ANALYSE THERMIQUE
Introduction
Le
terme "analyse thermique" désigne un ensemble de techniques permettant
la mesure de caractéristiques d'un corps ou d'un système en fonction
de la montée en température.
Les mesures sont effectuées
le plus souvent en continu, l'échantillon étant soumis à
un cycle de température préprogrammé. Les domaines de température
explorés les plus courants s'étendent de la température ambiante
jusqu'à 1000 et 1600°C.
On distingue essentiellement
deux techniques :
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l'analyse
thermique pondérale ou thermogravimétrique |
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l'analyse thermique différentielle |
L'analyse
thermique pondérale ou thermogravimétrie
L'analyse
thermique pondérale (ATP) ou l'analyse thermogravimétrique (ATG)
permet l'étude d'espèces ou de systèmes réactionnels
dont la transformation au cours du cycle de température s'effectue avec
variation de masse.
C'est le cas des systèmes donnant
lieu à des réactions de décomposition avec formation de gaz,
vapeur ou tout produit volatile :
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réactions
de déshydratation, décarbonatation, combustion etc.
qui donnent
lieu à des pertes de poids |
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réactions
d'oxydation par action de l'air, carbonatation, hydratation
qui conduisent
à des gains de poids |
L'exploitation
à des fins analytiques utilise :
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la
température de début de réaction pour identifier la nature
de cette réaction (aspect qualitatif) |
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la
mesure en continu (balance enregistreuse) de la variation de masse pour un éventuel
dosage quantitatif |
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Des
changements d'atmosphère gazeuse pouvant également être mis
à profit pour identifier ou isoler une réaction |
Les
changements de pente de la courbe des variations pondérales permettent
de repérer les débuts et fins de réactions ou de transformation.
Les variations pondérales du système entre ces repères donnent
des informations quantitatives et permettent certains dosages.
Cette technique
permet relativement simplement de quantifier certains composés présents
dans les matériaux de construction comme les chaux, les plâtres,
les liants hydrauliques, les pierres ,les mortiers et bétons :
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Dosage
de la portlandite par déshydratation de Ca(OH)2 à 430°C
selon la réaction suivante : Ca(OH)2-> CaO + H2
O |
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Dosage
des sulfates hydratés par déshydratation, à titre d'exemple,
aux environs de 80°C pour le gypse selon la réaction suivante : CaSO4
, 2(H2O)-> CaSO4 + 2H2O |
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Dosage
des carbonates par décarbonatation à environ 630°C pour CaCO3
selon la réaction suivante : (CaCO3-> CO2
+CaO) |
L'analyse
thermique différentielle
Beaucoup de réactions
ou de transformations se produisent sans variations de poids. La thermogravimétrie
est alors inapplicable seule.
En revanche toute transformation met en jeu une
certaine dose d'énergie. Par conséquent, si l'on dispose d'un signal
permettant de déceler et de mesurer mieux les échanges d'énergie
d'un système soumis à un cycle de température, l'analyse
thermique s'applique à un grand nombre de cas.
L'analyse
thermique différentielle (ATD) permet d'enregistrer, en fonction du temps
ou de la température la différence de température entre l'échantillon
et un milieu de référence inerte et d'inertie calorifique comparable.
Les différences de température sont mesurées à l'aide
de deux systèmes de thermocouples en opposition. Les montages peuvent atteindre
de très grandes sensibilités.
Les courbes
se présentent sous l'allure de pics successifs orientés vers le
haut ou vers le bas selon que la réaction est endo ou exothermique.
La
proportionnalité entre l'aire d'un pic et la quantité de chaleur
dégagée ou absorbée par l'échantillon, elle-même
proportionnelle à l'enthalpie de la réaction conduit à des
applications quantitatives, mais l'interprétation quantitative est assez
délicate.
Outre les applications déjà
données de la thermogravimétrie, l'ATD est très utilisée
pour étudier la clinkerisation, certaines transformations allotropiques,
l'évolution de polymères, etc
Appareillage
utilisé au LERM
Un appareil classique se compose
d'une enceinte étanche qui permet le contrôle de l'atmosphère
de l'échantillon, d'un four permettant de gérer la température,
d'un module de pesée (microbalance), d'un thermocouple pour mesurer la
température et d'un ordinateur qui contrôle et enregistre l'ensemble
des données.
Au LERM, l'appareil utilisé
est un STA 409C de marque NETZSCH. Ses deux cannes d'analyse permettent d'obtenir
simultanément les signaux ATG-ATD ou les signaux ATG-DSC. La plage de température
généralement utilisée est comprise entre l'ambiante et 1000°C
mais le four en carbure de silicium permet d'atteindre des températures
proches de 1700°C pour des applications spécifiques. Un système
de switch automatique permet également de changer de type de gaz en cours
d'analyse afin de séparer certaines pertes de masse pouvant se produire
à des températures très proches ou afin de passer d'un gaz
neutre à un gaz oxydant. Cet appareil est également équipé
d'une pompe à vide permettant de travailler en atmosphère neutre
très propre.
Ci-dessous, un thermogramme est
présenté, qui illustre le type de résultat obtenu et son
exploitation. Ici, c'est un échantillon de béton, dont l'analyse
nous renseigne sur la quantité et la nature de ses hydrates et la présence
de carbonates :

Thermogramme
-Bleu, perte de masse -Vert, thermographie différentielle
Quelques
exemples d'utilisation au LERM
Nous venons de le décrire, ATG et
ATD méritent d'être réalisées et étudiées
ensemble et encore, nous n'avons pas évoqué l'apport de la DSC
Mais gardons un peu de secret
Ce qui est aussi clair,
c'est que ce système analytique isolé, même s'il est fort
d'avancées dans les études de caractérisation et de diagnostic,
doit être couplé à d'autres techniques et à d'autres
compétences.
Ainsi au LERM, grâce à l'expérience
de nos experts et à nos échanges internes, l'analyse thermique est
indispensable à :
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la
recomposition des bétons et mortiers par le biais de l'exploitation de
données chimiques et microscopiques et l'utilisation du logiciel spécifique
" Calcul Minéraux " élaboré par le LCPC et optimisé
au LERM dans le cadre de recherches relatives aux matériaux de construction
anciens, |
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l'évaluation
du rapport Eau/Ciment des bétons, si souvent analysé dans le cadre
de désordres et d'expertises faisant le cas de fissurations précoces
ou tardives, |
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la
détermination du taux de charges de résines de sol permettant d'approcher
leur formulation et/ou leur mode de mise en uvre, |
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la
mesure du taux d'hydratation de ces bétons d'ouvrage ou l'évaluation
de cette cinétique dans des matériaux nouveaux dont l'optimisation
nous est confiée. A cette fin, le suivi, par analyse d'images en microscopie
optique, de l'hydratation du clinker et autres constituants, constitue un complément
approprié, |
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la
quantification des compositions des enduits au plâtre ou des mortiers à
base de chaux en la couplant à des analyses chimiques spécifiques,
notamment les mesures
isotopiques qui ont été explicitées dans notre
lettre d'information précédente, |
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l'estimation de la transformation des hydrates de matériaux ayant subi
des chocs thermiques, en relation avec un incendie par exemple.(
Notre
article sur les bétons soumis à un incendie...) |
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