de verre, de roche, de laitier et de verre expansé).
J’attire votre attention sur le fait que le plâtre n’est pas considéré comme un déchet inerte : en effet, la migration des sulfates solubilisés peut entraîner une réaction avec une matrice cimentaire..
La déconstruction, notamment par la qualité du tri, permet d’améliorer la qualité des déchets minéraux et de rendre plus facile leur valorisation".
LERM
En amont et en aval du tri, peux-tu nous présenter les grandes lignes de la méthodologie de la déconstruction ?
Benjamin Trinel
"Après l’analyse du site de déconstruction, l’audit des bâtiments permet d’inventorier, quantifier et qualifier les matériaux constitutifs du bâtiment et donc d’articuler en continu le chantier sur les filières locales de valorisation ou d’élimination.
Pour chaque type de déchets, les filières de valorisation possibles sont les suivantes : réemploi, valorisation matière, valorisation énergétique. S’il n’y a pas de valorisation possible, on est donc en présence de déchets ultimes. On peut alors procéder à la mise en décharges ou à l’incinération.
La déconstruction elle-même s’organise en 3 phases :
La décontamination (principalement le désamiantage), le démontage des matériaux du second œuvre (déchets non dangereux), enfin l’abattage de la structure (déchets minéraux majoritairement inertes)".
LERM
Quelles sont les voies de valorisation des matériaux inertes ?
Benjamin Trinel
"Ces déchets représentent à eux seuls plus de trois quarts des déchets en masse. Leur valorisation est donc un enjeu très important. Convenablement triés, concassés et calibrés ils peuvent venir en substitution partielle ou totale aux granulats naturels, dont le volume d’extraction, je le mentionne, est de 400 millions de tonnes par an.
Le LERM dans une précédente Lettre d’information avait déjà proposé un dossier sur les granulats de béton recyclés, d’un point de vue normatif et technique. Je me permets d’y renvoyer le lecteur. Enfin, une grande partie des inertes peut être valorisée en techniques routières, vous abordez d’ailleurs, dans cette lettre la présentation du « Guide méthodologique d’acceptabilité de matériaux alternatifs, dont ceux issus de déchets en techniques routières », guide qui ouvre la voie à la valorisation de nombreux gisements
(lire cet article...)".
LERM
Quelles sont, selon toi, les perspectives de la déconstruction ?
Benjamin Trinel
"La conclusion est simple : la déconstruction et la valorisation des déchets qui en est issue, vont s’intensifier, car l’environnement réglementaire le préconise et les enjeux économiques sont importants.
Une autre dimension très importante est à prendre en compte, c’est la logique de la construction elle-même. L’éco-conception des bâtiments, en soumettant le choix des matériaux employés à l’analyse de leur cycle de vie, intègre la fin de vie des structures et le recyclage des éléments constitutifs dès la phase de conception. La déconstruction est anticipée par l’éco-conception non seulement dans le choix des matériaux, mais également dans des assemblages intelligents, qui permettent une récupération et un tri aisés de ces matériaux.
La déconstruction hérite aujourd’hui d’une époque pendant laquelle la conception et la construction de bâtiments n’envisageaient pas la fin de vie des édifices. Aujourd’hui, la construction doit intégrer la fin de vie du bâtiment à savoir la déconstruction et la valorisation des déchets qui en sont issus, à travers l’éco-conception".
LERM
En quoi un laboratoire comme le nôtre peut-il être utile dans cette démarche ?
Benjamin Trinel
"Le laboratoire peut intervenir pour conduire une analyse du cycle de vie d’un matériau, en amont donc de la construction, pour éclairer les choix des producteurs ou des concepteurs. Il peut intervenir pour positionner précisément certains dispositifs de renforcement (armatures, cables de précontrainte...), et bien évidemment caractériser les matériaux constitutifs d’une structure promise à la destruction, ce qui permet l’organisation de la déconstruction. Enfin il peut intervenir auprès de propriétaires de gisements de déchets pour les aider à trouver des voies de valorisation dans le domaine du BTP".
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// Retour sur "POLLUTEC HORIZONS 2009"Du 1er au 4 décembre dernier, nous étions présents au salon « Pollutec HORIZONS » qui battait son plein au parc des expositions de Paris Nord. L’aspect international de cette édition 2009 fut confirmé par nos équipes d’ingénieurs, et par nos nouvelles relations avec des entreprises et collectivités des Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Miami, Guatemala, Cameroun, Brésil… par la visite, également, de nos voisins marocains et nos concitoyens martiniquais. Oui, 2010 sera donc une année haute en couleurs avec ces contacts très prometteurs.
