L'Eglise de Villars : origine de la fissuration des piles de l'église
En
octobre 2003, le LERM a réalisé une étude diagnostique
sur la fissuration des piles de l'église de Villars (Loire).
En effet, une intense fissuration affecte la base des piles (massifs
de frettage en béton) ainsi qu'un important écaillage
à l'interface pierre / béton. Les investigation sur
site et les essais en laboratoire ont notamment permis de mettre
en évidence un réseau d'armatures hétérogène
au centre, et surtout de relier les désordres observés
à des réactions de gonflements internes au sein des
colonnes, liées à l'utilisation inadéquate
de plâtre lors de réparations anciennes...
Le LERM, en tant que laboratoire conseil spécialiste
de l'étude des pathologies des pierres et des bétons,
a été chargé, sous la conduite de Monsieur
Goulois, architecte du patrimoine, de rechercher l'origine des fissurations
affectant les piles de l'église de Villars et de préconiser
des solutions de réparation adaptées.
LES DESORDRES VISIBLES
Les piles de l'église,
en pierre calcaire, semblent reposer, en partie basse, sur des massifs
de béton. Le contact entre les deux ne permet pas de savoir
si les colonnes en pierre se prolongent au sein des massifs béton.
La pierre présente de nombreuses réparations et parties
enduites. Les fissurations sont observées au contact avec
le massif de frettage, jusqu'à une hauteur pouvant atteindre
pusieurs mètres. Cette fissuration affecte également
les massifs de béton, jusqu'à leur base (fig 1). A
l'interface pierre / béton un important écaillage
fait apparaître une pierre peu cohésive, voire pulvérulente,
ainsi que des moulurages apparemment au plâtre (fig 2).
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Plan de l'église
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Fig 1
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Fig 2
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AUSCULTATION DES MASSIFS EN BETON
Les auscultations ont
été réalisées à l'aide d'un radar
de conception et fabrication LERM. Elles permettent de conclure
à la bonne homogénéité du béton
des massifs et sur l'absence de vides internes préjudiciables
à la bonne tenue de l'édifice.
Parallèlement, la technique radar a également permis
de détecter et de positonner les armatures internes. Leurs
contitution est hétérogène et varie selon les
piles auscultées. Certaines armatures ne sont détectées
que sur une partie de la hauteur du massif et des éléments
probablement métalliques sont détectés à
une profondeur correspondant au contact pierre / béton.
Une structure métallique importante (de
type IPN) a également été détectée
dans la partie en pierre calcaire d'une pile.
ETUDE AU LABORATOIRE DES MATERIAUX
EN OEUVRE
L'analyse
minéralogique par diffraction des rayons X des échantillons
prélevés (fig 3) a confirmé la nature plâtreuse
de certaines parties des colonnes, et révélé
la présence de la pollution par le plâtre voisin. Les
efflorescences observées en surface de la pierre apparaissent
essentiellement constituées de différentes familles
de composés sulfatiques consécutifs à l'emploi
de plâtre dans l'église.
Les examen au MEB (microscope électronique à balayage)
permettent d'observer les éventuelles pathologies des échantillons
de pierres et de bétons prélevés. Outre une
forte carbonatation du béton en surface, de multiples cristallisations
d'ettringite à faciès expansif sont observées
plus en profondeur (fig 4 et fig 5, diagramme EDS), appremment en
relation avec des fissurations visibles.
En ce qui concerne la pierre et l'enduit, des produits géliformes
composés de sulfate de magnésium sont observés,
parfois associés à un réseau de fissures.
Le dosage
des sels solubles dans la pierre des piles montre des valeurs
très importantes (proches de 18,6% de SO3 en surface), illustrant
clairement la pollution par les sulfates provenant des multiples
parties en plâtre des piles. Les teneurs mesurées pour
différents sels confirment le caractère étanche
des massifs béton, concentrant
l'évaporation des remontées humides (et de fait la
précipitation des sels en surface) dans une frange proche
du contact béton / pierre et accentuant les désordres
dans cette zone (efflorescences, écaillages, pulvérulence
de la pierre).
CONCLUSION
Les désordres observés
ne sont pas seulement liés à la dégradation
des matériaux, mais également à un problème
structurel ancien, notamment liés à un contexte géotechnique
peu favorable (proximité d'exploitations souterraines abandonnées,
venues d'eau...). Plusieurs préconisations de réparation
ont été faites. Cependant, les travaux de réparation
n'ont pas encore été définis et le marché
de maîtrise d'oeuvre de leur exécution est en cours...
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