Comportement du béton soumis au feu
Le béton est un matériau
qui présente un bon comportement lorsqu'il est soumis à des hautes
températures. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles il est largement
utilisé pour la réalisation des structures porteuses des bâtiments
et des ouvrages de génie civil. Malgré ce bon comportement, face
à un incendie, les performances du matériau peuvent être plus
ou moins affectées en fonction de la température maximale atteinte,
de la durée de l'incendie et de la composition du matériau (nature
des granulats notamment). L'épaisseur dégradée peut varier
de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Deux types
de désordres peuvent généralement apparaitre : la chute de
la résistance mécanique et l'écaillage de surface (Fig.
1).
La chute de résistance mécanique
est en relation avec des transformations microstructurales et minéralogiques
qui ont lieu au sein du matériau :
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déshydratation
de l'ettringite et des silicates de calcium hydratés (C-S-H) en dessous
de 100°C, |
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transformation
de la pâte de ciment qui commence à être importante à
partir d'environ 300°C (microfissuration, décohésions pâte-granulats
), |
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déshydratation
de la portlandite (Ca(OH)2) vers 500°C , |
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transformation
du quartz vers 575°C, |
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décarbonatation
de CaCO3 entre 700°C et 900°C, |
La chute
de la résistance à la compression commence à être importante
à partir d'une température de l'ordre de 300°C. La résistance
à la traction et le module d'élasticité décroissent
de manière assez continue, dès les faibles températures.
L'éclatement
du béton est un phénomène encore à l'étude.
Il concerne plus particulièrement les bétons compacts. Il serait
dû au développement de pressions de fluides dans la porosité
de la pâte de ciment et des granulats et à des contraintes liées
à des gradients thermiques. Des études ont montré que l'adjonction
d'une certaine quantité de fibres de polypropylène permet de maitriser
ce phénomène.

Fig.
2 : Evolution de vitesse des ultrasons dans une carotte prélevée
sur une paroi incendiée
Après
un incendie, un maitre d'ouvrage se préoccupe souvent de l'état
de conservation de la structure, en particulier, l'étendue de la zone fragilisée,
dans un but de réparation de la structure. Différents moyens de
caractérisation sur site et en laboratoire peuvent alors être mis
en uvre :
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mesure
de la dureté de surface au scléromètre, |
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mesure
de vitesse de propagation des ultrasons (Fig.2), |
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mesure
de la résistance à la compression sur carottes, |
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examen
au microscope électronique à balayage (MEB) (Fig.
3), couplé à l'analyse élémentaire par EDS |
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analyse
thermogravimétrique (ATG), |
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un
examen de la microfissuration du béton (Fig. 4). |

Fig.
3 : Evolution de la microstructure d'un béton exposé à un
incendie en fonction de la profondeur. Images MEB sur fractures.
En
savoir plus :
Méthodes d'essai des LPC, n° 62 : Présentation
des techniques de diagnostic de l'état d'un béton soumis à
un incendie.
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Fig.
1 : Vue d'un ouvrage incendié

Fig.
4 : Mise en évidence de microfissures dans un béton par microscopie
optique sur surface polie imprégnée (éclairage UV)
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