Rechercher:

Le LERM : dossier technique

La réglementation thermique 2005

 

Pour prévenir le réchauffement climatique en cours, la France a signé le protocole de Kyoto qui est entré en application depuis le mois de février 2005 : le gouvernement français s'est engagé à ramener les émissions de gaz carbonique, marqueur des gaz à effet de serre, de 2010 au niveau de celles de 1990.
Le Plan climat 2004 visait à assurer la mise en oeuvre des engagements de Kyoto. Il préludait, en ce qui concerne le bâtiment, à une révision des exigences déjà formulées dans la Règlementation Thermique 2000. La révision à la hausse de ces exigences est portée par la RT 2005.

Sommaire

Le secteur du bâtiment entre dans l'après Kyoto

La RT 2005 : principes
La RT 2005 : des exigences sont renforcées
Performances minimales des composants
Les labels Haute Performance Energétique
Les textes réglementaires
La norme NF P 03-310 de févier 2007 : calculs thermiques
Sources

 


Le secteur du bâtiment entre dans l'après Kyoto

Le secteur du bâtiment est, en France, le plus gros consommateur en énergie des secteurs économiques : il totalise à lui seul plus de 40% des consommations énergétiques du pays, et près de 20% des émissions de CO2.

La contrainte de réduction par 4 des émissions de CO2 du secteur du bâtiment à l'horizon 2050, qui est inscrite dans les objectifs de la loi n° 2005-781 de programme fixant les objectifs de la politique énergétique du 13 juillet 2005, implique une diminution par 6 des émissions ramenées au m2, compte tenu de l'augmentation du parc de bâtiments.

Si la relation entre les quantités de CO2 émises et les quantités d'énergie primaire restait constante, cet objectif mènerait à une consommation moyenne d'énergie primaire par an et par m2 chauffé ou climatisé de moins de 70 kWh, dont environ 35 kWh pour le chauffage ou la climatisation et la production d'eau chaude sanitaire. Cette consommation atteint aujourd'hui une moyenne de 400 kWh d'énergie primaire par m2 par an.

Le Plan climat 2004, qui découle directement de la ratification du Protocole de Kyoto, consacre un chapitre au bâtiment et à l'éco-habitat. Il énonce les mesures destinées à transposer la directive européenne du 16 décembre 2002 qui traite de la performance énergétique des bâtiments aussi bien neufs qu'existants, ainsi que des priorités de la RT 2005 à venir.

La loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique du 13 juillet 2005 transpose en droit français les exigences de directive européenne du 16 décembre 2002.

L'objectif de la réglementation thermique des constructions neuves préconise une amélioration de la performance de la construction neuve d'au moins 15% pour atteindre moins 40% en 2020, et précise que " l'introduction de la climatisation n'ouvre pas droit à consommer plus annuellement ".

Cette directive est à la base de la réglementation française. Elle énonce 5 grands principes :

- méthode globale de calcul de la performance énergétique des bâtiments
- énoncé d'exigences minimales pour les bâtiments neufs
- énoncé d'exigences minimales pour les bâtiments rénovés de grande taille
- certification de la performance énergétique des bâtiments
- contrôle techniques régulier des installations de chauffage et de refroidissement

 



La RT 2005 : principes

Comme la RT 2000, la RT 2005 s'applique aux bâtiments neufs des secteurs résidentiel et non-résidentiel. Elle est applicable aux permis de construire déposés à partir du 1er septembre 2006.

La RT 2005 reprend la structure réglementaire et les principes de la RT 2000 qui permettent au maître d'ouvrage de choisir la solution la plus économique pour atteindre la performance exigée.
Il s'agit d'une réglementation " exigentielle " : elle fixe les performances énergétiques minimales du bâtiment à construire mais ne fixe pas les moyens techniques pour les atteindre.

Ces performances minimales sont celles d'un bâtiment de référence dont les caractéristiques techniques de l'enveloppe et celle des équipements sont imposées en fonction de la zone climatique et de la zone d'exposition au bruit dans laquelle il s'inscrit.

Les possibilités de compensation entre les différents postes de déperdition d'énergie (isolation thermique du bâti, équipements de chauffage, de climatisation et de production d'eau chaude sanitaire) sont conservées.

Des exigences minimales concernant certains matériaux et équipements sont énoncées

Les méthodes de calcul global de la consommation conventionnelle d'énergie pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la production d'eau chaude sanitaire, l'éclairage et la température intérieure conservent la même structure.

La RT 2005 : des exigences sont renforcées

En ce qui concerne l'isolation thermique, l'exigence est renforcée de 10% sur les déperditions par les parois et les baies et de 20% sur les déperditions par les ponts thermiques.

La référence des chaudières à combustibles fossiles devient la chaudière basse température et celle du chauffage électrique devient le panneau rayonnant.


Une meilleure isolation des réseaux de distribution et un gain énergétique plus important sur les déperditions de ventilation sont demandés.


Une référence particulière a été introduite pour les pompes à chaleur ainsi que pour les équipements de refroidissement.

La RT 2005 permet la valorisation des outils de la construction bioclimatique aussi bien pour le chauffage que pour le confort d'été.


Les calculs énergétiques préconisés permettent de valoriser les efforts de conception sur l'environnement climatique du bâtiment. Les toitures végétalisées sont inclues dans le calcul global.

