Contribution des ciments à
la durabilité des bétonsEnvoyer cet article à un ami
Les attaques
chimiques auxquelles est soumis le béton Agressivité
des eaux naturelles
L'agression du béton par les eaux naturelles
provient principalement de la lixiviation des ions CA2+ de la portlandite
et des silicates de calcium hydratés. Cette lixiviation graduelle s'accompagne ensuite,
de la dissolution des phases AFm et AFt. Elle conduit à un accroissement
de la porosité du béton et à un affaiblissement de ses qualités
mécaniques.
Sous l'angle du ciment, les paramètres
de résistance du béton à cette agression sont
:  | la
compacité qui réduit la perméabilité et la diffusivité des échanges ioniques |
 |
l'incorparation
au ciment d'additions minérales : laitiers, cendres, fumées de silices,
pouzzolanes, qui abaissent la teneur en chaux dont l'hydratation libère
peu de portlandite sujette à dissolution. |
Attaque
sulfatique Cette attaque se caractérise par deux processus liés
: la lixiviation de la portlandite et du CSH et la précipitation
des sels dissouts pouvant provoquer une expansion : gypse et ettringite Sous
l'angle du ciment, les paramètres de résistance du béton
à cette agression sont :
 |
la
compacité qui réduit la perméabilité et la diffusivité des échanges ioniques |
 |
l'incorparation
au ciment d'additions minérales :laitiers, cendres, fumées de silices,
pouzzolanes qui abaissent la teneur en chaux, contribuent à l'amélioration
de la compacité du béton et réduisent les risques de sensibilité
à l'attaque sulfatique. |
Ambiance
marine et action des chlorures
L'eau de mer est un milieu modérément
agressif chimiquement. Les zones de marnages et d'aspertion, cependant, soumises
aux cycles d'humidification/séchages, sont, du fait de la multiplicité
des ions présents, le théâtre de mécanismes d'attaque
complexes.
On retiendra la dissolution de la portlandite et du CSH, la précipitation
de la brucite, la formation d'ettringite expansive, la formation de thaumasite,
le tout impliquant une dégradation rapide du béton, par éclatement,
fissuration, perméabilité et diffusivité croissantes, agression
mécanique (action des vagues) et corrosion des armatures. Sous
l'angle du ciment, les paramètres de résistance du béton
à cette agression sont :
 |
la
compacité qui réduit la perméabilité et la diffusivité des ions chlore |
 | la
limitation de la teneur en C3A, SO2 et C3S que permettent les ciments
composés de cendres volantes, de fumées de silice, de pouzzolanes
ou de laitier granulé de haut fourneau. | Approche
normative
La norme NF EN 206-1 précise que la composition du béton
et ses constituants, dont le ciment, doivent satisfaire aux exigences spécifiées
par la classe d'exposition dans laquelle entre le béton frais et durci.
Pour
le choix du ciment, la norme renvoie au fascicule de documentation FD P18-011.
Ce document définit les environnements agressifs les plus courants vis-à-vis
des bétons armés et précontraints et donne des recommandations
pour la confection des bétons résistants aux environnements agressifs en précisant les types de ciments convenables.
Les ciments sont répartis en 5 classes en fonction des proportions de leurs constituants :
|
CEM I |
contient au moins 95% de clinker |
|
CEM II |
contient de 65% à 94% de clinker et de 6 à
35 % d’autres constituants (fumée de silice, pouzzolane, cendres volantes, schiste calciné, calcaire) |
|
CEM III |
contient de 36 à 95% de laitier et de 5 à 64%
de clinker |
|
CEM
IV |
contient 11 à 55% de matériaux pouzzolaniques
(D, P, Q,V, W)et de 64 à 89 % de clinker |
|
CEM
V |
contient de 20 à 64% de clinker, de 18 à 50%
de laitier et de 18 à 50% de cendres volantes siliceuse et/ou de
pouzzolanes |
Le choix du ciment en fonction de l'environnement
chimiquement agressif vise à éviter deux dangers :
|
la dissolution
des phases solubles (les pouzzolanes remplacent la portlandite, fortement soluble,
par des silicates et aluminates de calcium hydratés) |
|
la formation
de phases pathologiques : la limitation de la teneur en C3A du clinker évite
la formation retardée d'ettringite en présence de sulfates. |
Dans
le cas de la résistance au gel du béton, un dosage minimum en ciment
est nécessaire ; elle permet une augmentation de la résistance à
la compression et de la compacité du béton qui minimisent sa perméabilité.
Envoyer cet article à un ami
|
Cendres volantes dans un béton du pont Vasco de Gama,
sur le Tage
 Brises-lames
en béton soumis à un environnement marin
sévère
|