La fabrication du ciment courant Le
ciment, la norme NF EN 197-1 en donne une définition : "
Le ciment est un liant hydraulique, c'est-à-dire un matériau minéral
finement moulu qui, gâché avec de l'eau, forme une pâte qui
fait prise et durcit par suite de réactions et de processus d'hydratation
et qui, après durcissement conserve sa résistance et sa stabilité,
même sous l'eau. " La fabrication
du ciment courant
Le constituant principal
du ciment est le clinker. Il est obtenu par la cuisson d'un mélange composé
généralement aux environs de 80% de calcaire (majoritairement composé
de carbonate de calcium CaCO3) et de 20% d'argile mélange complexe
et souvent hydraté de silice (SiO2), d'alumine (Al2O3)
et d'oxyde de fer (Fe2 O3)). Extraction,
concacassage et broyage
Les matières
premières sont extraites des carrières. Les blocs extraits sont
ensuite concassés sur le site même de la carrière à
une dimension d'environ 50 mm. Préparation du cru Les morceaux de
calcaires et d'argile sont broyés très finement et sont intimement
mélangés pour donner le cru. Deux techniques de fabrication sont
utilisées : le mélange est préparé sous forme de poudre
(c'est la voie sèche ou semi-sèche) ou sous forme de pâte
(c'est la vois semi-humide ou humide). La voie sèche est aujourd'hui
la plus utilisée. La pratique de la préhomogénéisation
affine considérablement le dosage du calcaire et de l'argile, par l'empilement
de nombreuses couches des deux matières premières. Au sortir
de la préhomogénéisation, le mélange est broyé
très finement pour donner ce cru dont nous venons de parler. Le cru est
ensuite réhomogénéisé par fluidisation.
La
composition du cru respecte généralement les proportions suivantes
:
| | Composant
du cru | Proportion |  | Carbonate
de calcium (CaCO3) | 77
à 83 % |  | Silice
(SiO2) | 13
à 14% |  | Alumine
(Al2O3) | 2
à 4% |  | Alumine
(Al2O3) | 1,5
à 3 %. |
Cuisson
du cru
Les installations de cuisson comprennent
deux parties : -1 La poudre est déversée
dans un échangeur de chaleur dans lequel circulent en sens inverse les
gaz très chauds qui s'échappent du four. Le cru y progresse jusqu'à
l'entrée du four proprement et est donc préchauffé à
une température d'environ 800°C quand il atteint l'entrée du
four. Sa décarbonatation commence.
-2 Le
cru pénètre dans un four rotatif légèrement incliné
qui tourne à un rythme de 1 à 3 tour/mn. Ce four mesure de 60 à
90 mètres. Le cru, en entrant dans le four achève sa décarbonatation
et chemine vers la zone de clinkérisation (1450°C).
A partir
de 650°C , le carbonate de calcium du calcaire subit une décarbonatation
(CaCO3 - -> CaO + CO2). On obtient alors de la chaux
vive (CaO) accompagnée d'un important dégagement gazeux (CO2). La
chaleur sépare l'argile en silice (SiO2), en alumine (Al2O3)
et en oxyde de fer (Fe2O3). A partir de 1300°C les
réactions de clinkérisation se produisent : Oxyde de fer (Fe2O3)
+ alumine (Al2O3) + oxyde de calcium (CaO) --> aluminoferrite
tétracalcique (Ca4Al2Fe2O10). Alumine
(Al2O3) + chaux vive (CaO) --> aluminate tricalcique
(Ca3Al2O6). Ces deux composés nouvellement
formés constituent la phase liquide du mélange . Celui-ci progresse
vers la partie la plus chaude du four. La silice (SiO2) et la chaux
vive (CaO) réagissent entre-elles : Silice (SiO2) + chaux
vive (CaO) -->silicate bicalcique (Ca2SiO4) S'il reste
de l'oxyde de calcium (CaO) qui n'a pas encore réagi, la réaction
peut se poursuivre : Silicate bicalcique (Ca2SiO4) +
chaux vive (CaO) -->silicate tricalcique (Ca3SiO5) Broyage
du clinker
A la fin de la cuisson, la matière
est brusquement refroidie. Elle se présente alors sous forme de granules.
Il s'agit du clinker dont la composition est la suivante : | | Nom
cimentier | Formule | Min. | Max. |  | Alite
(silicate tricalcique) | Ca3SiO5 | 45.0
% | 79.7 % |  | Bélite
(silicate bicalcique) | Ca3SiO4 | 5.7
% | 29.8
% |  | Aluminate
tricalcique | Ca3Al2O6 | 1.1
% | 14.9 % |  | Aluminoferrite
tétracalcique | Ca4Al2Fe2O10 | 2.0
% | 16.5 % |  | Chaux
libre | CaO | 0.6
% | 2.8 % |
Finement
broyé avec du gypse (destiné à réguler la prise),
le clinker donne le ciment Portland. D'autres ciments sont obtenus en ajoutant
à cette phase de broyage divers constituants : laitier granulé de
haut fourneau, cendres volantes, fillers, schistes calcinés, qui sont des
matériaux pouzzolaniques. La composition chimique
du ciment garantit ses qualités ; des analyses sont donc effectuées
sur des échantillons prélevés régulièrement
tout au long du procédé de la fabrication. On analyse également
les matières premières et les combustibles afin de connaître
leur teneur en différents composés et de pouvoir ainsi les doser. On
analyse également les matières premières et les combustibles
afin de connaître leur teneur en différents composés et de
pouvoir ainsi les doser. Ces analyses sont d'autant plus importantes que la fabrication
du ciment emploie aujourd'hui des produits de recyclage, pour les matières
premières et pour les combustibles Lecture
complémentaire : Les
voies de réductions des émissions de CO2 de l'industrie cimentière... Entretien
avec Paul Acker, Directeur scientifique du Centre de recherche de la Société
Lafarge (Lettre d'information du LERM n° 10 ) |