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Diagnostic de l’écrin des Arts de l’Islam au Musée du Louvre

septembre 2009

En amont de l’ouverture prochaine du département des Arts de l’Islam au Musée du Louvre, sa direction de la maîtrise d’ouvrage a mandaté le Lerm pour réaliser un diagnostic de la structure et des matériaux de la cour Visconti et des salles périphériques en amont de l’excavation spectaculaire de 12 m de profondeur. Une première étape d’un chantier hors-normes au cœur du musée le plus fréquenté au monde, accueillant dès 2012  les les œuvres et les visiteurs du monde entier, couverts par la verrière imaginée par les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini.

Le contexte

Afin d’intégrer le nouvel écrin des Arts de l’Islam, la cour Visconti fut excavée à 12 mètres de profondeur. Le projet s’organise sur deux niveaux, un rez-de-chaussée et un parterre dessous. Le rez-de-chaussée sera couvert par un voile lumineux discrètement diffusant sans appui intermédiaire, flottant délicatement sur la muséographie. Le diagnostic des soubassements et fondations des espaces périphériques à la cour s’est focalisé sur 12 zones repérées par le B.E.R.I.M., bureau d’études techniques chargé de la maîtrise d’œuvre de l’opération. Etant donné le caractère historique et leur fonction muséographique des salles périphériques à la cour, ces auscultations furent réalisées à la fois par méthodes non destructives telles une « échographie », ainsi que par carottage de grande profondeur afin d’analyser en laboratoires la composition exacte des soubassements et des fondations.

 

Une « échographie » sur site Passée sur les sols des salles

attenantes à la cour Visconti (Galerie DARU et la Salle du Manège) la réflectométrie radar, méthode d’investigation non destructive utilisée par le Lerm permet de réaliser une auscultation précise et en continu de la plupart des matériaux, à des profondeurs variant du centimètre à plusieurs mètres. Ces coupes mettent en évidence les zones hétérogènes, de vides et de structures souterraines cachées. Ici, les investigations par radar géophysique à hautes-fréquences (1.5 GHz, 2 GHz et 500 MHz pour ausculter plus en profondeur et réduire le nombre de carottages destructifs) ont permis de détecter les fondations en pierre, mais surtout l’hétérogénéité des matériaux sous ces mêmes fondations, supportant les parois des salles donnant sur la cour Visconti.

 

L’analyse des matériaux en sous-sol (Pierre, béton, granulats, silex, sables…)

En complément des essais non-destructifs ayant détecté à plusieurs endroits une forte hétérogénéité sous les fondations en pierre, l’objectif était de bien connaître la nature et la profondeur des « semelles » sous les salles attenantes à la cour Visconti (Galerie du DARU et Salle du Manège). Dans la galerie DARU exposant des œuvres uniques au monde  datant de l’Egypte Copte, le challenge était de ne pas faire vibrer certaines œuvres contenant des polychromies. C’est pour cela que les mesures non-destructives au radar de 500 MHZ ont pu identifier en profondeur les couches de matériaux et leurs hétérogénéités, diminuant le nombre de carottages destructifs. En complément du radar, un carottage diamanté sous eau permis d’extraire les matériaux constitutifs des « semelles » et de l’assise. Une batterie d’analyse des échantillons recueillis avait pour objectif de :

- mesurer la masse volumique apparente des matériaux prélevés,

- mesurer la résistance à la compression des matériaux prélevés,

- d’observer en microscopie (électronique à balayage MEB, lumière réfléchie), ainsi que de procéder à une caractérisation minéralogiques (diffraction des rayons X), permettant l’identification de bétons anciens présentant les symptômes d’éventuelles pathologies.

Au total, les matériaux caractérisés dans cette étude ne présentent pas de pathologie particulière, à l’exception du gros béton situé juste sous les fondations en pierre (80 à 110 centimètres par rapport au sol), lixivié en raison de circulations d’eaux qui « diluaient » son ciment ancien datant de la construction originelle de cette partie du Musée du Louvre, le rendant moins résistant.

 

Conclusion : un chantier hors-normes au cœur du Louvre

Ce diagnostic des fondations et soubassements des salles périphériques à la cour Visconti permit d’identifier ces matériaux très hétérogènes. En amont du creusement à 12 mètres de profondeur, la décision d’injecter du béton à haute-pression (technique du Jet Grouting) aux pieds des fondations permettait d’excaver la cour en toute sécurité pour faire place à un chantier hors-normes au cœur du Musée du Louvre.

 

Client : Musée du Louvre - Direction de la maîtrise d'ouvrage