La RT 2005 renforce les exigences de la RT 2000 sur les équipements par rapport à la RT 2000 et introduit des énergies renouvelables dans le système de référence (eau chaude sanitaire solaire, chaudière à bois, pompes à chaleur) : une part de production d'eau chaude sanitaire solaire est calculée en référence. Une maison individuelle devra donc être équipée de 2 m2 de capteurs solaires et un logement collectif utilisant l'électricité devra être équipé de 1 m2 de capteurs solaires ou, à défaut, économiser l'énergie équivalente grâce à un surcroît d'isolation ou des systèmes de chauffage plus performants.


Sauf cas particuliers où la climatisation est indispensable (zones de bruit, établissements sanitaires...), un bâtiment climatisé n'aura pas le droit de consommer plus qu'un bâtiment identique non climatisé. Le bâtiment climatisé devra comporter des équipements et matériaux permettant de diminuer les consommations de chauffage et d'éclairage correspondant aux consommations de climatisation.


Pour les bâtiments d'habitation, il est fixé une limite de consommation maximale exprimée en énergie primaire pour les consommations conventionnelles de chauffage, de refroidissement et de production d'eau chaude sanitaire. Cette limitation vaut également pour l'individuel et le collectif et est déclinée par zones climatiques et par énergies de chauffage.


Note : L'énergie primaire est l'énergie nécessaire à la production de l'énergie utilisable dans le bâtiment. La consommation du bâtiment est exprimée en kwh d'énergie primaire par an et par m2 de surface hors œuvre nette.


Performances minimales des composants

Parois courantes
Coefficient de transmission thermique maximal
[W/(m2.K)]
Murs en contact avec l'extérieur
0.45
Murs en contact avec un local non chauffé
0.45
Planchers bas donnant sur l'extérieur
0.36
Planchers bas donnant sur un vide sanitaire ou un volume non chauffé
0.40
Planchers hauts en béton et toitures en tôles métalliques étanchées
0.34
Planchers hauts en béton et toitures en tôles métalliques
0.41
Autres planchers hauts
0.28
Fenêtres et portes-fenêtresà prises nues donnant sur l'extérieur
2.6



Les labels Haute Performance Energétique


Depuis mai 2007, la France possède officiellement cinq labels pour mettre en valeur les bâtiments particulièrement performants sur le plan énergétique.

HPE 2005
la consommation énergétique se situe au minimum 10 % en dessous de la consommation de référence…
HPE 2005 EnR
le chauffage est assuré au moins à 50 % par un générateur biomasse ou par un réseau de chaleur alimenté à 60 % par des énergies renouvelables…
THPE 2005
la consommation énergétique est inférieure de 20 % aux normes de la réglementation thermique…
THPE 2005 EnR
les gains de consommation atteignent 30 %, tout en étant associés à l'utilisation d'énergie renouvelable pour la fourniture d'eau chaude sanitaire (ECS), la production d'électricité ou le chauffage…
BBC 2005
les logements neufs consomment au maximum 50 kW/m2/an d'énergie primaire de même que les bâtiments tertiaires et collectifs dont les besoins énergétiques ne dépassent pas 50 % de la consommation de référence


Les textes réglementaires

Décret n° 20506-92 du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des constructions (J.O du 25 mai 2006)


Arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments (J.O du 25 mai 2006)


Loi n° 2005-781 de programme fixant les objectifs de la politique énergétique du 13 juillet 2005


DIRECTIVE 2002/91/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 16 décembre 2002, sur la performance énergétique des bâtiments


La norme NF P 03-310 de févier 2007

Cette norme concerne le seul secteur du logement et précise que les calculs thermiques réglementaires doivent être conformes à la réglementation en vigueur. Elle ne se limite pourtant pas au seul respect des exigences légales.

Elle précise que le bureau d'étude doit effectuer le calcul des déperditions pièce par pièce en suivant la méthode préconisée par la norme NF EN 12831 et son annexe nationale ( NF P52-612/CN). Elle spécifie également le calcul des puissances à installer dans chacune des pièces en fonction du type d'émetteur (NF EN 12828 pour systèmes de chauffage à eau chaude et NF EN 14337 pour les systèmes électriques de chauffage direct).
Les calculs doivent être effectués au moyen d'un logiciel satisfaisant aux critères de recevabilité (conforme aux évaluations du CSTB).
Le personnel du bureau d'étude doit être compétent et son savoir-faire est apprécié sur la base de l'expérience et de la formation initiale et continue.
En cours d'étude, s'il est constaté que les solutions envisagées ne permettront pas de respecter les seuils réglementaires, le bureau doit en informer le maître d'ouvrage et lui proposer des solutions.
L'ensemble des pièces du dossier d'étude doit être disponible à la demande et le délai d'archivage est fixé à une période minimale de 10 ans.

Sources

Plan Climat 2004 :
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/plan_climat.pdf


Réglementation thermique 2005 :
http://www.logement.gouv.fr/IMG/pdf/rt2005_version09102006.pdf

http://www.logement.gouv.fr/IMG/pdf/rt2005_textes_reglementaires.pdf


La division par 4 des émissions de dioxyde de carbone en France d'ici 2050 : introduction au débat :
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Facteur4-franc_BAT.pdf