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Le LERM : dossier technique

Les ajouts cimentaires : une voie pour réduire les émissions de CO2 de la fabrication du ciment

 

Sommaire

Les émissions de CO2 de l'industrie du ciment

Le contexte du protocole de Kyoto
Réduction des émissions de procédé
Ciments mélangés (blended cements)
  Les ciments au laitier
  Les cendres volantes
De l'ajout au clinker à son éventuel remplacement
Règlementation

 


Les émissions de CO2 de l'industrie du ciment
L'industrie cimentière est responsable de 5% des émissions de gaz à effet de serre (WBCSD Cement, Toward a Sustainable Cement Industry, 2002). Ces émissions proviennent de deux sources : les émissions énergétiques et les émissions de procédé. Les premières proviennent de la production de l'énergie thermique nécessaire à la fabrication du clinker. Les secondes proviennent du CO2 libéré lors de la décarbonatation du carbonate de calcium. A ces deux sources s'ajoutent les émissions dues au transport des matières premières et à la consommation d'électricité. Les émissions se répartissent globalement ainsi :

Emissions de procédés 50%
Emissions énergétiques 30%
Autres 20%


Emissions de procédés 50%

Le contexte du protocole de Kyoto
Le protocole de Kyoto entré en application en février 2005 fixe obligation, aux pays signataires, de réduire leurs émissions de C02 de 5,2 % pour l'horizon 2008-2012, par rapport à leurs émissions de 1990. Pour atteindre cet objectif, les pays européens qui l'ont ratifié doivent donc diminuer leurs émissions de 8% en moyenne.
En France, le gouvernement s'est engagé à une division par 4 (facteur 4) de ses émissions de CO2 d'ici 2050.

La réduction des émissions de l'industrie du ciment passe donc par trois axes complémentaires : réduction en termes de production énergétique, réduction en terme de procédé, réduction en terme de transport.
Nous n'aborderons ici que la réduction des émissions de procédé car elle seule concerne le LERM, en tant que laboratoire, mais mentionnons cependant qu'en trente ans, les cimenteries ont amélioré de 30% leur efficacité énergétique et que, parallèlement, elles utilisent maintenant des déchets comme combustibles de substitution (pneus, boues, huile...), dont l'incinération d'élimination aurait produit du CO2.

Réduction des émissions de procédé
Les émissions de procédé résultent de la réaction chimique qui transforme le calcaire
(CaCO3) en chaux (CaO). Elles procèdent donc la nature même du ciment Portland.


Ciments mélangés (blended cements)
On a imaginé, depuis longtemps déjà pour économiser le combustible notamment, de diminuer la part de clinker. Une partie du carbonate de calcium a donc été remplacée par d'autres matériaux, pour atteindre un taux de substitution d'environ 30% par tonne de ciment.

Ces ajouts doivent contenir du CaO : on s'est alors tourné vers des éléments classés comme déchets, le laitier de hauts fourneaux et les cendres volantes issues de la combustion du charbon. L'émission de CO2 dont ils procèdent ne leur est pas affectée car ils sont considérés comme des co-produits.

Les ciments au laitier
La fabrication industrielle de ciment au laitier commença en Allemagne en 1882. Avant même le souci de réduction d'émission de GES, elle permettait de valoriser un déchet abondant tout en économisant du charbon.

Le laitier est un silico-aluminate. Il a pour principal composant un mélange solide de (2CaO.Al2O3.SiO2)(2CaO.MgO.2SiO2). Il provient de la fabrication de la fonte à partir des hauts fourneaux sidérurgiques. Les matériaux enfournés sont le minerai de fer (gangue et oxydes de fer), le coke, le fondant (calcaire ou siliceux selon la nature de la gangue) les éventuelles additions. Lors de la cuisson, après fonte, le laitier est isolé de la fonte par flottaison et s'écoule séparément.
Lorsqu'il refroidit lentement à l'air, le laitier se présente sous la forme d'une roche cristalline. On peut la réduire et obtenir ainsi des granulats pour la construction.
Pour obtenir les propriétés hydrauliques qui lui permettent d'être utilisé comme liant, le laitier est refroidit brusquement dans l'eau : trempé, il n'a pas le temps de cristalliser. On obtient alors le laitier granulé, utilisable en cimenterie : broyé, il est ensuite mélangé au clinker.

Les cendres volantes
Les cendres volantes sont issues de la combustion industrielle du charbon. Elles peuvent avoir été portées à 1400°C et avoir été soumise rapidement à une trempe à l'air qui les vitrifie. Elles peuvent être substituées au clinker comme source de CaO. Pour obtenir des caractéristiques mécaniques exploitables, les cendres volantes peuvent remplacer les clinkers à hauteur de 30% dans la construction de structure et jusqu'à 70% pour les utilisations nécessitant une moindre performance mécanique.


De l'ajout au clinker à son éventuel remplacement
De la réduction de la part du clinker dans le ciment à sa supression, il n'y avait qu'un pas. Des études sont en cours sur la possibilité de fabrication de nouveaux liants sans clinker, à base de pouzzolanes naturelles activées, de sulfo-aluminate de calcium, de sulfate de calcium, de céramique.
Le ciment Portland est produit à bas coût (financier) parce que le calcaire est abondant et dispersé sur toute la surface du globe. Les liants de substitution doivent donc non seulement faire preuve de leur efficacité mais également réunir des conditions économiques de production qui rendent leur emploi de substitution envisageable.

Règlementation
La nomenclature des ciments reconnait ces ajouts.

Le Ciment Portland composé (CPJ-CEM II/A ou B, norme NF P 15-301) contient au moins 65% de clinker et au plus 35% d'autres constituants : laitier de haut fourneau, fumée de silice, pouzzolanes naturelles, cendres volantes, calcaires, constituants secondaires.

Le Ciment de haut-fourneau (CHF-CEM III/A ou B, norme NF P 15-301) contient entre 36 et 80% de laitier et de 20 à 64% de clinker.

Le CLK-CEM III/C (ex ciment de laitier au clinker, norme NF P 15-301) contient au moins 81% de laitier et de 5 à 19% de clinker.

Le ciment au Laitier et aux Cendres (CLC/CEM V/A ou B, norme NF P 15-301) contient de 20 à 64 % de clinker, de 18 à 50% de cendres volantes et de 18 à 50 % de laitier.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Four de la cimenterie de Beffes (Ciments Calcia)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Coulée de haut fourneau

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Opération de granulation du laitier