Pollutec fut aussi l’occasion de montrer au petit monde de l’Environnement la nouvelle identité de la plate-forme « ARDEVIE », le centre de recherches et d’expertise sur les déchets et matériaux : « traiter, valoriser, innover » scande l’accroche de la plaquette et du site fraichement créés pour l’occasion.
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// La nouvelle carte de voeux du LERM, séduit et fait du bruit.Comme chaque année, nous sommes agréablement touchés par la reconnaissance et les bonnes appréciations autour de la carte de voeux que le LERM vous adresse. Et
celle de 2010 ne déroge pas à ce qui ressemblerait à une règle ? En effet, vous étiez nombreux à nous signifier votre appréciation favorable,
durant ces premiers jours enneigés de Janvier. Ci-dessous, voici l'occasion une fois de plus de vous souhaiter nos meilleurs voeux pour cette pétillante année 2010. |
// Environnement & Technique : La performance énergétique des Bâtiments.A découvrir dans le dernier numéro d'"Environnement & Techniques", le dossier technique qui saura trouver votre intérêt, si vous n'êtes pas déjà abonnés à la revue phare du secteur. Cliquez pour décoyuvrir un aperçu |
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// Actualités du colloque « Concevoir et Construire en BFUP »Le LERM était présent au congrès sur les BFUP organisé par l'Association Française de Génie Civil. Il s’est tenu les 17 et 18 Novembre 2009 à Marseille |
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// Actualité normative : Le fascicule FD P 18-011 en conformité avec la norme NF EN 206-1Le fascicule FD P 18-011 : Béton - Définition et classification des environnements chimiquement agressifs (décembre 2009), vient de paraître. |
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// L'environnement en veille ? Et en kiosques !En janvier 2009, Environnement Magazine lance Environnement Magazine Hebdo, la veille économique et technique des éco-décideurs, consacrée au green business et au développement durable. Cet hebdomadaire multisectoriel (énergie, eau, déchets, air, sols pollués...) offre :
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// Actes du colloque ERINOH : "Etat d’avancement des recherches sur l’érosion interne dans les digues et les barrages" s’est tenu à ArlesL’érosion interne des sols est un mal sournois qui affecte de nombreux digues et barrages en France et dans le monde, provoquant des ruptures parfois catastrophiques. Les quais du Rhône à Arles, lors de la crue de Décembre 2003 |
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// Actualité documenatire : "Technique routière"
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// Journées Techniques "Routes 2010" du LCPCLCPC-Info-Routes, 02/02/2010 - 03/02/2010 |
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// RILEM Spring meetings 2010, Cachan, FranceDu 15 au 16 Mars prochain, à Cachan, se tiendra la réunion annuelle de printemps, de la RILEM |
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// 3ème édition de BaTICecoLa 3ème édition de BaTICeco, se tiendra les 28 et 29 janvier 2010 - AGORA Einstein - Sophia Antipolis |
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// Intersol' 2010 : Le sol est-il un déchet ?Pour sa 9ème édition, le congrès international sur les sols, les sédiments et l'eau "INTERSOL' PARIS 2010", |
// Dates de dépôt des appels à projets pour ECOTECH : 25 Février 2010Programme Production Durable et Technologies de l'Environnement (ECOTECH)
Le programme ECOTECH de l'ANR est lancé en étroite coordination avec l'appel à projets ECO-INDUSTRIE cofinancé par la DGCIS, l'ADEME et OSEO des projets de développement industriels et de démonstration. Veuillez consultez le lien ci-dessous afin d'en savoir plus. |
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// Colloque "CONSERBATI 2010" : Rendez-vous du patrimoine bâti, et publication des experts du LERMParrainé par l’AUGC, l’école polytechnique de l’Université d’Orléans organise un colloque national sur le thème de la conservation du patrimoine bâti.
Durant ces deux journées, le LERM fera deux présentations, sur des sujets propres à des édifices prestigieux situés sur le grand pourtour méditerranéen… Nous vous invitons donc à vous y inscrire afin de découvrir ces sujets !
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